‹ Leçons du Mardi à la SalpêtrièreChapitre 4 sur 97 · TANTE · texte numérisé non relu

TANTE

Mort tuberculeux.

Notre malade sciatiquc

Neurasthénie Hystérie

Morte tuberculeuse.

Frère du ËpilepUque

Cousine germaine du malade :

Epileptique.

1. Voir Charcot : Hémianesthésie hystérique et hémianesthésie toxique, leçon faite à la Silpétrière. {Bulletin médical. Numéro du 25 mai 1887.)

La neurasthénie et Thystérie associées ou isolées, telles sont, vous disaîs-je tout àTheure, les névroses que font apparaître vulgairement le choc nerveux ouïe traumatisme. Quelques auteurs cependant donnent, des ailections nerveuses qui se manifestent dans ces conditions-là, une interprétation toute différente ; il ne s'agirait pas là, suivant eux, purement et simplement d'hystérie ou de neurasthénie. Il y aurait en quelque sorte création d'une espèce morbide nouvelle, toute spéciale, à laquelle on propose d'appliquer le nom de ném^ose traumatique générale pour bien rappeler son origine en quelque sorte spécifique.

Eh bien, Messieurs, je Tai déclaré déjà et je le déclare aujourd'hui encore, éclairé plus que jamais par nombre d'observations, les faits publiés comme appartenant à cette prétendue névrose essentiellement traumatique peuvent ôtre ramenés tous sans difficulté aucune à la neurasthénie et à l'hystérie isolées ou combinées.

Qu'il s'agisse d'une collision de chemin de fer, d'un choc nerveux quelconque avec ou sans traumatisme, tremblement de terre, accident de voiture, ou au contraire du surmenage intellectuel ou génital ; de l'alcoolisme, du saturnisme; peu importe, la névrose produite reste toujours essentiellement la même ; la cause provocatrice de l'aflection, qu'elle soit le traumatisme ou autre chose, ne détermine même pas, en général, dans l'ap])areil symptomatologique quehiue empreinte particulière (jui permette de la reconnaître. En d'autres termes, non seulement il n'y a pas, que je sache, de névrose générale traumatique spéciale, mais en outre je ne vois pas que la neurasthénie et l'hystérie d'origine traumatique se séparent par aucun caractère clinique fondamental de celles qui ont été déterminées par d'autres causes.

En ce qui concerne la dernière afiection je pense qu'il n'ost nullement légitime d'admettre qu'il existe toute une fnmitledliy<>târies, distinctos uosographiquement les unes des iiutres en même ti^nps qu'elles sont distinctes par la forme.

Vhystérieest une et indiviûble, c'est du moins mon humble avis. Peut-on vraiment considérer la mélancolie, l'hypochondrie, l'aboulie, les rêves terrifiants, l'insomnie comme caractérisant psyc/ilqueinent ]a. € néyrose traumatique » lorscjuc l'on sait par maintes et maintes observations que tout cela se rencontre nécessairement dans la neurasthénie et dans l'hystérie de l'homme avec ou sans l'intervention quelconcpie d'un traumatisme ; et, pour ce qui est des hémianesthénies sensorielles ol sonsitives, des rétrécissements du champ visuel, des contractures, etc., etc., qui se trouvent consignés dans les observations relatives à la prétendue névrose, de quel droit voudrait-on les dépayser en quelque sorte, enles distrayantdu champ de l'hystérie? Je crains bien que dans cette affaire l'étrangeté apparente du terme hystérie, lorsqu'on l'applique à l'homme, ne soit une des causes qui empêchent les observateurs de voir les choses telles qu'elles sont dans leur réalité.

En vérité cependant, les mots, surtout en nosographie, ne sauraient être qu'un symbole, ils ne peuvent pas prétendre à posséder la vertu d'une définition descriptive.

Mettez-vous bien dans l'esprit — et il ne faut pas, je pense, grand effort pour cela — qu'en soi le mot hystérie ne signifie rien, et peu à peu vous vous habituerez à parler d'hystérie chez l'homme sans penser le moins du monde à r< utérus ». Ne songeons pas d'ailleurs à changer le mot contre un autre la JVeuropallie de Piorry est tombée dans l'oubli; Le larassis de M. le D' de Lachèze, malgré l'excellence des observations auxquelles ce mot sert d'étiquette , n'a pas eu plus de succès (i). Le terme hystérie au contraire résiste depuis bien longtemps aux injures du temps et des hommes. C'est là incontestablementune marque de vitalitébien significative. Le motvivra donc et continuera à désigner un groupe cohérent de faits nosograpliiquement enchaînés les uns aux autres. Il faut en prendre son parti.

Mais je ne veux pas m'appesantir maintenant sur ces questions relatives à la névrose traumatiquc ; ces questions je les ai touchées déjà bien des fois ; vous les trouverez parfaitement exposées, au besoin, dans plusieurs articles récemment publiés par mon ancien interne M. le docteur Guinon (2), articles auxquels je vous renvoie.

(Entre une mère portant dans ses bras sa fille, enfant de 8 ans. Son mari l'accompagne, ces personnes se sont présentées à la consultation, ce matin, pour la première fois.)

M. CiiARCOT. — Vous reconnaissez immédiatement, Messieurs, que cette enfant est atteinte de chorée, de chorée vulgaire parfaitement légitime. Les mouvements choréiques sont très caractéristiques, pas très intenses ni très précipités, plutôt lents. Ils occupent le cou, la face, les membres supérieurs, le tronc.

A la petite fille : Comment vous appelez-vous, mon enfant?

La mère. —- Elle ne peut plus parler depuis quelques jours.

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