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veuse se démasquent dans toute leur intensité. Nous trouvons les cas de cet ordre signalés par tous les auteurs qui se sont occupés particulièrement des affections du système nerveux déterminées par Les accidents de chemins de fer; Erichsen, Page entre autres (2) et aussi Oppenheim (3). Il existe d’ailleurs, incontestablement, en dehors du traumatisme proprement dit, ou chirurgical si vous voulez, au point de vue des effets déterminés sur l'organisme, la plus grande analogie entre un effondrement d’échaffaudage de macon et un choc de trains : même ébranlement physique — shake and jar —, même ébranlement psychique — nervous schock — de part et d'autre, et c’en est assez sans doute pour faire comprendre l’analogie des résultats produits.
Donc, vers le milieu de décembre, sans cause connue, l'on voit chez notre homme la situation empirer tout à coup.
Aux phénomènes neurasthéniques déjà indiqués, viennent se surajouter des symptômes nouveaux d'ordre hystérique, en même temps que les premiers s’aggrawent.
Voici ce qui est arrivé alors : il a commencé à moins bien dormir encore qu'avant. Il se réveillait en sursaut, rêvant qu’il tombait du haut d'un échaffaudage ; puis il a rêvé d'animaux terribles : il voyait des lions, des tigres, des éléphants venir vers lui d’un air menaçant, sans sentir toutefois leur contact: plusieurs fois ces images ont persisté durant quelques minutes après Le réveil. Ces rêves, presque constamment, sont suivis d’une sensation d’oppression du creux épigastrique, avec serrement le long du sternum remontant jusqu'à la gorge. Le malade se réveille alors tout ému, respirant difficilement et ayant grand mal à avaler sa salive. Nous avons depuis bien longtemps, M. Richer et « moi, signalé chez les hystériques hommes ou femmes, ces « rêves d’animaux » qui rappellent, vous Le voyez, à un haut degré, les rêves des alcoolkiques.
Interrogé à l'improviste sur la question de savoir de quel côté par rapport à lui se présentent les animaux qu'il voit dans ses rêves et dont l’image persiste quelquefois après leréveil, ila réponduinvariablement que c'était du côté droit, c’est-à-dire du côté où siège l’anesthésie qu'ils apparaissaient: c’est là une particularité déjà signalée dans les deux cas d'hystéro-neurasthénie étudiés dans la précédente leçon et que nous retrouverons encore dans celui qui suivra. Jenefais que l'indiquer en passant, devant y revenir par la suite.
Il n'y a pas d’attaques convulsives ; mais il y a des représentants ou équiva- M lents d'attaque; il les appelle « ses étourdissements » ou encore « ses vertiges ». Il y est sujet depuis deux mois environ,et ils se manifestent principalement pendant le jour. Si vous examinez les choses d'un peu près, vous reconnaîtrez bien vite qu'il ne s’agit paslà d’étourdissements vulgaires. Il,
2. Page. Inquries of the Spine. London, 1885, p. 165. 3. Oppenheim. Real. Encycloyàdie, art. RAILWAY SPINE.
ressent d'abord des battements de cœur, un serrement qui monte de l’épigastre à la gorge ; des cercles lumineux se présentent à ses yeux (scotome scintillant ?) ; puis, ce sont des sifflements dans les oreilles, des battements dans les tempes: c’est alors que la vue s'obnubile, et que survient ce qu'il appelle son vertige. Quelquefois il perd connaissance et plusieurs fois il est tombé à terre, sans présenter de convulsions ; parfois cependant la chute a été accompagnée de secousses musculaires.
Dans les descriptions qui précèdent nous retrouvons la plupart des phénomènes classiques de l’aura qui précède les attaques hystéro-épileptiques. Il y a, vous ne l’avez pas oublié, des hystéro-épileptiques à crises typiques, qui parfois ressentent les phénomènes de l’aura pendant un temps sans que l'attaque proprement dite s'ensuive (1). Il y a d’autres cas, et ceci se voit surtout chez l'homme, où la crise est constamment représentée par l’auratelle qu'elle vient d’être décrite plus haut, sans Jamais êtes suivie d’attaques convulsives. Enfin, sans sortir de l’hystérie, Richer, sous le nom d’accès épileptiques incomplets, a donné la description d’une variété d'attaque qui ressemble beaucoup au vertige comitial quand il s'accompagne de quelques contractions musculaires rapides et localisées à certains groupes de muscles (accès épileptiques incomplets de Herpin). Voilà autant de faits qu'il faut avoir présents à l'esprit, lorsque chez les hystériques, surtout chez les mâles, on se trouve en présence de certains « étourdissements ou vertiges ». de certaines « syncopes » comme on les appelle encore, dont l'interprétation peut paraitre difficile. Ce ne sont là le plus, souvent, suivant la terminologie que je proposais tout à l’heure d'adopter, que des équivalents ou représentants d'attaques hystéro-épileptiques ou si vous l’aimez mieux des « attaques avortées ».
Les rêves et les « étourdissements » malgrél'amélioration qui s’est produite, récemment, dans tous les symptômes, persistent encore actuellement à un certain degré, et si vous y joignez les résultats obtenus chez notre homme par la recherche desstigmates, toujours présents, vous aurez complété, en ce qui le Fa le tableau des symptômes hystériques tel qu'il s’offre à nous aujour
ui.
Voici l’énumération des stigmates en question. — Diminution de la sensibilité cutanée dans tous ses modes sur toute l'étendue du corps. — Véritable hémianesthésie à droite : léger rétrécissement du champ visuel pour les deux yeux. Voy. les fig. 64, 65, 66, 67 p. 290, 291. Pas de polyopie monoculaire ; pas de dyschromatopsie — peut être un peu de nystagmus. Diminution très prononcée du goût des deux côtés de la langue. Abolition du réflexe pharyngien. Odorat très diminué surtout à gauche. Au repos léger tremblement vibratoire des mains, lequel disparait si on fait étendre la main et écarter les doigts.
1, Paul Richer. De l'attaque hystéro-épileptique, 2° édition, p. 22.
Ainsi que nous l’avons fait remarquer, les symptômes de neurasthénie spinale ont été les premiers en date, et ils ont seuls tenu la scène pendant une
Fig. 65. — 23 janvier 4889.
période de plusieurs mois avant l'apparition des symptômes hystériques ; mais ils se sont notoirement aggravés au moment même où ceux-ci se sont manifestés. Voici en quoi ils consistent aujourd'hui: Ë
Tr...lay a la tête lourde, comme serrée dans un cercle de fer. Il ne peut pas L entendre un bruit sanstressauter. Iluisemble qu'il n’a plus de mémoire ; il ne l peut plus penser à rien sans que la céphalée s’aggrave. En somme, à cet égard,
» 11 se trouve dans les conditions auxquelles conduit le surmenage intellectuel, » bien que chez lui l'intelligence n’ait pas été en cause; et à ce propos il n’est pas sans intérêt de relever en passant comment la lente influence du surmenage de l'esprit, et la brusque action d’un ébranlement psychique soudain, bien qu'il s'agisse là de causes en apparence fort différentes, peuvent aboutir cependant au même résultat.
La neurasthénie spinale du début s'est accentuée: la « plaque sacrée » est plus prononcée que jamais; les membres inférieurs sont faibles et facilement fatigués. Le dynanomètre donne pour la main droite 18 et pour la gauche 23, Pas de troubles gastriques bien prononcés. |
Ainsi étaient les choses il y aun mois à peine ; comme nous l'avons dit, elles F se sont amendées depuis sous l'influence du traitement (bromure de po-« tassium, toniques, bains sulfureux.) Les cauchemars et les vertiges sont plus rares le malade a l'air moins découragé, moins prostré. Le dynamomètre donne actuellement 45 pour la main droite et 65 pour la main gauche ; mais les stig= mates persistent tels quels ou à peu près et pour arriver à la guérison il reste encore beaucoup à faire. L'homme, — et l’on peut dire l’homme vigoureux surtout — lorsqu'il est tombé dans l’hystéro-neurasthénie, n’en sort pas si facile-« ment... quand il en sort! Notre malade très certainement sera pour longtemps encore incapable de se livrer à un travail manuel suivi, et en particulier de remonter sur son échafaudage.
IT. Ce même ensemble symptomatique que nous venons de relever à l'instant chez notre maçon tombé du haut d’un échafaudage, nous allons le retrouver plus accentué encore peut-être, si cela est possible, chez le dernier sujet qu'il nous reste à examiner, bien que chez lui il n'y ait pas à invoquer le moindre traumatisme, le moindre ébranlement physique. Il est vrai que cette fois. l’ébranlement psychique a été aussi profond, aussi terrible, ajouterai-je, qu'on le puisse imaginer. Vous allez en juger.
Voici ce qui s’est passé: C'était le 27 septembre 1887, c’est-à-dire il y am quinze mois, Con...ns, âgé de 53 ans, ouvrier laborieux, gagnant 7 francs par jour, exerçait son métier de menuisier en bâtiment, dans une maison en construction où son fils, àgé de 18 ans, travaillait justement, lui aussi, comme couvreur., Or, il arriva que l’infortuné jeune homme fut précipité du toit où il travaillait, c’est-à-dire de la hauteur d’un sixième étage environ, sur le pavés de la rue où il fut tué raide.
Con...ns, aux clameurs poussées par les assistants, accourut sur lelieu du drame et se trouva face à face avec le cadavre de son malheureux fils, hOrrIM blement défiguré. Certes il dut, en ce moment-là, ressentir une desimpressions. morales les plus cruelles qu’on se puisse figurer, d'autant plus que ce fils était de sa part, paraît-il, l’objet d'une aftection profonde. Aussitôt il s'évanouil et resta inconscient pendant quelques minutes.
A partir de ce moment-là, tout est changé en lui. Il ne se sent plus le MÊME qu'auparavant. Lui, autrefois gai et remuant, il est devenu triste, maussades Il évite la société qu’il fréquentait dans le temps avec plaisir. IL dort mal Ou quand ildort,son sommeil est agité par des rêves trèsfatiguants et très pénibles: Ils se rapportent à son fils qu'ilrevoit enfant et heureux, ou par un contrastes sinistre, pâle, défiguré, ensanglanté tel qu’il était au moment de l'accident. LM
& sent sa mémoire affaiblie, il est distrait, ne se souvient pas de ce qu'il a fait h quelque temps auparavant. Il souffre de La tête d'une façon à peu près consd tante. Il a, dit-il, sur la tête comme un casque lourd qui lui comprime le front ° sur chaque tempe et l’occiput, et il ressent au moindre mouvement du cou des 4 craquements. Les fonctions génitales sont très affaiblies ; après avoir mangé N il se sent tout gonflé, il a des éructations, le sang lui monte à la figure et il est tout somnolent. Il est faible, facilement fatigué, pas assez cependant pour ne pas continuer son travail.
Tels sont les accidents nerveux d'ordre neurasthénique qui seuls ont régné h chez notre homme pendant une période de plus de douze mois. Il semble que à chez cesnatures rustiques, non amollies par la culture, où l’hystéro-neurasthé- Mie se développe sous l'influence d’une cause brusque,à action violente et nonk comme conséquence des applications lentes d'une cause déprimante, il semble,
: dis-je, que ce soit la neurasthénie qui constamment précède l'hystérie et lui b prépare en quelque sorte le terrain. Il paraît, en d’autres termes, qu’en pareil + cas pour devenir hystérique il faille passer par la neurasthénie. De fait, les k choses ont été ainsi chez le dernier malade dont nous nous sommes occupés ; + elles se sont produites absolument de la même façon chez celui que nous t étudions en ce moment. Les manifestations hystériques ont éclaté tout à + coup, bruyamment, sur le fond neurasthénique, sans l’ intervention d’une h provocation nouvelle. .
Le 7 octobre dernier, il y a près de cinq mois, étant monté sur une échelle, pb occupé à poser une planche, il se sent tout à coup comme ébloui par des + étincelles qui brillent un instant devant ses yeux (scotome scintillant ?) ; les boreilles lui tintent, sa vue s’obnubile, il se sent comme étourdi, perd conhnassance et tombe à terre Au bout d’un quart d'heure, il est revenu à lui un Winstant, paraît-il, puis il est redevenu inconscient, cette fois pour huit heures Penviron. Quand il est sorti dé cet état il était atteint d'hémiplégie gauche ; des gens qui l'ont secouru au moment de l'accident assurent que cette hémiplégie existait dès l’origine.
Quoi qu’il en soit, elle persiste aujourd'hui encore, à peu près telle qu’elle "était au début, un peu amendée toutefois, et il nous est possible d’en étudier les caractères cliniques qui sont fort accentués et fort significatifs.
Nous rappellerons d'abord quelques symptômes qui ont existé durant les "premiers jours de l’hémiplégie et qui, aujourd'hui, se sont -effacés : langue tirée vers la droite, quoique, remarquez-le bien, l’'hémiplégie soit à gauche. -La commissure labiale est fortement déviée en haut et à gauche; spasme des paupières de ce même côté. Tous les phénomènes ci-dessus se rapportent au Spasme glosso-labié des hystériques. — Il y a eu du mutisme pendant quel- 1ques jours (mutisme hystérique). « J’entendais et je comprenais bien, dit le malade, tout ce que les autres disaient, et les mots me venaient pour répondre. Mais c'était ma langue qui ne voulait pas tourner. »
L'hémiplégie des membres persiste seule actuellement, Elle a été à peu près. 1 complète au début, et, à cette époque-là, les membres supérieurs et inférieurs gauches étaient flasques, absolument inertes. Il lui fallut rester au lit pendant huit jours. Puis, quand il a pu marcher, le membre inférieur était traine sur lesol comme un corps inerte, suivantla description bien connue de Todd
Hémianesthésie gauche complète, cutanée et profonde, portant sur tous les modes de la sensibilité, occupant la face, le tronc, les membres Voyez. fig. 69 et 70. Perte du sens musculaire, de la notion de position, etc. Les troubles de la sensibilité sont tels qu’on ne les observe jamais à ce degré-là vous le savez, que dans l’hémiplégie hystérique. À
Ext. 90
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Fig. 68.
L’anesthésie en effet, est non seulement sensitive mais encore sensorielle ; rétrécissement double du champ visuel, plus prononcé à gauche. pas de polyopie monoculaire mais micropsie, macropsie. Dyschromatopsie, ouie, affaiblie à gauche, goût aboli sur toute l'étendue de la langue. Insensibilité dus pharynx (Fig. 68).
Le dynamometre a donné il y a un mois 60 à droite, 10 à gauche. Aujours d'hui qu’il y a eu de l'amélioration, il donne 60 à droite et 25 à gauche.
Les rêves depuis l’appariion des symptômes hystériques ont un peu changé de caractère. Ils ne sont plus relatifs à la mort de son fils. Il voit, mains tenant surtout, des animaux féroces, un chat gris qui le mord et avec lequel il lutte. Il assure que ces animaux s’avancent vers lui venant du côté gauche
Il est vraisemblable que la grande attaque qui a inauguré le début des
$ Û il, ou apoplectiforme hénomènes hystériques a été une attaque de sommeil, 0 vous a l'appeler ; aujourd'hui il n’y a pas de grandes attaques convulsives mais celles-ci sont suffisamment représentées par les phéno-
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Fig. 69, Fig. 70.
Le scrotum est sensible ; la moitié gauche de la verge est insensible.
» mènes suivants. De temps à autre Con...ns ressent dans les membres paralysés |« quelque chose qui lui monte vers le cou et qui l’étrangle. Il entend alors un L bruit dans son oreille gauche ; Sa vue s'obscurcit et bientôt il perd connaissance. En ce moment-là les membres sont rai des ; peu après ils sont pris de trépidation, puis son cou gonfle de nouveau ; il étoufle, il crie, « saute
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comme une hystérique » suivant la relation de la veilleuse de nuit, et fait de tels mouvements que son lit en est ébranlé. Les convulsions, d'une façon générale, prédominent du côté gauche, c’est-à-dire du côté où les membres sunt paralysés, (attaque hystéro-épileptique à forme d’épilepsie partielle.)
Voilà certes un tableau fort complet et parfaitement classique. Personne ne doutera que c’est bien ici d'hystéro-neurasthénie qu'il s’agit.
Il ne me reste plus, pour en finir avec ce cas, qu’à vous parler des antécédents tant héréditaires que personnels qui le concerne. ILest établi que Con...ns était un homme vigoureux, robuste, d’un bon moral, avant l’époque de la mort terrible deson fils. Il a eu autrefois la fièvre typhoïde etla syphilis; mais de tout M cela il n’était point resté de traces. Il a servi et a fait la campagne de Crimée.
Ci-joint un tableau qui fait connaître ses antécédents héréditaires. }
COTÉ PATERNEL COTÉ MATERNEL DEUx ONCLES PÈRE MÈRE ONGLE MATERNEL Très emportés et Alcoolique, empor- Très emportée, mais Très colère. buyeurs. té, il tombait raide | pasd'attaques denerfs. quand il avait bu. — | Mort par cancer de Mort d'apopleæie ? l'utérus.
— EE. — 51" UN FRÈRE FRÈRE MORT UNE SŒUR Épileptique Apoplectique avait eu souvent des convul-
sions étant jeune.
NOTRE MALADE — Hystéro-neurasthénique.
On voit que les tares nerveuses ne font pas défaut dans la famille à Je crois utile en manière de conclusion de grouper dans un tableau synoptique les principaux faits de l’histoire des quatre hommes hystéro-neurasténique étudiés dans la séance d'aujourd'hui et dans celle qui l'a précédée. Voir le tableau pages 298, 299. | Il suffira, je pense, de jeterun coup d’œil sur letableau pour être frappé des faits suivants : 1 Il s’agit dans tous les cas d'artisans âgés de 31 à 53 ans, pleins de vigueur et d'activité avantle développement des symptômes hystéro-neurasthéniques. En général, ce sont les phénomènes neurasthéniques qui ouvrent la scène, et, si l'on peut ainsi dire,préparent le terrain sur lequel se développent,un peu plus tard, les symptômes hystériques.
Sous le rapport des symptômes, les quatre observations sont en quelqueM sorte identiques : on pourrait dire qu’elles se superposent à peu près sur tous les points ; d’un côté mêmes phénomènes psychiques,même dépression men=, tale, même céphalée neurasthénique, même affaiblissement des forces physi=m ques ; del’autre côté même stigmatessensitifs et sensoriels, mêmes hémiplégies \ motrices avec spasmes glosso-labiés ete, ete. L'attaque est représentée trois fois sur quatre,
on —
Sous tous ces rapports, on le voit, l’uniformité est parfaite. Il n’en est plus de même lorsque l’on cor sulte les colonnes du tableau relatives aux circonstances étiologiques. Il est vrai que dans la majorité des cas, trois fois sur quatre, nous trouvons les antécédents héréditaires névropathiques fort chargés : mais par contre, lorsqu'il s’agit des causes occasionnelles, provocatrices auxquelles on est conduit à rattacher l'apparition plus ou moins immédiate des accidents nerveux jusque-là nuls, inconnus ou pour le moins restés latents, nous avons à relever des différences vraiment capitales. Aïnsi chez l'un de nos sujets, le n° 4, la maladie se développe en apparence spontanément, sans l'intervention d’une cause appréciable quelconque ; le saturnisme est la seule influence qu’on puisse invoquer et encore ; chez le second au contraire elle apparaît en conséquence d'une chute dans l’eau, par suite de laquelle le pauvre garçon a failli se noyer; chez le troisième il s’agit de la chute d’un échafaudage. On peut entre ces deux derniers cas reconnaître à la rigueur des trats communs : il v a eu en effet à la fois ébranlement physique et ébranlement psychique soudainement produits, comme cela se voit dans les ‘collisions de train ; mais que dire alors du quatrième sujet chez lequel tous les symptômes se manifestent sans Le concours d’aucun ébranlement physique par le seul fait de l’épouvantable saisissement qu’il éprouve à la vue du cadavre de son fils, tué en tombant du haut d'un toit? Tout cela certes vient à l’appui de la proposition que je formulais en commençant. En matière d’hystéro-neurasthénie survenant chez l’homme vigoureux, voué aux travaux manuels, la forme nosographique reste fixe en présence de la variété des causes occasionnelles. Il ne parait pas, en d’autres termes, que la cause occasionnelle détermine sur les symptômes dont elle provoque l'apparition une empreinte particulière, suffisamment originale pour permettre de deviner quelle a été cette cause ou même de le conjecturer. En manière d'épreuve, on pourrait formuler le problème suivant, dont la solution je pense, ne saurait être donnée dans l’état actuel des choses. Nos quatre malades seront mis à la disposition d’un clinicien expert en pareilles matières ; il pourra les examiner tout à loisir : il lui sera interdit seulement, bien entendu, de s’enquérir de la cause occasionnelle. Pourra-t-il, d'après la
* seule considération des symptômes,de leur évolution, etc., arriver à la déterminer même approximativement ; pourra-t-il déclarer que chez celui-ci la ma-
|: ladie est survenue spontanément, que cet autre a failli se noyer, que celui-là : est tombé du haut d'un échafaudage, que le dernier enfin a été à la fois * saisi de douleur et d’effroi à la vue du cadavre de son fils ? Evidemment non : et * cequeje dis là, relativement aux casprécédents, je pourrais le répéter à propos : des hystéro-neurasthénies produites par les collisions de train (Railway : spine), dont je vous montrais un bel exemple, dans la leçon du 4 décembre : dernier.Avec toute la bonne volonté possible je m’efforce d'apprendre à recon- » naître ies grands caractères qui, suivant quelques auteurs, distingueraient la
névrose hraumatique des autres formes de l’hystéro neurasthénie mâle traumati
nee
que où non traumatique, en vérité, je ne les vois pas.
Un mot en terminant sur cette circonstance notée dans nos quatre observa- M tions que les images visuelles d'animaux, d’enterrements, ou de toute autre M nature, vues en rêve et persistant quelquefois un instant après le réveil, apparaissent constamment du côté correspondant à l’hémianesthésie, côté où le rétrécissement du champ viusel est dans la règle, le plus prononcé. Ce fait est en quelque sorte le pendant de celui que nous avons mis en lumière, il y a longtemps déjà (Progrès médical n° 3, janvier 1878 (1) chez les femmes hystériques hémianesthésiques. Il est très commun que ces malades, même dans leurs périodes d’accalmie,soienttourmentéesparla vision imaginaire d'animaux,