‹ Leçons de thérapeutique (volume 2)Chapitre 7 sur 47 · MÉDICATION A NTI HYDROPIQUE (SUITE · texte numérisé non relu

MÉDICATION A NTI HYDROPIQUE (SUITE

j> Agents médicamenteux (mite) : ergot de seigle; stigmates de maïs;

café et caféine; noix de kola; acides; sels diurétiques et végétaux qui en renferment; essences, baumes et résines; boissons aqueuses; lait; boissons alcooliques; purgatifs liydragogues ; ealomel.

Messieurs,

Continuons l'élude des diurétiques dits mécaniques. Vous avez vu qu'à leur tète se trouvent les poisons du cœur. Il me reste encore à vous signaler d'autres principes utiles tirés également du règne végétal, mais ne ' •? possédant pas la propriété d'arrêter le cœur à dose

toxique.

isrgot Je vous citerai tout d'abord l'ergot de seigle, qui peut

>U) Sfi"l(" agir comme diurétique dans certains cas d'hydropisie d'origine cardiaque. Par son action sur les fibres lisses des vaisseaux, il tend à élever la pression sanguine, de sorte qu'on a été conduit à l'administrer dans les cas où la digitale échoue. Massini l'a trouvé sans effet notable chez les malades atteints de lésions valvulaires; il a mieux réussi dans les hypertrophies du cœur avec dégénérescence du myocarde.

On le prescrit, soit en nature, soit en infusion d'après la formule de Massini : 6 à 12 grammes dans 200 grammes de véhicule, soit encore sous forme d'ergotine.

MÉDICATION ANTIHYDROPIQUE. 09

Je dois également vous signaler les stigmates de stigmates de maïs, qui paraissent contenir un principe diurétique. On en prépare un extrait que MM. Landrieux et Ducasse ont fait prendre à la dose de 1^,50 à 2 grammes par jour.

A côté des agents qui agissent principalement sur le cœur ou les vaisseaux, il faut placer les diurétiques par action nerveuse.

Les narcotiques, les solanées, l'aconit et d'une manière générale les neuro-paralytiques comptent la diurèse au nombre des phénomènes qu'ils déterminent. Mais les plus importants des nervins sont fournis par les caféiques.

Nous avons à étudier sous ce rapport le café et particulièrement son principe actif la caféine. L'action hydragogue du café est connue depuis assez Calé

longtemps. Elle a été signalée par Zwinger, médecin hollandais, vers le milieu du xvm° siècle. Plus tard Sandras, en 1839, insista sur les propriétés thérapeutiques du café, et Honoré recommanda ce médicament dans l'albuminurie.

Cependant les recherches précises sur le café et la caféine sont récentes, et les propriétés diurétiques de cette dernière substance ou de ses sels n'ont été bien mises en lumière que par Gubler (1878), par Shapter (1879) et par Leech (1880). Depuis cette époque, la caféine a été essayée par un grand nombre de médecins français et étrangers. Je l'ai employée très souvent depuis l'année 1 879 et lui ai reconnu des propriétés diurétiques incontestables. Elle est particulièrement indiquée chez les cardiaques, don t le cœur affaibli répond mal ou d'une manière insuffisante à la digitale. Le médicament peut, dans ces circonstances, augmenter

l'énergie des contractions cardiaques, en régulariser le rythme et parfois même produire une diminution des pulsations quand celles-ci son I très fréquentes. Chez quelques malades, elle m'a servi très utilement à soutenir la diurèse d ii> i lalique, etbeaucoup d'autres médecins ont également noté les avantages que l'on peut retirer de l'administration successive de ces deux agents diurétiques.

On réussit moins bien dans les autres formes d'hydropisie. Cependant, dans les maladies des reins, encore peu avancées dans leur évolution, la caféine peut provoquer d'emblée de la diurèse. Parfois, on devra s'en servir, comme chez les cardiaques, dans le but de maintenir et de compléter les effets déterminés par l'administration préalable de la digitale.

L'étude pharmacodynamique du café et de la caféine a déjà donné lieu à d'assez nombreux travaux. Mais ces recherches ne fournissent pas encore une théorie indiscutable du mode d'action de ces principes. Nous n'en ferons l'exposé qu'à l'époque où nous nous occuperons des médications relevant des troubles cardiaques.

Nous devons indiquer cependant dès à présent les principaux modes d'emploi de la caféine. On peut utiliser la caféine ou ses sels.

Pendant quelque temps on s'est servi des sels simples et notamment du citrate de caféine. Mais Riegel et Pletzer ont fait voir qu'il vaut mieux prescrire les sels doubles, qui sont seuls stables et assez solubles et peu irritants pour pouvoir être injectés sous la peau. Ils ont recommandé les benzoate, salicylale et cinnamate de soude et de caféine.

M. Huchard, qui s'est beaucoup occupé on France

MÉDICATION A.NTIIIYDROP1QUE.

des applications thérapeutiques de la caféine, emploie pour injections hypodermiques la formule suivante :

Salicylate de soude

Caféine

Eau distillée

3 gr.

q. s. pour 10cc

Pour obtenir les effets thérapeutiques qu'on est en droit d'en attendre, il est indispensable de prescrire la caféine à une dose convenable, c'est-à-dire suffisamment élevée.

Les doses de 1 à 2 grammes (leT,50 en moyenne) sont en général suffisantes ; elles ont été cependant dépassées dans certains cas.

Le médicament produit une action prompte, non cumulative, se traduisant par une forte diurèse. En général il est bien toléré, mais à haute dose il peut produire une certaine irritabilité nerveuse et de l'insomnie. On a noté aussi dans quelques cas une exagération des réflexes, de l'excitation du pouls et une tendance à l'élévation de la température.

Parmi les caféiques je vous signalerai encore la noix Noix de Kola, de Kola, dont Heckel et Schlagdenhauffen ont fait l'étude. Ils y ont signalé la présence de la caféine et de la théobromine, de sorte que ce médicament vient récemment de réclamer une place parmi les diurétiques mécaniques.

La seconde section, celle des diurétiques directs, comprend à la fois des agents qui modifient la constitution du sang et d'autres paraissant actionner directement la glande rénale. Elle est par suite plus artificielle que la précédente, et nous serons obligé d'y laisser figurer des médicaments dont le mode d'action est encore assez obscur.

~'l LEÇONS DE THÉRAPEUTIQUE.

Au nombre des agents qui produisent un effet diurétique en modifiant probablement le liquide à filtrer, nous trouvons les acides, les sels et les végétaux qui en renferment.

Acides. Tous les acides minéraux ont la propriété d'augmenter la sécrétion urinaire. Ils sont prescrits sous forme de limonades (sulfurique, chlorhydrique, nitrique) qui sont assez souvent employées concurremment avec d'autres diurétiques.

Les acides végétaux produisent également des effets diurétiques qu'on attribue à leur transformation dansl'organisme en sels alcalins. On emploie surtout les acides tartrique, citrique, malique et acétique.

La limonade citrique cuite ou crue est d'un usage très répandu, mais on ne lui accorde pas une bien grande valeur thérapeutique. Cependant un médecin russe, Trinkowsky, a fait du citron lu base d'une médication antihydropique. Il en fait prendre de 1 à G et même 8 par jour, en combattant le pyrosis qui résulte de ce régime à l'aide de la magnésie. Au bout de 6 à 7 jours il surviendrait une diurèse considérable J'avoue que je n'oserais pas suivre un pareil exemple, dans la crainte de provoquer une forte irritation stomacale.

L'eau vinaigrée ou limonade acétique faite avec 1 à 2 grammes de vinaigre radical pour un litre d'eau est une boisson agréable et légèrement diurétique.

Enfin je citerai l'acide carbonique qui, pris à l'intérieur, augmente également la quantité des urines. C'est à lui que les eaux minérales acidulés gazeuses doivent en majeure partie leurs propriétés diurétiques. Sels Les sels diurétiques sont les sels alcalins à acides

diurétitlues- minéraux ou végétaux. Parmi les premiers (carbo-

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nates, sulfates, phosphates, azotates), le plus employé depuis des siècles est le nitre (nitrate de potasse). On le trouve dans diverses plantes ayant des propriétés thérapeutiques plus ou moins accusées, telles que la pariétaire, la buglosse, la canne, la bourrache.

Le nitrate de potasse est prescrit à la dose de 1 à 4 grammes, soit dans l'eau, soit dans une tisane. Il entre dans la composition d'un grand nombre de formules. Le nitrate de soude paraît posséder les mêmes propriétés et peut être prescrit aux mêmes doses.

Les tartrates, citrates, acétates de potasse, de soude et de magnésie sont également diurétiques,

Le plus employé d'entre eux est l'acétate de potasse (terre foliée de tartre) qu'en rencontre souvent dans la sève des végétaux.

Très soluble dans l'eau, dans la proportion de 100 pour 102, ilpossècle une saveur fraîche, piquante, légèrement acidulé.

On l'administre comme diurétique à la dose de 4 à 10 grammes; une plus forte dose serait purgative. Il a été particulièrement vanté par les médecins anglais, tels qu'Easton, Golding-Bird. D'après ce dernier, il serait brûlé dans le sang et transformé en carbonate qui, produit ainsi à l'état naissant, aurait plus d'action sur la nutrition et sur la transformation alcaline des urines que les carbonates administrés directement. Cette théorie s'applique également aux acides dont nous parlions tout à l'heure, puisqu'ils se transforment d'abord en sels alcalins. Cependant il ne faudrait pas croire qu'on puisse indifféremment prescrire un acide ou un sel, car les premiers, en empruntant leur base à l'économie, agissent sur la nutrition tout autrement que les sels alcalins.

Pour compléter la liste de ces derniers, il faul mentionner encore les sels de lithine (carbonate, benzoâte, etc.), qui ont des propriétés diurétiques au moins aussi évidentes que les autres sels alcalins.

On facilite l'effet thérapeutique de ces sels en les faisant prendre dans une assez forte porportion de boisson froide.

Végétaux Certaines plantes jouissent de propriétés diurétiques

diurétiques. • , 1 < 1 < •

qui sont dues a leur contenu en principes salins ou acides. Je n'en citerai qu'un fort petit nombre.

La reine des prés ou spirée ulmaire contient de l'acide salicylique. Teissier (de Lyon), qui a fait connaître ses propriétés diurétiques, avait reçu sa formule d'un curé des environs de Lyon. Elle est d'ailleurs bien simple. On fait infuser 10 à 30 grammes de sommités d'ulmaire dans un litre d'eau, à boire par verrées dans la journée.

Le genêt, dont en emploie également les sommités fleuries, possède une action diurétique éprouvée par Rayer. On y a trouvé la spartéine et la scoparine. La première est devenue un médicament cardiaque d'une certaine valeur, mais n'exerçant que des effets diurétiques douteux.

C'est donc surtout à la scoparine qu'il faut rapporter les propriétés du genêt. On le prescrit en infusion à la dose de 15 à 25 grammes. La queue de cerise, le chiendent, sont des remèdes populaires dont la valeur est contestable.

D'ailleurs les infusions diurétiques n'entre ni guère dans la médication antihydropique.

Elles ne servent qu'à rendre les urines plus aqueuses dans le traitement des affections des voies urinaires.

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On peut en dire autant des diurétiques rénaux, qui Essences, agissent probablement en excitant plus ou moins la aUs?nes. glande. Ces derniers, dits diurétiques directs, sont les essences, les baumes et certaines résines.

La térébenthine et les médicaments à base de térébenthine augmentent la quantité d'urine et font prendre à ce liquide une odeur de violette particulière. L'huile essentielle de térébenthine, forme la plus active, est très employée en Angleterre. Elle a donné des résultats favorables clans certains cas d'hydropisie chronique. On la fait prendre facilement sous forme de capsules : 6 à 12 par jour.

L'infusion de bourgeons de sapin doit ses propriétés \ aux térébenthinés. j

Les fruits et les baies du genévrier [Juniperus communié) jouissent également de propriétés incontestables et sont très employés dans le nord de l'Europe.

Les paysans suédois les avalent en nature ; le plus ordinairement on les fait macérer dans du vin blanc (20 baies pour 1 litre), ou bien encore on en prépare \rl une infusion.

Je vous citerai maintenant les résines drastiques, Caïnça. qui sont à la fois purgatives et diurétiques. L'une d'entre elles est particulièrement hydragogue ; c'est la racine de caïnça, qui paraît devoir ses propriétés à l'acide caïncique.

On administre le caïnça en poudre, incorporé à du miel ou à de la conserve de roses, à la dose de I à 8 grammes. On peut également prescrire une décoction de la même dose de racine dans un litre d'eau, ou se servir d'extrait aqueux, aux doses de 0gr,50 à 1,20. L'acide caïncique agit de la même manière à. la dose de 0,50 à 0,60.

uuiihanuv. Nous aurons à parler d'autres drastiques à propos des purgatifs; mais je ne puis terminer ce que j'ai à vous dire sur les diurétiques directs sans vous en citer le type le plus complet, bien qu'avec raison il soit presque absolument abandonné. Je veux nommer la cantb aride, qui était prescrite sous forme de teinture à la dose progressive de 2 à 18 gouttes. Cet agent, qui provoque, vous le savez, une néphrite toxique, pouvait être considéré, lorsqu'il était prescrit dans le mal de Brigbt, comme un agent de la méthode ditesubstitutive.

Diurétiques à Dans la troisième section, celle des diurétiques à action complexe, à la fois mécanique et dyscrasique, nous placerons l'eau, le lait et les alcooliques.

Eau et liquides Les diurétiques aqueux, dont le type est Veau pure, aqueux' surchargent la circulation et augmentent les urines en forçant la soupape rénale.

Les tisanes vulgaires, certaines eaux minérales à peine minéralisées, le petit-lait, les bouillons de viande blanche agissent de cette façon.

Il faut tenir compte dans leurs effets de l'influence évidente du froid. Tandis que l'eau chaude et Les infusions chaudes poussent à la transpiration, les mêmes véhicules pris froids sont urinagogues. Il se produit ici une action nerveuse, d'ordre réflexe. On sait d'ailleurs que certaines émotions, que l'impression du froid sur la peau, que les troubles nerveux dépressifs s'accompagnent d'une certaine diurèse, .le n'insisterai pas sur ces diurétiques, qui ne peinent être utiles que pour produire une sorte de lixiviation dans les maladies des voies urinàires. Us ne rendent aucun service dans l'hydropisie, surtout lorsqu'il existe des troubles mécaniques de la circulation.

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Le lait est, au contraire, un diurétique extrême- Lait, ment précieux dans les hydropisies. Il offre sur la •plupart des autres l'avantage d'être incontestablement utile en cas d'affection rénale.

Malheureusement son action diurétique est souvent insuffisante chez les cardiaques, alors même que les malades sont soumis au régime exclusif du lait.

L'action diurétique de ce médicament-aliment n'a pas encore été expliquée d'une manière suffisante. M. Chibret a fait voir que l'usage du lait est suivi d'une excrétion exagérée d'urée en même temps qu'il augmente la quantité d'urine. Mais on sait depuis longtemps que tous les diurétiques possèdent la même propriété : l'urée semble suivre dans ses variations celles de l'élimination de l'eau.

Il est probable que c'est à sa richesse en sels et en sucre que le lait doit ses qualités diurétiques (1).

Les alcooliques sont doués d'une réelle valeur. Ils Alcooliques, comprennent l'alcool, les éthers alcoolisés, les vins spiritueux et les autres boissons fermentées.

L'effet diurétique de l'alcool reconnu par tous a été rendu évident dans les expériences que Rabuteau a entreprises sur lui-même. Mais cette action paraît s'épuiser par l'assuétude. On peut y avoir recours chez la plupart des hydropiques, notamment en cas d'affaiblissement du cœur. Toutefois l'emploi des potions alcooliques est contre-indiqué quand les reins sont altérés.

C'est à l'alcool qu'on doit rapporter l'effet de certains mélanges éthérés. Un des plus usités en Angle-

(1) Au moment où cette leçon a été faite, les récentes recherches de M. G. Sée sur l'action diurétique de la lactose n'avaient pas encore paru. Il en sera question plus tard a l'occasion des médications relevant des troubles fonctionnels du cœur.

Hypercri niques.

Purgatifs.

terre est l'esprit d'éther nitrique (spiritus etheris nitrici). 11 a pour formule :

Éther hypô-nitreux \ vol.

Alcool rectifie 4 —

Les médecins anglais le prescrivent à la dose d'une à trois cuillerées à café dans un véhicule approprié. Us l'emploient fréquemment dans l'hydropisie consécutive à la scarlatine.

L'éther sulfurique alcoolisé, ou liqueur anodine d'Hoffmann, possède des propriétés analogues. C'est un mélange à parties égales d'éther sulfurique et d'alcool.

Je citerai encore le gin, remède populaire en Angleterre, qui renferme, outre de l'alcool, une certaine proportion d'huile de genièvre.

Les vins, et surtout les vins blancs secs sont assez nettement diurétiques. Ils étaient déjà, à ce titre, recommandés par Hippocrate. Aujourd'hui, ils entrent dans la composition d'un grand nombre de formules.

Lorsqu'ils sont mousseux, comme le Champagne, il convient de rapporter une partie de leurs effel> à l'acide carbonique.

Les bières ont été également prescrites comme diurétiques dès la plus haute antiquité. Les plus réputées de nos jours sont l'aie, le porter, les bières de Lyon et de Strasbourg.

Pour compléter l'étude des médicaments, il nous reste encore à indiquer l'emploi des autres hypercriniques : les purgatifs, les sudorifiques, les sialagogues.

Les purgatifs occupent une place d'une certaine importance dans la médication antihydropique. Comtne leur emploi doit être énergique et persévérant, il

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nécessite l'intégrité des voies digestives. Tout en constituant rarement à eux seuls toute la médication, ces agents deviennent souvent des adjuvants utiles, particulièrement quand les reins sont lésés.

Tous les purgatifs ne conviennent pas au même degré : il faut choisir ceux que les anciens appelaient hydragogues. Sous ce nom on comprend les drastiques capables de provoquer des selles séreuses et abondantes et d'être acceptés pendant longtemps sans amener l'intolérance gastrique. Bien maniés, ils permettent de continuer l'alimentation.

Les plus recommandables sont la gomme-gutte, le jalap, la scammonée, la coloquinte, la bryone, l'élatérium, la seconde écorce de sureau, l'écorce sèche de bourdaine.

Les recherches de Rayer et d'Abeille ont fait voir Gomme-gutte. que la gomme-gutte est incontestablement diurétique. Il faut l'administrer à une dose progressive de 0gr,40 jusqu'à l&r,20 à isr,50. Au début on obtient des garderobes assez abondantes ; mais en en continuant l'usage et en en augmentant les doses, il n'est pas rare de voir l'effet purgatif être remplacé par de la diurèse.

On peut ainsi, sans inconvénient, faire prendre de la gomme-gutte pendant une à deux semaines. Elle rend surtout des services quand les autres diurétiques sont mal supportés ou contre-indiqués par suite du mauvais état des reins.

Le ialap et la scammonée sont moins bien tolérés. JalaP- ,

J r Scammonée.

Le plus habituellement on les administre sous forme pilulaire :

Jalap ou scammonée 0sr,0ii

Savon amygdalin 0er,10

Pour 1 pil. — 4 à 6 par jour.

Eaïk-de-vie allemande.

Coloquinte.

Sureau.

Au bout de peu de jours survienrienl des coliques et de l'intolérance gastrique.

Dans les cas où l'on veut exercer une action rapide et énergique, on prescrit l'eau-de-vie allemande (teinture de jalap composée) à la dose de 12 à 20 grammes en une fois dans une demi-tasse d'infusion. On peut encore, dans le même but, utiliser l'association du calomel à la racine de jalap :

Galorael Ob'.SO

P. de racine de jalap 1 gr-

Dose de ce mélange : 0,50 à 2 grammes.

La coloquinte agit plus énergiquement que la gomme-gutte sur le gros intestin ; mais elle est moins bien supportée.

On l'administre, soit en poudre, à la dose de 0,20 à 0,60 avec du sucre, soit en extrait, à la dose de 0,10 à 0,40, soit encore sous la forme de vin de coloquinte, dont on fait prendre de 15 à 30 grammes.

Parmi les autres drastiques j'ai cité l'élatérium, qui est très actif, mais infidèle.

Autrefois, on employait assez souvent le suc de la racine de sureau. Ce serait à tort, d'après Fonssagrives, que cet utile médicament aurait été négligé par les médecins contemporains.

Ce suc, récemment exprimé de l'écorce de la racine, est donné à la dose d'une à quatre cuillerées dans du lait. Il provoque des selles séreuses très abondantes, sans ténesme, sans vomissements.

La seconde écorce de sureau est prise sous forme de décoction faite avec 30 grammes pour un demi-litre d'eau, et additionnée de quantité égale de lait. On en prépare également un vin par macération de

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120 grammes d'écorce dans un litre de vin blanc. M. Cazin fait prendre dès le début de la médication 60 grammes de ce vin.

La bryone, aujourd'hui négligée, contient un principe actif, la bryonine, qui mériterait d'être étudié.

Il n'est pas difficile de comprendre, au point de vue physiologique, les effets puissants auxquels peuvent donner lieu les exsudations liquides abondantes se produisant au niveau de la surface très étendue du tube digestif. Vous connaissez probablement les exemples d'épanchements ascitiques ou thoraciques disparaissant pendant le cours d'une attaque de choléra.

La difficulté consiste à manier ces agents de décharges aqueuses de façon à ménager les fonctions digestives souvent déjà fort compromises par l'effet de la maladie.

Je dois encore attirer votre attention sur les effets Caiomei. diurétiques du calomel, bien que ceux-ci paraissent indépendants de l'effet purgatif. Il y a d'ailleurs fort peu de temps que les propriétés diurétiques du calomel ont été mises en évidence par Jendrassik, et il serait prématuré de se prononcer sur le mode d'action de ce médicament.

D'après Rosenheim, la diurèse serait une des manifestations du mercurialisme ; elle pourrait par conséquent se montrer à la suite de l'administration de tout autre composé mercuriel. Quoi qu'il en soit, Jendrassik a administré le calomel aux cardiaques, comme diurétique, à la dose de 0er,80 par jour en 4 prises; Frànkel et Senator l'ont également employé dans des cas d'hydropisie d'origine cardiaque ou hépatique. Les efïets produits ont été en général très passagers ; il faut attendre de nouvelles observations avant de pou-

G. Hayem. — Thér. II. . G

voir apprécier la valeur de ce nouveau diurétique. Sudorifiques. L'emploi des sudorifiques est plus théorique que pratique. La sudation est effectivement toujours difficile à obtenir chez les hydropiques.

Elle ne peut guère être provoquée que d'une manière passagère et peu durable. On l'obtient surtout soit à l'aide du jaborandi, soit par l'application de moyens externes dont j'aurai à vous entretenir daug notre prochaine leçon.

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