CIRCULATION DANS LA SÉRIE ANIMALE
divisions, et arrivait dans chaque molécule dont nos tissus sont composés.
Nous avons dit que dans celte molécule le sang perdait ses parties vivifiantes, c’est à-dire son oxyQipne; que, de rouge qu’il était, il devenait noir, et qu’alors il était repris par les veines et rapporté au cœur.
Que du cœur il était porté au poumon, dans lequel il reprenait l’oxygène dont il avait besoin, pour de nouveau revenir au cœur et être redistribué dans toutes les parties du corps.
Nous avons dit que la vie ne s’entretient dans les tissus animaux qu’à la condition que chaque molécule constitutive recevra du sang vivifiant, et que, si une ou plusieurs molécules cessent de recevoir du sang, c’est la mort partielle ou totale d’un organe ou de plusieurs organes.
Non-seulement, avons-nous dit, chaque molécule vit, mais elle fonctionne : elle fonctionne, car la gouttelette de sang déposée par l’artère était rouge, rutilante, contenait de l’oxygène; reprise par la veine, elle est moins rouge, moins vermeille, elle contient du carbone eu plus grande quantité.
Non-seulement cette molécule vit et fonctionne, mais c’est un véritable appareil de chimie, qui a la propriété de décomposer les éléments du sang et d’en former des composés nouveaux.
SÉCRÉTIONS
Transpiration cutanée. — Du sang est porté dans
SÉCRÉTION
les molécules qui composent la peau, il est repris par les veines, mais une certaine quantité de sang est décomposée et changée en un liquide particulier que l’on appelle transpiration cutanée.
On évalue à un ou deux kilogrammes la quantité d’eau qui s’échappe en vingt-quatre heures par la peau. Par l’exercice, cette exhalation peut s’élever momentanément à trois cents, quatre cents, cinq cents et mille grammes par heure.
Transpiration pulmonaire.— Du sang est porté dans les cryptes qui composent la membrane muqueuse qui tapisse les voies aériennes, il est repris par les veines, mais une certaine quantité de sang est décomposée et changée en transpiration pulmonaire.
On évalue à quatre ou cinq cents grammes la quantité de liquide qui s’échappe en vingt-quatre heures par l’exhalation pulmonaire (1).
Sécrétion intestinale. — Du sang est porté dans les molécules qui constituent la membrane muqueuse de l’intestin, il est repris par les veines ; mais une certaine
(i) Les navigateurs dans les mers polaires parlent de l’énorme couche de glace qui s’attache aux parois intérieures du bâtiment, formée par la fumée des aliments et la respiration des hommes, et qui devient une cause d’insalubrité. Le capitaine Parry flt râcler cette couche, et ôn en tira plus de cent baquets ; les maladies qui régnaient à bord disparurent.
Le capitaine Ross flt établir des condensateurs qui absorbaient toute la vapeur intérieure, et chaque jour on en retirait l’équivalent d’un boisseau de glace.
{Derniers voijages dans les mers polaires.)
SÉCRÉTION
qiianlité est décomposée et changée en mucosité intestinale, mucosité dont la composition a beaucoup d’analogie avec la sécrétion cutanée, et dont la quantité est très-variable et souvent subordonnée au plus ou moins de sécrétion cutanée. Tout le monde connaît rinfîuence qu’exerce sur l’exhalation intestinale ou sur la sécrétion pulmonaire la suppression de l’exhalation cutanée, tout le monde sait qu’un brusque refroidissement en pleine transpiration détermine un flux de ventre tout aussi abondant que si on eût fait usage d’un violent purgatif.
Exhalation séreuse. —Du sang est porté dans les membranes séreuses, il est repris par les veines; mais une certaine quantité de sang est changée en sérosité, qui lubréôe la plèvre, le péritoine, le péricarde, etc.
Synovie. — Du sang est porté dans les molécules qui constituent les membranes synoviales, il est changé en synovie.
Larmes. — Du sang est porté dans les glandes la- -crymales, il est changé en larmes.
Salive. — Du sang est porté dans les granulations qui constituent les glandes salivaires, il est changé en salive.
Suc gastrique. — Du sang est porté dans la muqueuse de l’estomac, et est changé en suc gastrique.
Bile. — Du sang est porté dans le foie, il est repris par les veines, mais une certaine quantité de sang est changée en bile.
On évalue à cent cinquante grammes la quantité de bile sécrétée en vingt-quatre heures.
Non-seulement le foie sécrète de la bile, mais encore
SÉCRÉTION
il sécrète, il fabrique Aw sucre. Dans ces derniers temps, M. le professeur Bernard nous a démontré que le sang qui pénètre dans le foie contient peu ou point de sucre, et que le sang qui en sort, au contraire, en contient une proportion assez considérable.
Suc pancréatique. — Du sang est porté dans le pancréas, et est changé en suc pancréatique.
Urine. — Du sang est porté dans tes reins, et est changé en urine.
On évalue à plus de mille grammes la quantité d’urine sécrétée en vingt-quatre heures. La quantité et la qualité sont très-variables, selon la température, le plus ou moins d’exercice, la nourriture, le plus ou moins de liquide absorbé en boisson, selon qu’elle est rendue immédiatement après le repas ou après un séjour prolongé dans la vessie.
Lait. — Du sang est porté dans les glandes mammaires, et est changé en lait, dont la quantité et la qualité sont subordonnées au régime, à l’exercice et à beaucoup d’autres causes.
Ovule. — Du sang est porté dans les granulations qui constituent les ovaires , et est changé en matière propre à faire les ovules dont le développement constitue l’œuf.
Du sang est porté dans les glandes séminales , et est changé en un liquide dans lequel se développent les zoospermes, le principe fécondant.
Os. — Du sang est porté dans les os ; une partie des sels calcaires dont il est composé est changée en matière osseuse.
S-ÉCRÉTION.
Muscles. — Du sang est porté dans les muscles et est changé en fibre musculaire.
Graisse. — Du sang est porté dans le tissu cellulaire; il est décomposé et changé en graisse qui se fixe dans les aréoles de ce tissu. ,
Vous voyez comment toutes les sécrétions, tous nos tissus, sont le résultat de la décomposition du sang, comment la masse du sang tend continuellement à s’épuiser, et comment les pertes se réparent par l’alimentation, d’autant plus nécessaire que les sécrétions sont plus abondantes. Tout le monde sait qu’à la suite d’un violent exercice on a besoin d’une plus grande quantité de nourriture, que la nourrice mange plus que la femme dans l’état ordinaire.
Nous l’avons dit, c’est dans les molécules constituantes de nos tissus que se font les sécrétions^ et le liquide sécrété est rejeté au dehors.
EXCRÉTIONS
Tantôt le produit de la sécrétion est rejeté immédiatement au dehors, comme cela a lieu pour-la peau. Si nous regardons la peau avec une forte loupe, elle présente des myriades de petites ouvertures par lesquelles s’échappe une gouttelette d’eau.
Il en est de même de toutes les membranes muqueuses, séreuses ou synoviales, vues au microscope.
Tantôt ces granulations, ces cryptes, ces molécules, comme nous l’avons dit, se groupent et forment des masses plus ou moins grosses qui constituent les glan-
KXCRÉTION.
des; tantôt ces glandes, comme les glandes salivaires, sont disposées en forme de grappes. Chaque granulation donne naissance à une radicule qui, en se réunissant à la manière des pédicules des grains de raisin sur leur tige, forment un canal appelé canal excréteur.
Pour les glandes salivaires, la glande parotide donne naissance à un conduit excréteur qui croise la direction du muscle masseter, et s’ouvre dans la bouche, à la hauteur de la deuxième dent molaire ; ce conduit a reçu le nom de conduit de Stenon. Pour les autres glandes salivaires, la salive est versée dans la bouche par un ou plusieurs conduits beaucoup plus petits,, désignés sous les noms de conduits de Warton, de Rivinus.
Pour le foie, les myriades de granulations qui constituent ce volumineux organe donnent naissance à des radicules qui en se réunissant forment un conduit que l’on appelle canal hépatique ou biliaire. Ce canal, après un trajet de quelques centimètres, s’ouvre dans le duodénum, assez près de l’ouverture pilorique.
Pendant le temps de la digestion, la bile est versée immédiatement dans l’intestin et mélangée avec les aliments.
Hors le temps de la digestion, la bile est mise en dépôt dans un réservoir situé au-dessous du foie, auquel on donne le nom de vésicule biliaire.
Au moment de la digestion, ce sac se contracte et fait refluer la bile dans le canal hépatique.
On donne le nom de canal cistique au conduit bi-
ÎÎXCËÉTION.
liaire qui fait communiquer la vésicule avec le canal hépatique, et de canal cholédoque à la portion de ce même canal qui résulte de la réunion du canal hépatique et du canal cistique.
Ainsi toute la bile sécrétée par le foie arrive dans le duodénum, soit directement de l’organe sécréteur, soit de la vésicule.
Pour le suc pancréatique, le liquide sécrété est absorbé par de nombreuses radicules, qui en se réunissant forment un canal appelé canal panere'atique, qui le verse dans le duodénum.
Dans l’homme, le cheval, le bœuf et la plupart des mammifères, l’iiisertion du canal pancréatique dans le duodénum se fait très-près du canal biliaire, souvent même dans le même poinb
Dans certains animaux, comme le lapin, le canal biliaire et le canal pancréatique s’ouvrent à une trèsgrande distance l’un de l’autre, disposition dont M. le professeur Bernard s’est servi pour nous montrer la fonction du pancréas. Vous vous rappellerez que, grâce à ses belles expériences, nous savons que le suc pancréatique a la propriété d’émulsionner les corps gras.
Pour la sécrétion urinaire, le liquide préparé par les granulations du rein est versé dans un canal appelé uretère^ qui porte l’urine du rein dans la vessie. Ce canal excréteur, plus ou moins long, selon les animaux, commence dans le rein par une ouverture assez large, en forme d’entonnoir, désignée sous le nom de bassinet. Dans ce bassinet on remarque un grand nombre de mamelons, formés par la réunion de petits tubes
EXGHÉTION.
qui prennent naissance dans les granulations qui cons^ tituent la couche externe ou corticale du rein.
La réunion de ces tubes, dont l’ensemble forme une grande parlie de la substance du rein, est désignée sous le nom de substance tubuleuse. Le rein est ainsi composé de deux substances : l’une, qui forme la couche externe, est appelée corticale ; l’autre, plus centrale, est composée de petits tubes qui portent l’urine dans le bassinet, et du bassinet le liquide est porté par les uretères dans la vessie.
La vessie n’est qu’une poche, qu’un sac,' un .véritable réservoir dans lequel le liquide est mis en dépôt.
Le liquide, continuellement sécrété par le rein, y ar-