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PERSISTANCE DES LM P HESS I 0 N S

M. Brewsler a eu la très-heurcuse idée d'employer, pour dévier les images, deux prismes légèrement lenticulaires, et de substituer ainsi un stéréoscope par réfraction au stéréoscope à réflexion. Les deux vues sont l'une à côté de l'autre dans un même plan parallèle à celui des verres (voirfig. 088). On regarde chacune d'elles par le verre correspondant.

Enfin, les perfectionnements importants que M. Duboscq a apportés à cet appareil ont puissamment contribué à en répandre l'usage autant qu'il l'est aujourd'hui.

fig. bS9.

La figure 589 représente la marche des rayons dans un stéréoscope à réfraction. L et L' sont les deux prismes lenticulaires, ABc, A'BV les deux vues. Le faisceau lumineux émané de c' se plie en traversant la lentille L' et semble diverger d'un point e situé sur la droite c'L'; le faisceau du point c, correspondant à c' se plie de môme en traversant le verre L et semble aussi concourir en e.

Persistance des impressions sur la rétine. — L'étude optique

des mouvements vibratoires, celle de la recomposition de la lumière, nous ont déjà amené à parler de la persistance des impressions sur l'œil. On peut varier les expériences à l'aide desquelles on met ordinairement le fait en évidence; nous en citerons seulement deux.

PKBSISTANCB DK8 1MPBESSI0M«.

Sur un disque de verre, on trace une série de secteurs égaux, et on les noircit alternativement comme on le voit sur la figure 590 ; aucenlreO;on fixe un pivot sur lequel on monte un second disque de mêmes dimensions que le premier, mais qui est complètement noirci, à l'exception d'un seul secteur, et, mettant l'appareil entre une fciiêtre et l'œil, on imprime au second disque une rotation plus ou moins rapide. Si le mouvement est lent, on voit successivement tous les secteurs transparents b, 6,... mais on n'en voit qu'un à la fois; par une rotation plus rapide on en aperçoit siotultanément deux, trois ou un plus grand nombre. L'expérience peut se faire aisément en projection. M. Plateau a étudié d'autres phénomènes do pei^sistance qui présentent des particularités extrêmement curieuses. Si, après

avoir roi^ardé pendant quelques instants une fenêtre fortement éclairée, on vient à former tout à coup les yeux, on voit persister l'image pendant quelques instants encore, c'est-à-dire que l'on voit un châssis formé de carrés lumineux entourés d'encadrements noirs, mais après quelques secondes les apparences deviennent inverses : on aper(.'oit de nouveau le même châssis, mais les encadrements sont brillants et les vitres sont ()arraitement noires; enfin cette nouvelle apparence peut se renverser de nouveau, et revenir à celle dont elle semble être primitivement dérivée.

On peut évidemment rapprocher de ce phénomène celui que l'on observe lorsqu'on a regardé quelques instants le soleil, voisin de l'horizon. On sait qu'alors, en détournant les yeux de l'astre, on en voit une série d'images qui semblent flotter dans l'air et qui sont ordinairement verdàtres, c'est-à-dire colorées de la teinte complémentaire de celle qui avait impressionné la rétine tandis que l'on regardait directement le soleil; absolument comme, dans l'expérience précédente, à l'image de la fenêtre succédaitsur l'œil une autre apparence, inverse de la précédente.

Influence des ooulenn voinnet. — Nous ne pouvons terminer ces indications relatives à la vision, sans citer le phénomène si curieux des auréoles accidentelles ; ce phénomène consiste en ce que, par suite de l'influence des couleurs voisines, un objet coloré placé sur un fond blanc semble ordinairement entouré d'une auréole de couleur complémentaire. En des circonstauces con-

fia. 590.

0MB1IE8 CULORÉtS.

veDablement choisies, l'effet est on ne peut plus marqué. Par exemple, que Ton prenne une feuille de papier vert- pomme, glacé et translucide, qu'on le tende sur un cadre, et qu'on colle au milieu une bande de carton blanc d'environ O'",^^ sur C^fOi^ on pourra, avec un mode d'éclairement convenable, faire paraître la l>ande de carton complètement rose. M. Chevreul a tiré de l'étude de ce fait et de ses analogues des conséquences importantes touchant l'association des couleurs voisines dans une tenture« et Tune des principales règles qui résultent de son étude est que deux couleurs complémentaires, placées l'une près de l'autre, s'avivent par le seul fait de leur proximité.

Ombm oaloffées. — Il est enfin une dernière circonstance dans laquelle les effets de contraste se développent avec imè netteté remarquable.

Que dans une chambre close et ne recevant le jour que par une fenêtre de peu d'étendue, on place une tige noire devant un tablrau blanc, l'ombre portée de la tige paraîtra noire. Que Ton ferm(> oxaclement le volet et que l'on éclaire l'intérieur de la chambre par une lampe, l'ombre portée de la lige sur le tableau semblera aussi très-noire; qu'on laisse la lampe agir et qu'on entrouvre le volet, on aura alors deux ombres sur le tableau; l'ombre portée par la lampe, c'est-à-dire la portion du tableau éclairée par le jour seul, paraîtra bleue, l'autre semblera jaune luncée.

Quant au tableau, il paraît blanc dans les trois cas; mais en réalité, quand il est éclairé par la himpe et le jour a la foi>, il est jaunâtre. Il est d un jaune plus prononcé quand il est éclairé par la lampe seule.

Ainsi, sur un fond jaunâtre et lumineux, une bande blanche parait bleue, et une bande légèrement jaune semble d'un orangé sombre.

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