POUVOIRS REFJ.EC TEURS
Quand on emploie la chaleur d'une lampe alimentée par Talcooi salé, I acier réfléchit environ 0.88 de la chaleur incidente, le platine 0,86, le laiton 0,95. £n étudiant les rayons émis par une lampe à modérateur et transmis à travers des masses de verre un peu épaisses, nous avons trouvé pour différents métaux des valeurs intermédiaires entre celles que nous avaient fournies la lampe de LocatelH d'une part, et le soleil de Fautre.
En un mot^ toutes ces expériences indiquent que la réflexion de la chaleur par un métal poli devient en général plus foible lorsque la température de la source d*on sortent les rayons sur lesquels on opère devient elle-même de plus en plus élevée, ou lorsque, par l*actiott d*un milieu , on diminue la proportion des rayons de Ja nature de ceux qui abondent dans rémission des corps à basse température.
Mais la connaissance de la nature d*nne source et sa température ne donnent, jusquMci au moins, que des renseign^ements un peu vagues sur la composition généralement très-complexe des rayonnements qu'elles émettent.
Herschell, dans son remarquable travail sur la chalour rayonnante, avait défini souvent les rayons qu'il eludiait par la place qu'ils occupaient dans le spectre calonlique. Melloni avait suivi cet exemple dans plusieurs de ses travaux. Nous noits sommes, à notre tour, placés au mAme point de vue, et après avoir précisé d'une manière générale l'influence de la nature des sources sur la réflexion, nous avons repris ia queshon en étudiant d'une façon toute spéciale la réflexion des rayons solairr^ simplifiés, autant qiie possii)le, |tHr leur disper-inn à travers do- prismes de verre, et nous avons trouvé qu'on général l'inten-ito de la réflexion change avec le degré de réfrangibilité, quoique, pour certains métaux, l'acier, par expinplo. la rétlexibilite soit sensi- M( rneni la même pour la chaJeur prise dans toute l'étendue du spectre lumineux.
Fnfin, en étendant nos recherches aux rayons moins réfrangibles que le rouge, nous avons vu que, sur tous les métaux essayés, ils se réfléchissent en proportion plus forte que la chaleur lumineuse. Les différences deviennent surtout trôs-fortes lorsqu'on opère sur des rayons distants de la bande rouge d'une quantité à peu près égale à celle qui sépare cette dernière du bleu du spectre.
L'acier réfléchit jusqu'à 0,75 de cette chaleur, et le laiton 0,90.
L'élude de la réflexion sur le verre nous a conduits è des résultats tout semblables. Un miroir de verre noir, sous une incidence de 20* environ, réfléchit, d'après nos déterminations, jus-
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POUVOIB8 MàrLiCTBuas.
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qu*h 0,09 (le la ('haleui cinanee d'un cube noirci et chauile a 150", taudis que ce môme niiioirde verre ne réfléchit qu'environ U.Oi de la chaleur solaire loiubaal à peu prc^ normaiciueut sur sa surface.
Tous ces exemples^ mollirent combien le pouvoir réflecteur (l'un miroir varie avec la nature du ravon incident, et l'on ne
saurait voir sans quelque sut pi ise dans quelle proportion s'accroît rintensité de la réflexion , lorsque les rayons incidents act|iiierent ces L^randes lonji^ueurs d'onde caractéristiques des poriion-^ les iiioiiis réfrangibles de la chaleur solaire, et, suivant toute apparence aussi, des rayonnements moyens émis par des sources à basse température. ^
g it. — Variation dks pouvoies RéPLBCTEUiis avec l'inci-
DBNCB. — £XTBNS10N A LA CHAUEUR DBS POBHULB» IIB L*0PT1QI}B.
L'étude des lois suivant lesquelles l'intensité de la réflexion calorifique varie avec l'incidence nous paniis9ait digne d'une attention toute spéciale.
On savait que la chaleur rayonnante se réfléchit, se réfracte, se disperse, se polarise; mais on ne savait pas si, de cette ressemblance entre les agents calorifiques et lumineux, on pouvait conclure à une identité entre les lois qui règlent les variations d'intensité qu'ils éprouvent dans des circonstances semblables.
Pour résoudre la question, nous avons cherché si les formules données par Fresnel et par Cauchy, comme expression des lois de la réflexion lumineuse, sont api^icables à la réflexion calorifique, et nous nous sommes en effet assurés qu'elles représentent aussi bien l'un des phénomènes que l'autre.
Seulement, pour se placer dans les conditions où ces comparaisons seraient le plus probantes, il follait opérer avec de la chaleur polarisée, èt nous avons pu le faire sans difficulté eu employant comme appareil polariseur un prisme de spath achromatisé. Nous prenions pour source calorifique un trait fort délié de rayons solaires réfléchis par un héliostat; l'étroitesse du faisceau nous donnait toute sûreté dans T appréciation des angles, et la grande intensité des radiations solaires nous permettait d'avoir des dé* viatioBS aussi fortes que nous pouvions le désirer.
Les deux tableaux suivants sont relatifs au cas de la réflexion sur le verre; nous y mettons en regard les résultats de nos expériences et ceux auxquels conduisent les deux formules de Fresnel expliquées pages et suiv., à savoir : ^ . . ■
HKFLKXIOBf GàLOKlFIQUI
lorsqu'on su[)pose, puur lea réduire en uombre, que i indice (1« réfraction est e^al ii
tAB^LEAU I.
CAS ou LA CHAtEUR EST POLARISEE DANS LE PLAN d'INCIDENGB.
ANGLES DE RKFLBYIO!*.
INTENSITÉS
INTENSITÉS CiileuléM.