‹ Leçons du Mardi à la SalpêtrièreChapitre 29 sur 97 · Oppenheim. Real, Encyclo/ddie, art. Raii.way Spin'K · texte numérisé non relu

Oppenheim. Real, Encyclo/ddie, art. Raii.way Spin'K

ressent d'abord des battements de cœur, un serrement qui monte de Tépigastre à la gorge ; des cercles lumineux se présentent à ses yeux (scotome scintillant ?) ; puis, ce sont des sifflements dans les oreilles^ des battements dans les tempes: c'est alors que la vue s'obnubile, et que survient ce qu'il appelle son vertige. Quelquefois il perd connaissance et plusieurs fois il est tombé à terre, sans présenter de convulsions; parfois cependant la chute a été accompagnée de secousses musculaires.

Dans les descriptions qui précèdent nous retrouvons la plupart des phénomènes classiques de Taura qui précède les attaques hystéro-épileptiques. Il y a, vous ne l'avez pas oublié, des hystéro-épileptiques à crises typiques, qui parfois ressentent les phénomènes de l'aura pendant un temps sans que l'attaque proprement dite s'ensuive (1). Il y a d'autres cas, et ceci se voit surtout chez l'homme, où la crise est constamment représentée par l'aura telle qu'elle vient d'être décrite plus haut, sans jamais êtes suivie d'attaques convulsives. Enfin, sans sortir de l'hystérie, Richer, sous le nom d'accès épileptiques incomplets, a donné la description d'une variété d'attaque qui ressemble beaucoup au vertige comilial quand il s'accompagne de quelques contractions musculaires rapides et localisées à certains groupes de muscles (accrs épileptiques incomplets de Herpin). Voilà autant de faits qu'il faut avoir présents à l'esprit, lorsque chez les hystériques, surtout chez les mâles, on se trouve en présence de certains « étourdissements ou vertiges », de certaines € syncopes » comme on les appelle encore, dont l'interprétation peut paraître difficile. Ce ne sont là le plus, souvent, suivant la terminologie que je proposais tout à l'heure d'adopter, que des équivalents ou représentants d'attaques hystéro-épileptiques ou si vous l'aimez mieux des « attaques avortées ».

Les rêves et les < étourdissements » malgré l'amélioration qui s'est produite, récemment, dans tous les symptômes, persistent encore actuellement à un certain degré, et si vous y joignez les résultats obtenus chez notre homme par la recherche des stigmates, toujours présents, vous aurez complété, en ce qui le concerne, le tableau des symptômes hystériques tel qu'il s'offre ànousaujour d'hui.

Voici rénumération des stigmates en question. — Diminution de la sensibilité cutanée dans tous ses modes sur toute l'étendue du corps. — Véritable hémianesthésie à droite : léger rétrécissement du champ visuel pour les deux yeux. Voy. les fig. 64, 65^ 66, 67 p. 290, 291. Pasdepolyopie monoculaire; pas de dyschromatopsie — peut être un peu de nystagmus. Diminution très prononcée du goût des deux côtés de la langue. Abolition du réflexe pharyngien. Odorat très diminué surtout à gauche. Au repos léger tremblement vibratoire des mains, lequel disparait si on fait étendre la main et écarter les doigts.

1, Paul Richer. De l'attaque hystéro-épileptique, 2« édition, p. 22.

Ainsi que nouB l'avoas fait remarquer, les symptômes de neurasthénie spî — nale ont été les premiers.,,eD date, et ils ont seuls tenu U scène pendant une

période de plusieurs mois avant l'apparition des symptômes hystériques; mai» lis se sont notoirement aggravés nu moment même où ceux-ci se sont manifestés. Voici en quoi ils consistent aujourd'hui:

Tr...lay a la Wte lourde, comme serrée dans un cercle de fer. Il ne peut pas emendreun bruit sans tressauter, lllui semble qu'il n'a plus de mémoire; il ne peutploB penser à rien sans que la céphalée s'aggrave. Eu somme, à cet égard,

Pig. 6&

Fig 51.

il se trouve dans les conditions auxquelles conduit le surmenage intellectuel, bien que chez lui l'intelligence n'ait pas été en cause; et à ce propos il n'est pas sans intérêt de relever en passant comment la lente influence du surmenage de l'esprit, et la brusque action d'un ébranlement psychique soudain, bien qu'il s'agisse Id de causes en apparence fort différentes, peuvent aboutir cependant au même résultat.

La neurasthénie spinale du début s'est accentuée: la € plaque sacrée > est plus prononcée que jamais; les membres inférieurs sont faibles et facilement fatigués. Le dynanomètre donne pour la main droite 18 et pour la gauche 25. Pas de troubles gastriques bien prononcés.

Ainsi étaient les choses il y a un mois à peine ; comme nous l'avons dit, elles se sont amendées depuis sous Tinfluence du traitement (bromure de potassium, toniques, bains sulfureux.) Les cauchemars et les vertiges sont plus rares le malade a Tair moins découragé, moins prostré. Le dynamomètre donne actuellement 45 pour la main droite et 65 pour la main gauche ; mais les stigmates persistent tels quels ou à peu près et pour arriver à la guérison il reste encore beaucoup à faire. L'homme, — et Ton peut dire Thomme vigoureux surtout — lorsqu'il est tombé dans Thystéro-neurasthénie, n'en sort pas si facilement... quand il en sort! Notre malade très certainement sera pour longtemps encore incapable de se livrer à un travail manuel suivi, et en particulier de remonter sur son échafaudage.

IL Ce même ensemble symptomatique que nous venons de relèvera l'instant chez notre maçon tombé du haut d'un échafaudage, nous allons le retrouver plus accentué encore peut-être, si cela est possible, chez le dernier sujet qu'il nous reste à examiner, bien que chez lui il n'y ait pas à invoquer le moindre traumatisme, le moindre ébranlement physicjue. Il est vrai que cette fois Véhra^nlemeni psychique ^ été aussi profond, aussi terrible, ajouterai-je, qu'on le puisse imaginer. Vous allez en juger.

Voici ce qui s'est passé : C'était le 27 septembre 1887, c'est-à-dire il y a quinze mois, Con...ns, âgé de 53 ans, ouvrier laborieux, gagnant 7 francs par jour, exerçait son métier de menuisier en bâtiment, dans une maison en construction où son fils, âgé de 18 ans, travaillait justement, lui aussi, comme couvreur. Or, il arriva que l'infortuné jeune homme fut précipité du toit où il travaillait, c'est-à-dire de la hauteur d'un sixième étage environ, sur le pavé de la rue où il fut tué raide.

Con...ns, aux clameurs poussées par les assistants, accourut sur le lieu du drame et se trouva face à face avec le cadavre de son malheureux fils, horriblement défiguré. Certes il dut, en ce moment-là, ressentir une des impressions morales les plus cruelles qu'on se puisse figurer, d'autant plus que ce fils était de sa part, paraît-il, l'objet d'une aflection profonde. Aussitôt il s'évanouit et resta inconscient pendant quelques minutes.

A partir de ce moment-là^ tout est changé en lui. Il ne se sent plus le même qu'auparavant. Lui, autrefois gai et remuant, il est devenu triste, maus&adc. Il évite la société qu'il fréquentait dans le temps avec plaisir. Il dort mal ou quand ildort,son sommeilestagitépar des rêves très fatiguants et très pénibles. Us se rapportent à son fils qu'il revoit enfant et heureux, ou par un contraste sinistre, pâle, défiguré, ensanglanté tel qu'il était au moment de l'accident. Il

sent sa mémoire affaiblie, il est distrait, ne se souvient pas de ce qu'il a fait quelque temps auparavant. Il souffre de la tête d'une façon à peu prés constante. Il a, dit-il, sur la tête confme un casque lourd qui lui comprime le front sur chaque tempe et l'occiput, et il ressent au moindre mouvement du cou des craquements. Les fonctions génitales sont très aiiaiblies ; après avoir mangé il se sent tout gonflé, il a des éructations, le sang lui monte à la figure et il est tout somnolent. Il est faible, facilement fatigué, pas assez cependant pour ne pas continuer son travail.

Tels sont les accidents nerveux d'ordre neurasthénique qui seuls ont régné chez notre homme pendant une période de plus de douze mois. Il semble que chez ces natures rustiques, non amollies par la culture, où Thystéro-neurasthénie se développe sous l'influence d'une cause brusque,à action violente et noncomme conséquence desapplicationslentesd'une cause déprimante, il semble, dis-je, que ce soit la neurasthénie qui constamment précède Thystérie et lui prépare en quelque sorte le terrain. Il paraît, en d'autres termes, qu'en pareil cas pour devenir hystérique il faille passer par la neurasthénie. De fait, les choses ont été ainsi chez le dernier malade dont nous nous sommes occupés ; elles se sont produites absolument de la même façon chez celui que nous étudions en ce moment. Les manifestations hystériques ont éclaté tout à coup, bruyamment, sur le fond neurasthénique, sans V intervention d'une provocation nouvelle.

Le 7 octobre dernier, il y a près de cinq mois, étant monté sur une échelle, occupé à poser une planche, il se sent tout à coup comme ébloui par des étincelles qui brillent un instant devant ses yeux (scotome scintillant ?) ; les oreilles lui tintent, sa vue s'obnubile, il se sent comme étourdi, perd connaissance et tombe à terre Au bout d'un quart d'heure, il est revenu à lui un instant, paraft-il, puis il est redevenu inconscient, cette fois pour huit heures environ. Quand il est sorti de cet état il était atteint d'hémiplégie gauche ; les gens qui l'ont secouru au moment de l'accident assurent que cette hémiplégie existait dès l'origine.

Quoi qu'il en soit, elle persiste aujourd'hui encore, à peu près telle qu'elle était au début, un peu amendée toutefois, et il nous est possible d'en étudier les caractères cliniques qui sont fort accentués et fort significatifs.

Nous rappellerons d'abord quelques symptômes qui ont existé durant les premiers jours de l'hémiplégie et qui, aujourd'hui, se sont efiacés : langue tirée vers la droite, quoique, remarquez-le bien, l'hémiplégie soit à gauche. La commissure labiale est fortement déviée en haut et à gauche ; spasme des paupières de ce même côté. Tous les phénomènes ci-dessus se rapportent au spasme glosso-labié des hystériques. — Il y a eu du mutisme pendant quelques jours (mutisme hystérique). < J'entendais et je comprenais bien, dit le malade, tout ce que les autres disaient, et les mots me venaient pour répondre. Mais c'était ma langue qui ne voulait pas tourner. »

L'hémiplégie des membres persiste seule actuellement. Elle a été à peu près complète au début, et, à cette époque-lb, les membres supérieurs et inrérieurs gauches étaient flasques, absolument inertes.' 11 lui fallut rester au lit pendant huit jours. Puis, quand il a pu marcher, le membre inférieur était traîné sur lesol comme un corps inerte, suivantia description bien connue de Todd.

Hémianesthésie gauche complète^ cutanée et profonde, portant sur tous les modes de la sensibilité, occupant la face, le tronc, les membres Voyez fig. 69 et 70. Perte du sens musculaire, de lu notion de position, etc. Les troubles de la sensibilité sont tels qu'on ne les observe jamais & ce degré'là, vous le savez, que dans l'hémiplégie hystérique.

L'anesthésie en effet, est non seulement sensîtîve mais encore sensorielle ; rétrécissement double du champ visuel, plus prononcé à gauche, pas de polyopie monoculaire mais micropsie, macropsie. Dyschromatopsîe, ouïe aQaibîie à gauche, goût aboli sur toute l'étendue de la langue. Insensibilité du pharynx (Fig. 68).

Le dynamomètre a donné 11 y a un mois 60 à droite, 10 à gauche. Aujourd'hui qu'il y a eu de lamélioration, il donne 60 à droite et 25 à gauche.

Les rêves depuis l'apparilion des symptômes hystériques ont un peu changé de caractRre.Ilsne sont plus relatifs à la mort de son fils. Il voit, maintenant surtout, des animaux féroces, un chat gris qui le mord et avec lequel il lutte. 11 assure que ces animaux s'avancent vers lui venant du côté gauche.

Il est vraisemblable que la grande attaque quia inauguré le début des

phénomènes hystériques a été une attaque de sommeil, ou apoplectjforme comme 10X18 voudrez l'appeler ; aujourd'hui il n'y a pas de grandes attaques coDTulBives mais celles-ci sont suffisamment représentées par les phéuo-

"s- 89. mg. 70.

Le scFOlnm Bit »eD«Uile ; 1& moiUé gauche de la verge est iaseuslble.

mènes suivants. De temps à autre Con,.,n8 ressent dans les membres paralysés quelque chose qui lui monte vers le cou et qui l'étraugle. 11 entend alors un bruit dans son oreille gauche ; sa vue s'obscurcit et bientôt il perd connaissance. En ce moment-là les membres sont rai des ; peu après ils sont pris de trépidation, puis son cou gonfle de nouveau ; il étoufle, il crie, « saute

névrose traumatique des autres formes de Vhystéro neurasthénie mâle traumaii que ou non traumatique^ en vérité, je ne les vois pas.

Un mot en terminant sur cette circonstance notée dans nos quatre observations que les images visuelles d'animaux, d'enterrements, ou de toute autre nature, vues en rêve et persistant quelquefois un instant après le réveil, apparaissent constamment du côté correspondant à Thémianesthésie, côté où le rétrécissement du champ viusel est dans la règle, le plus prononcé. Ce fait est en quelque sorte le pendant de celui que nous avons mis en lumière, il y a longtemps déjà {Progrès médical n® 3, janvier 1878 (i) chez les femmes hystériques hémianesthésiques. Il est très commun que ces malades, même dans leurs périodes d'accalmie,soient tourmentées parla vision imaginaire d^animauz.

ANTÉCÉDENTS HÉRÉ- N0M8 BT PROFESSIONS DITAIRBS NERVEUX AGE ou

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