‹ Leçons élementaires de chimieChapitre 202 sur 284 · XX« LEÇON · texte numérisé non relu

XX« LEÇON

SoMMAiRc. — t82. Propriétés physiques des métaux. -~ 283. Manière d'être des métaux dans la nature. — 284. Règles générales à suiTre pour le traitement des minéraux métalliques. — 285. Classification des métaux d'après leur affinité pour l'oxygène. — 286. Remarques sur la classification précédente. — Résumé.

282. Propriétés physiques des métaux. — On donne le nom générique de métal à tout corps opaque, bon conducteur de la chaleur et de l'électricité, et possédant en outre un éclat tout particulier. Bien que ces propriétés soient communes à tous les métaux, il est bon de s'eipliquer sur deux d'entre elles, l'opacité et l'éclat. L'opacité n'est pas absolue : tous les métaux sont opaques vus en masse, mais quelques-uns cessent de l'être, s'ils sont amenés à l'état d'une grande ténuité. Regardez à travers une feuille d'or, et vous la verrez de couleur verte ; ce qui prouve que la lumière n'arrive pas à l'œil par des solutions de continuité, mais en traversant la masse même de la feuille.

L'éclat des métaux a un caractère particulier : certains métalloïdes jouissent d'un grand éclat, qu'il ne faut pas confondre avec ce que l'on appelle proprement Véclat métallique. Quelquefois un métal peut se trouver dépourvu de ce caractère à cause de l'éfat d'extrême division dans lequel il se trouve ; le platine divisé paraît noir : l'argent, dans les mêmes conditions, est d'un blanc mat : lui donne-t-on de la cohésion, l'éclat paraîtra. Si Ton écrase dans un mortier d'agate un peu de poudre de chacun de ces deux métaux, elle deviendra brillante en s'agglomérant.

Quel que soit le métal sur lequel on expérimente, on est sûr d'y rencontrer une éminente faculté conductrice de l'électricité. Quand on ferme le circuit d'une pile avec un mince fil de platine, ce fil devient incandescent ; ce qui prouve qu'il laisse passer le courant électrique {fig. 117). Comme il n'y a pas d'exemple d'uu corps bon conducteur de l'électricité, qui ne soit aussi bon conducteur de la chaleur, il suffit de constater la première de ces facultés pour être assuré de l'existence de la seconde. Néan-

moins une autre expérience édifiera encore mieux à cet égard. Si Ton abaisse une toile métallique sur un jet de flamme de gaz

Fig. H7. — Démonstration de la conductibilité électrique des métaux.

P pile à auges.

C, G conducteurs de la pile.

F fil mince de platine.

ordinaire (fig^ 118), non-seulement on refoule la flamme, mais

Fig. 118. — Démonstration de la conductibilité calorifique des métaux. B bec à gaz allumé.

T écran en toile métallique.

on réteint si Ton abaisse la toile jusqu'aux orifices du bec. On éteint donc le gaz enflammé par cela seul qu'on le force à tra-

iO-^ XX" LEÇON.— GÉNÉRALITÉS SUR LES MÉTAtX.

verser les ni ai Iles d'une loile melalliqaej pour arriver dam Vair, Nul doute que le gaz ne conLitiue à sortir du bec à traven la toile, car on peut renflammer au-dessus de la toile mSme. On ne parvient ii éteindre la flamme qu'en la refroidissant. C'est grâce à la propriété de bien conduire la chaleur <|ue les toiles métalliques ont irouvé de si belles et si utiles applications; parmi celles-ci, figure, en première bgne, la lampe de sûreté que nous avons examinée dans une autre leçon (256)»

LesmétauXj tels que l'or, l'argent^ le platine réduits en feuilles très-iainceSj soot des corps diathermanes : les deux pretniers absorbent une partie des rayons caloriû^iuesj tandis qtie le platine les laisse traverser tous et, sous ce rapport, il peut être comparé au sel gemme.

Dans les cas de réflexion diïTusCj certains métauïj tels que l'or, l'argent, le mercurCj le cuivre et le laiton (alliage de cuivre et de zinc), exercent une absorption élective pour les rayons calorifiques, par suite de laquelle les propriétés de ceux-ci sontmodifiées. D'autres métaux au contrairej tels que le platine, le fer, Vé tain, le zinc, le plomb, l'argentan (alliage de eu ivre, nickel et zinc), réfléchissent Ions les genres de rayons calorifiques exactement dans la mÔme proportion que les corps opaques incolores réfléchissent la lumière.

Les propriétés qui distinguent les rayons calorifiques réfléchis sur les métaux, des rayons non réfléchis, dépendent leflenient de la source de chaleur, que des difl'éTences, qui se manifestent d'une manière frappante quand on fait usage de lalumiôre solairCj diminuent dans le cas d*une lampe locatellij et disparaissent devant un cylindre métallique non incandescent \ (Knoblal'cb,)

* Les e^périeaies dn M, KirchbûfT out fait connaîtra quels souL hi Diélam donl I* présence daaa ï' atmosphère solaire paraît certi^jnc, et cgu\ dvnt J^absçnce esl tûre, et enfin les métaui dont La pr^seacc ou Tabsence ne saurait cire affirmée avec cerli-

WETADX E8T PODTlOSB.

MCTiri SOI^ilKES^

Sodium^

Calclura*

HarEum,

JUngndsiuDi.

Fer*

Cuivre.

Zinc,

Chrome.

Or.

Argent.

Mcreure,

ALiiminiuiCL

PMrab.

Antimoine.

Ar&Ëiilc.

Lithmm<

Slrnùtîtin].

Caimium.

Nickri.

Cobalt,

Voilà un aperçu des propriétés carg-ctérisliques de la grande famille des métaux : si à ces propriétés toutes phvsîques on en ajoute une de nature chimique, on aura réuni tous les moyens propres à distinguer un métalloïde d'un métal.

Nous avons vu que les corps non métalliques s'oxydent en formant des composés, tantôt acides, tantôt neutres^ jamais basiques; ce sont au contraire ces derniers que forment de préférence les métaux en s'oxydant.

Les métaux se combinent entre eux pour former les alliages, et avec les métalloïdes pour donner naissance à des oxydes^ des sulfures, des chlorures, etc., etc. Autant il est aisé d'avoir des combinaisons entre les métaux et les corps congénères du chlore et du soufre, autant il est difficile d'en avoir avec les autres métalloïdes, Tarsenic excepté. Tous les métaux peuvent cristalliser, et plusieurs d'entre eux sont dimorphes.

Après avoir parlé des propriétés qui leur sont communes, il faudrait parler de celles qui leur sont spéciales^ mais comme elles sont très-variées et assez nombreuses, il sera plus utile de les faire ressortir de l'étude particulière de chaque métiiU

Le nombre des métaux étant considérable, nous tiverons nolte attention seulement sur ceux que l'utilité de leurs ïipplicatiQiis ou leiir importance chimique rendent intéressants à ^jormaître. En faisant ressortir spécialement, pour chacun d'eux, ses propriétés physiques, on en rend l'étude plus complète qu'en invoquant des souvenirs éloignés auxquels la mémoire fait souvent défaut. Néanmoins il sera utile de résumer en un tableau synoptique les principales propriétés physiques des métaux les plus connus, pour nous mettre à même de saisir des rapprochements et des différences qui, autrement, pour raie ut nous •échapper.

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