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V^ LEÇON. — ÉBULLITION DE L*EAU

chaud et humide doit moins favoriser l'évaporation que l'air froid et sec.

L'air, en vertu de sa pression, est un obstacle à l'évaporation ; aussi un air chaud et un air froid également secs, mais inégalement raréfiés, peuvent-ils produire les mêmes effets : l'air froid, qui exercerait sur la surface de Teau une pression moindre que celle exercée par l'air chaud, pourrait faire naître autant de vapeurs que ce dernier.

I/eau entre en ébullition dès que la tension de sa vapeur fait équilibre à la pression de l'atmosphère ; alors la vapeur a un volume environ i, 700 fois plus grand que celui de Teau d'où elle provient. Le point d'ébullition s'élève si la pression augmeqte; il s'abaisse si la pression diminue.

L'ébuUition peut ôtre retardée ou accélérée, suivant la nature de la surface de contact du récipient et de Teau.

Quand on frotte Tune contre l'autre deux surfaces bien lisses, on éprouve une résistance qui est appelée rémtance de frottement ; elle provient de ce que les deux surfaces adhèrent entre elles en vertu d'une attraction mutuelle. Or, la surface interne d'un récipient en verre étant lisse, exerce une sorte d'attraction sur l'eau avec laquelle elle est en contact; si bien que la couche d'eau qui reçoit directement la chaleur à travers le verre, peut atteindre la température nécessaire pour son ébullition, sans cependant que l'ébullition se manifeste. Comme cette circonstance peut faire dépasser de plusieurs degrés le point d'ébullition, il arrive qu'au moment où Tadhérence est vaincue, la vapeur qui se forme tout à coup, se trouvant à une température trop élevée, se dégage avec une espèce d'explosion et donne lieu à des soubresauts. Il en est autrement lorsque la surface du récipient est rugueuse ou est recouverte de fragments anguleux de corps bons conducteurs de la chaleur. En effet, si Ton introduit de la limaille de fer dans un ballon en verre contenant de l'eau au moment où celle-ci cesse de bouillir, l'ébullition recommence aussitôt; ce qui prouve que les pointes et les rugosités préviennent ou détruisent les effets de l'attraction mutuelle des surfaces.

On a remarqué que le retard de l'ébullition est d'autant plus considérable que le. liquide, eau ou autre, a été chauffé plusieurs fois successivement. Cette observation, due à M..t)onny et confirmée par d'autres savants, a fait croire à M. Grove que ce que Ton appelle ébullition provient du dégagement d'une bulle de

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