DE LA LUMIÈRE
En retranchant de l'unilé la somme du pouvoir réflecteur ? ot du pouvoir tran^^missif t d'une lame diathormanc, on obtient, pour reste, le pouvoir absorbant de celle lame. Dans le cas que nous venons de considérer, on a p -j- ^ = 0,895; donc le pouvoir absorbant a pour valeur 0,^05, c'est-à-dire qu'il est précisément égal au pouvoir émissif e de cette lame ; et de là résulte une nouvelle extension des principes de la théorie des échanges de chaleur.
La généralité de ces principes est très-grande, et dans ce paragraphe nous allons faire voir que la corrélation des facultés émissiveset absorbantes s'étend complètement au cas des radiations lumineuses. M. L. Foucault a démontré cette vérité par une série d'expériences très-importantes publiées en 4849.
Un grand nombre de lumières artificielles, et en particulier celle de l'arc qui jaillit entre les deux charbons d'une pile, donnent des spectres dans lesquels on remarque une double ligne lumineuse située à la limite du jaune et de Torangé; cette ligne rappelle la ligne D de Frauenhofiér. Voulant voir si elle correspondait
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exactemeDt à cette dernière, M. Foucault fit tomber i^rVarc luimême une image aolatre formée par une lentille convergente, et il put ainsi observer, à la fois et superposés, le spectre électrique et los()ectre solaire, et constater qu'en effet la double ligne brillante jaune du spectre éleclrique répondait à la ligne noire D de Frauenhoffer. « Mais de plus, ajoute M. Foucault, ce procédé d*investigarion m'a fourni matière à des observations inattendues; il m'a d'abord prouvé Textrème transparence de l'arc qui ne porte à la lumière solaire qu'une ombre légère ; il m'a montré ensuite que cet arc placé sur le trajet d'un faisceau de lumière solaire absorbe les rayons D, en sorte que ladite raie de la lumière solaire se renforce beaucoup quand les spectres sont exactement superposés*. Quand, au contraire, ils débordent l'un sur Tautre, la raie D apparaît plus noire qu'à l'ordinaire dans la lumière solaire et se détache en clair dans la lumière électrique, ce qui fait qu*on juge fecilement de leur parfoite coïncidence. Ainsi Tare nous offre un milieu qui émet pour son compte propre les rayons et qui en même temps les absorbe quand ces rayons vimmmt d'ailleurs*
« Pour' faire rexpérience d'une manière plus décisive encore, j'ai projeté sur l'arc Timage réfléchie d'une des pointes de charbon qui, comme tous les corps solides en îgnition, ne donne pas de rates, et dans ces circonstances la ligne D m'a apparu comme dans la lumière solaire. » «
M. Kircbboff a depuis répété et étendu les expériences de M» Foucault. La ligne briltonte qui dans les spectres artificiels correspond à la ligne D de Frauenhoffer est celle de sodium. Une flamme à alcool salé la donne. Or, lorsqu'on interpose une pareille flamme devant un morceau de craie rendu incandescent dans la flamme du chalumeau à gaz, on voit apparaître la ligne D en noir comme dans le spectre solaire, parce que l'alcool salé absorbe les radiations dont l'indice est celui de la raie D, tandis qu'il laisse passer les radiations voisines.
Et encore, lorsqu'on met dans une flamme d^alcool un globule de lithium, on a un spectre qui présente une raie rouge répondant au milieu des lignes D et G de Frauenhoffer. Si l'on interpose cette flammesur le trajet d'un rayon solaire destiné à former un spectre, on voit dans le spectre apparaître une raie noire à la place de la raie brillante du chlorure de lithium.
Le fer ou les flammes ferrugineuses donnent des spectres présentant une multitude de raies brillantes qui répondent aux raies noires du spectre solaire. Guidé par les principes que nous ve-
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nons de développer, M. Kirchhoff a émis cette opinion que l'atmosphère solaire est sans doute très-riche en vapeurs ferrugineuses, lesquelles absorbent parmi tous les rayons émis par le noyau incandescent ceux dont la réfrangibilité répond aux raies brillantes des flammes ferrugineuses.