VI® LEÇON. — EAU ET ACIDE CARBON. DE L AIR
corps dont la température sera de beaucoup inférieure à celle de l'air ambiant; on verra aussi l'eau de chaux, qui est limpide, devenir laiteuse dès qu'elle restera exposée quelque temps à l'air. Le premier fait prouve que dans l'atmosphère il y a toujours de la vapeur d'eau; le second y démontre la présence constante du gaz acide carbonique.
Mais, si la présence de la vapeur aqueuse et de l'acide carbonique est constante dans l'air, leurs proportions varient beaucoup. L'air est plus ou moins humide, selon les circonstances : plus il sera chaud, plus il contiendra de vapeur ; si bien que, pendant l'hiver, une masse d'air peut en être saturée et en contenir beaucoup moins qu'une pareille masse pendant Tété, quand même cette dernière serait encore loin de son point de saturation. Pour Tacide carbonique, il ne peut être question ni de saturation ni de température, puisque ce gaz ne s'y trouve jamais au delà de ïttttô; mais il n'en est pas moins sujet à des variations fréquentes, tant dans les lieux habités, dans les quartiers populeux des villes, que dans les campagnes et en plein air. Voilà pourquoi tous les expérimentateurs qui ont voulu déterminer les proportions rigoureuses de l'oxygène et de l'azote dans l'air se sont toujours préoccupés d'éliminer l'humidité et l'acîde carbonique, ou du moins de tenir compte de leurs proportions relatives.
Nous savons par quels moyens on peut saisir au passage le gaz acide carbonique et la vapeur aqueuse qui accompagnent toujours l'air atmosphérique; nous allons voir de quelle manière on peut doser l'une et l'autre. Le flacon F [fig, 46), que nous appellerons flacon aspirateur, est rempli d'eau et communique avec les tubes a, 6, c, rf, e, f. Ces tubes contiennent de la pierre ponce grossièrement concassée ; cette substance est imbibée d'acide sulfurique dans les deux premiers et les deux derniers tubes a, 6, e, f, et d'une dissolution de potasse dans les deux tubes du milieu c, d. Le tube à angle droit t sort de la pièce où l'on fait l'expérience et va puiser l'air que l'on veut examiner. A la tubulure S' est adapté le tube qui met en communication le flacon aspirateur F avec la série des tubes à pierre ponce ; à la tubulure r" sont ajustés un thermomètre et un tube de dégagement. Au-dessous du robinet r se trouve un vase jaugé V, dont la capacité est connue jusqu'au trait 0. Si l'on ferme les robinets r", r"', et si l'on ouvre les robinets r', r, l'eau passe de l'aspirateur F dans le vase V, et autant il s'en écoule, autant il entre d'air; de façon que, lorsque l'eau aura atteint le trait 0, que nous supposerons marquer 10 litres, le même