‹ Leçons élémentaires d'anatomie et de physiologie humaine et comparéeChapitre 24 sur 79 · SYSTÈME LYMPHATIQUE · texte numérisé non relu

SYSTÈME LYMPHATIQUE

Indépendamment du sang, on. trouve dans nos tissus un liquide appelé lymphe et des vaisseaux spéciaux.

La lymphe est un liquide jaunâtre assez semblable à de l’eau; c’est de la lymphe que nous voyons s’échapper de notre peau à la suite d’une excoriation légère; comme le sang, avec lequel elle a la plus grande analogie, et dont elle ne diffère presque que par la couleur, elle se trouve partout, et partout nous trouvons des vaisseaux lymphatiques.

Vaisseaux lymphatiques. — Outre les artères qui transmettent le sang à toutes les parties du corps, et les veines qui le rapportent, on trouve des vaisseaux excessivement ténus, dont le calibre ne dépasse guère celui d’un fil à coudre. Ces vaisseaux, en tout semblables aux vaisseaux chylifères, que nous connaissons déjà,'^ se trouvent dans tous nos tissus, mais en bien plus grand nombre sous la peau, dans le voisinage des gros vaisseaux sanguins, que partout ailleurs; on les nomme vaisseaux lymphatiques. Au lieu de se réunir en rameaux, en branches pour former des troncs, de présenter une arborisation, comme nous le remarquons pour les vaisseaux sanguins, les vaisseaux lymphatiques marchent isolés, à distance les uns des autres; quelques filets s’accolent, et, après un trajet plus ou moins long, ces vaisseaux semblent se pelotonner et former des nodosités que l’on appelle ganglions.

Ganglions. — Ces ganglions, dont le calibre varie

CIRCULATION

du volume d’un pois à celui d’une noisette, se rencontrent particulièrement au cou, à l’aisselle, à l’aine, dans les cavités du bassin, du ventre et de la partie supérieure de la poitrine; quelques ganglions isolés se trouvent au jarret, au pli du bras et dans d’autres régions.

De ces ganglions sortent d’autres conduits lymphatiques qui, après un court trajet, se repelotonnent de nouveau pour redonner naissance à de nouveaux vaisseaux. On appelle afférents ceux qui entrent dans les ganglions, et efférents ceux qui en sortent. Partout ces canaux présentent la même forme, la même texture, la même disposition. Bien que filiformes, on peut apercevoir dans la cavité de ces vaisseaux de petites valvules disposées de telle manière que le liquide peut cheminer des extrémités vers le cœur, mais jamais du cœur vers les extrémités. L’obstacle opposé au reflux du liquide par les valvules fait qu’au lieu d’être régulièrement filiformes, les lymphatiques sont couverts de nodosités.

Les vaisseaux lymphatiques prenrient naissance de toutes les parties du corps, et se dirigent vers le cœur.

Ceux qui prennent naissance sur le pied, sur la jambe, sur la cuisse, rampent sous la peau ou accompagnent les vaisseaux profonds, se rendent, conjointement avec les vaisseaux lymphatiques, de la partie inférieure du tronc dans les ganglions de l’aine. De ces ganglions sortent des vaisseaux efférents qui pénètrent dans la cavité du ventre, se confondent avec les vaisseaux lymphatiques du bassin et avec les vaisseaux chylifères , dont nous avons parlé à l’occasion de la

CmCÜLATION-

digestion, et avec eux vont s’ouvrir dans le canal thorachique, canal qui porte du chyle et de la lymphe dans le torrent de la circulation.

Les vaisseaux lymphatiques de la main, de l’avant du bras, du bras, se rendent aux ganglions de l’aisselle, d’où parlent.des vaisseaux qui se rendent à ceux de la partie inférieure du cou.

Les vaisseaux lymphatiques qui prennent naissance sur les différentes parties de la tête et du cou, concourent à la formation des nombreux ganglions situés au-dessous des mâchoires ; les vaisseaux qui en partent conjointement avec lès lymphatiques du cou forment des ganglions dont les vaisseaux efférents se réunissent avec ceux du bras, et vont s’ouvrir, ceux de gauche dans la veine sous-clavière gauche, conjointement avec le canal thorachique; ceux de droite, dans un gros tronc appelé grosse veine lymphatique, qui s’ouvre dans la veine sous-clavière droite, et ainsi la lymphe, avec le sang, arrive dans le cœur.

Cet exposé rapide et très-incomplet suffira néanmoins pour vous faire comprendre comment se fait l’absorption, comment une substance vénéneuse, introduite sous un point quelconque de la peau, suffit pour déterminer l’infection générale et la mort ; comment celte absorption est plus active là où les vaisseaux lymphatiques sont plus nombreux et la peau plus mince; comment les blessures de la peau de la tête, du cou, de la langue, déterminent l’engorgement des ganglions du cou; les blessures des doigts, delà main, l’engorgement des ganglions de l’aisselle; celles du pied, l’engorgement

CIRCULATION

des ganglions superficiels de l’aine; celles des parties environnantes du bassin, l’engorgement des ganglions profonds de l’aine; les lésions de la muqueuse des intestins, l’engorgement des ganglions mésentériques.

Longtemps on a cru que les vaisseaux lymphatiques seuls rapportaient à l’intérieur, c’est-à-dire absorbaient les principes vénéneux, médicamenteux déposés sous la peau, sur une membrane muqueuse ou sur tout autre tissu.

Magendie a démontré par de nombreuses expériences que les veines opéraient également l’absorption.

Un animal vivant dont la patte ne tient au reste du corps que par la veine et sur laquelle on dépose du poison éprouve tous les effets de l’empoisonnement.

Coupant la veine et la remplaçant par un tube artificiel, les mêmes phénomènes se manifestent.

Ce point de physiologie est généralement admis aujourd’hui.

Dans notre prochaine leçon nous parlerons de la circulation dans la série animale, et de la circulation au point de vue des sécrétions et excrétions, et de la nutrition .

Page 1