DE LA CULTURE AVEC ENGRAIS
La culture avec engrais peut se ramener à deux types extrêmes :
1® La culture d'un domaine sans autre engrais que ceux provenant de ce domaine ;
2« La culture d'un domaine à l'aide d'engrais pris ailleurs.
I. Culture d'un domaine à Paide d'engrais provenant de ce domaine. — C'est le cas d'un grand nombre d'exploitations agricoles ; c'était le type général, il y a peu d'années encore.
Pour fixer les idées, supposons un domaine composé de champs de fertilité moyenne, ayant besoin d'engrais pour fournir d'abondantes récoltes. Par un assolement convenablement distribué, on obtiendra chaque année, comme produits principaux des cultures, d'une part des céréales, ou des produits industriels, tabac, chanvre, lin, betteraves sucrières; d'autre part, des fourrages ou des racines fourragères.
La majeure partie des grains, et les produits industriels nets, feuilles de tabac, racines des betteraves, sont vendus, et exportent ainsi du domaine une quantité notable de principes fertilisants, azote, potasse, acide phosphorique, chaux.
Les fourrages, les racines fourragères, et même une
part des grains, servent à nourrir les animaux de travail, bœufs et chevaux, et aussi la plupart du temps, des animaux d'élevage, poulains, bœufs d'engrais, vaches laitières, moutons et brebis. Les pailles des céréales sont employées à former les litières sur lesquelles s'accumulent et se fixent les déjections animales; la matière obtenue se nomme le fumier de ferme.
Celui-ci comprend donc non seulement la totalité des pailles, auxquelles viennent se joindre les résidus végétaux des diverses cultures, mais encore la majeure part des substances nutritives, azote, acide phosphorique, potasse, chaux, que les fourrages renfermaient. Ces matériaux ont traversé en se modifiant le tube digestif des animaux ; mais une certaine dose demeure fixée par eux et se trouve réellement employée à leur nutrition et à leur développement.
Cette dose disparue ainsi peut être assez considérable, si la production du lait et la vente des animaux sont importantes. Ainsi le lait contient par litre :
Q^'9 d'azote,
1 9 d'acide phosphorique,
1 7 de potasse.
Une vache laitière peut fournir annuellement de 1,500 à 3,800 litres de lait.
L'exportation du lait hors du domaine enlèvera donc à celui-ci, par tète de vache et par an :
De 10 à 24 kilogrammes d'azote ;
De 3à 7 — d'acide phosphorique;
De 2,5 à 6,5 — de potasse.
Le fromage ejilève à peu près autant de principes nutritifs que le lait ; mais quand l'exportation se borne
au beurre, uniquement constitué par des matières grasses*, elle ne donne lieu à aucun appauvrissement appréciable.
- L'exportation des animaux vivants élevés dans la ferme soustrait à celle-ci principalement de Tazote et de l'acide phosphorique. Le tableau qui suit fournit à ce sujet quelques indications moyennes :
Bœuf (Vcngrais..
Veau
Mouton
Porc