‹ Leçons élémentaires de chimie agricoleChapitre 27 sur 59 · MIXTES · texte numérisé non relu

MIXTES

Fromenl.

Betteraves on Pommes de terre.

."> ans.

TUÈFLE.

id.

Fionient. Avoine.

FroniPiit.

TnÈFLE.

Froment.

Avoine.

Jaclièri! (fuméo).

Froment.

Id.

TuÈFLE.

Froment.

Maïs.

Avoine (lunu'j).

Froment.

Jachère.

Sei-le.

ans.

Sainfoin.

id.

Froment.

Avoine.

Genêts.

Id.

Id.

Id.

Jaclière.

Blé.

Sainfoin.

8 ans.

id.

Id.

Froment.

Id.

Mais.

Betteraves.

Froment.

Luzerne.

Id.

Id.

Id.

Avoine.

Froment.

J>E CULMIK AGRICOLE. 175

Les assolements peuvent être divisés en deux groupes : assolements à jachères , assolements sans jachères.

I. Assole?}ienfs à jacjfc/rs, — Ce sont ceux où pendant la durée d'une rotation, la terre demeure sans culture une ou plusieurs années.

h'à Jarhcre, prati(]ue ancienne connue il a cté dit plus haut, a un double but :

1® Elle permet, pendant l'inculture du sol, d'éliminer les plantes parasites ([ui s'y sont lixées :

2^ Elle laisse aux particules terreuses le temps de former des principes nutritifs assimilables , dont la majeure partie demeure en réserve pour les récoltes futures.

Il est aisé de se rendre compt(^ (|ue ces deux effets peuvent être réalisés avec- plus d'avantaj^f^s par des assolements culturaux bien choisis.

Pour le nettoyage de la terre, il suftit d'introduire dcUis la rotation une ou i)lusieurs cultures de plantes suj'clccs, c'est-à-dire dont les pieds sont assez t^spacés pour qu'on puisse plusieurs fois pendant l'année extirper les mauvaises herl)es. Le choix de la plante sarclée est dicté par les conditions écouomiijues locales : on peut cultiver des plantes destinées à l'alimentation de l'homme, comme le maïs, les pommes de terre, ou bien des racines fourragères, betteraves, carottes, raves, ou des plantes industrielles, comme le tabac ou la betterave sucrière.

Quant au deuxième but, la Jachère ne l'atteint le plus souvent ({ue d'une manière très imparfaite. Les principes azotés du sol se nitriiient plus ou inoins vite dans la terre nue, et les eaux phiviales entraînent vers le sous-sol des proportions ju)tables de nitrates : la perte d'azote qui en résulte, n'est certaiiunnent pas compensée par la lixation intervenue s[)ontanément sons l'intluence microbi({ue. ('et effet aura licui éner-

176 LEÇONS ÉLÉMENT AIUËS

giqueineiit tlaiis les sols calcaires où la nitrilication est très active. Il sera beaucoup moins à craindre dans les terres fortes, pauvres en calcaire : mais dans ce cas, c'est le calcaire lui-même qui pourra être entraîné sans profit pendant l'année de repos. Ces déperditions d'azote ou de calcaire atténueront dans la plupart des cas, les avantages de l'enrichissement survenu en acide phosphorique et potasse assimilables.

En pratiquant sur un même champ pendant dix années consécutives des cultures de blé, alternant sans engrais avec la jachère nue, MM. Lawes et Gilbert ont obtenu comme produit total des cinq récoltes, 97 hectolitres par hectare, alors que les dix récoltes se succédant sans engrais en ont fourni 103, soit 6 de plus. L'emploi de la jachère a donc été nuisible.

Le résultat sera bien mieux atteint par l'emploi des engrais, s'il s'agit des cultures de surface (céréales) : cette pratique suppléera avantageusement à la nutrition naturelle, parce que le plus souvent l'achat des engrais, y compris l'accroissement des frais de culture, coûte moins cher que ne vaudra la récolte qu'il détermine. Le même but sera réalisé plus économiquement par l'introduction dans l'assolement des ciilHires amélîorcmtes,

• IL Assolements sans jachères ou assolements rationnels. — D'après ce que nous venons de dire, les assolements rationnels comprennent dans un ordre qui peut être variable :

1« Les cultures principales qui sont en général des cultures de surface (blé, avoine, etc.). ;

2^ Des cultures sarclées ;

B*^ Des cultures améliorantes, qui sont d'ordinaire profondes, légumineuses fourragères, forêts.

Les cultures sarclées permettent de nettoyer plus aisément le sol des plantes parasites qui l'encombrent : on les supprime quelquefois, quand les mauvaises

DE GHÎMIE AGRICOLE. 177

herbes sont peu abondantes, la période de travail comprise entre la moisson et la semence des céréales pouvant suffire pour les éliminer. Plusieurs cultures sarclées peuvent figurer avec avantage dans la niême rotation ; les unes à racines profondes comme le colza exploitant plus spécialement les principes nutritifs du sous-sol, d'autres, au contraire, vivant plus particulièrement de la couche arable, comme ïé maïs.

Aux cultures sarclées proprement dites, on peut substituer des cultures de courte dio^ée, qui n'occupant le sol que pendant un petit nombre de mois, permettent de soumettre la terre à des travaux réitérés dans l'intervalle des cultures : telles sont les céréales de printemps, le chanvre, etc.

Les cultures ainéliorantes constituent pour la terre arable un véritable engrais : ce sont principalement les légumineuses fourragères et les bois.

Nous avons déjà dit la cause de cet enrichissement très réel du sol par les légumineuses fourragères, luzerne, trèfle, sainfoin, vesces, fèves, etc. Ce résultat semble paradoxal puisque ces cultures sont très exigeantes et paraissent devoir épuiser le sol au lieu de l'améliorer. En réalité, les racines des légumineuses favorisent au plus haut degré la fixation de l'azote atmosphérique sur la terre végétale (voir pages 107 à 111), et la dose d'azote ainsi fixée surpasse de beaucoup les besoins de la récolte. Quant aux autres principes nutritifs que cellcr ci réclame, elle les prend non pas à la couche arable, mais aux couches profondes : là les radicelles se développent abondamment, absorbant l'acide phosphorique, la potasse, la chaux, les produits sulfurés, nécessaires au développement de la plante. Des racines très riches en matières minérales remplissent le sol et y demeurent avec les bases des tiges et les débris de feuilles, quand on enlève la récolte. La couche arable se trouvera donc enrichie de tous ces débris et par

l'î'S LEÇONS ÉLÉMENTAIRES

suite sera non seulement très bien pourvue d'azote, mais encore assez bien munie d'acide phosphorique, de potasse, de chaux, en proportions qui équivalent à une fumure abondante. Cette couche sera très apte à nourrir une culture de céréales et celle-ci sera bien plus prospère que si le sol avait porté des céréales ; elle le sera môme plus que si la terre était demeurée inoccupée.

Ces faits, consacrés depuis longtemps par la pratique agricole, ont été établis d'une manière irréfutable par un grand nombre d'observations rigoureuses : une culture de trèfle ou de luzerne équivaut à une véritable fumure, surtout riche en principes azotés.

Les cultures de luzerne, poursuivies pendant plusieurs années, laissent la terre pour ainsi dire saturée d'azote ' ;. sur les défrichements, les froments sont souvent, par excès de nutrition azotée, exposés à verser: aussi commence-t-on d'ordinaire par y semer de l'avoine.

Pendant que le sol arable ainsi enrichi nourrit des récoltes successives de céréales, les couches inférieures accumulent peu à peu des principes nutritifs assimilables ; quelques racines profondes des graminées nourries par la surface, y pénètrent et y constituent une vraie fumure. Le sous-sol bénéficiera de la culture du sol en céréales, comme le sol profite de celle du sous-sol, pendant le développement des légumineuses fourragères.

La pratique ne saurait négliger cette ressource précieuse, et le plus grand nombre des assolements rationnels comprennent des légumineuses, l'ordre et le choix des cultures variant beaucoup, selon les climats et aussi selon les conditions économiques de chaque exploitation.

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