VII* LEGOK» — ACIDE AZOTIQUE
Pour décomposer tine molécule d'aïotalede soude, une séulo raoklcule d'îidde sulfurique suffira it théot'iqtiementj mais dans |(ï fiiîLonen met. deux, car, fauto de tel excédant, la décomposition de 1 azotate ne serait pas complète, et le produit cLercbé serait moindre qu'il ne doit Hrc. L'allonge en verre A permet de suivre la marche de l'opération, puisque des \apeurî> rutilantes^ visibles à travers les parois, ea signalent le comjaencemenl et la fin. Ce phénomène tient h ce que ley premières porlions d aride azotique reneontrcJit une grande quantité diacide sulfurique qui les déconipost?, et que les dernières i^otit à leur tour décomposées par la elialcur^ plus intense vers la fin qu'au commencement de l'opt^ration. 11 est facile du reste de vériBer lu fait en distillant dans une cornue en verre, ajustée à un ballou, un mélange de 100 parties de salpûtre et de \)1 parties d'acide sulfurique ordinaire (fig 1^0), ainsi qu'on le pratique dans
les laboratoires quand on prépare l'aeide azotique sur une petite échelle.
9± Purificatîoa de Tacide azotique du commerce. — Par ces procédés, ou no peut obtenir qu*un aride corieentre ; celui qui se débite dans le commerce l'est moins et ne marque que 36" à l'aréomijtre ; cela est dû premièrement à ce que l'on se sert d'ai ide sulfurique marquant 60" au lieu de (î6 ; secondement a ce qu'on met un peu d'eau dans les bonbonnes. Puisque le commerce approvisionue d'acide nitrique les laboratoires des cbimîsles, et que d'ailleurs Tacide commun n'est ni concentre ni puFj il importe de connaître les moyens de l'avoû- à son maïî-
VIl^ LEÇON. — PROPRIÉTÉSDEL»ACIDE AZOTIQUE. J33
mum de densité et de pureté. Les substances étrangères que l'on trouve dans l'acide azotique du commerce sont des quantités fort petites d'acide sulfurique, d'acide chlorhydrique (les azotates ijaturels renfermant toujours des chlorures), et des vapeurs nitreuses. Voici comment on les sépare : on verse dans l'acide un peu d'azotate de plomb, et puis on distille en ayant soin de rejeter les premières et les dernières portions. (Payen.)
M. Barreswil, pour éliminer Tiode qui accompagne presque toujours l'azotate de soude du Pérou, et que les procédés directs n'éliminent pas, le laissant passer dans l'acide azotique, arrose l'azotate alcalin avec — d'acide azotique ordinaire, et chauffe modérément la masse jusqu'à ce qu'elle soit sèche. L'iode s'en va sous la forme de vapeur.
Pour concentrer l'acide déjà purifié, on commence par en distiller un tier§, en mettant de l'éponge de platine dans la cornue, afin que la distillation se fasse sans soubresauts. Le résidu est mêlé à son volume , d'acide sulfurique et distillé à son tour. Toute la portion du liquide qui distille avant que la température du mélange soit arrivée à 90°, est de l'acide azotique à son maximum de concentration dont la densité est de 1,52; ce qui distille à 123° (et c'est la majeure partie) a une densité de 1,42. HO,AzO* représente la composition du premier, HO,AzO''4- 3aq, celle du second. L'un renferme une molécule d'eau que les oxydes métalliques seuls peuvent déplacer, l'autre en renferme quatre, dont trois (26 p. 0/0) peuvent lui être enlevées sans que sa nature s'altère.
93. Propriétés de Tacide azotique normaL — Récemment préparé, l'acide azotique est incolore ; il devient jaunâtre avec le temps, car la lumière le décompose très-légèrement en oxygène et en vapeurs rouges; il répand des fumées; ce qui prouve qu'il est avide d'eau : en effet, il s'échauffe quand on le môle à une certaine quantité de ce liquide. Il se congèle à — 55°, bout à 86% et n'est pas très-stable, car il suffit de le distiller plusieurs fois, pour qu'il se décompose en oxygène et en vapeurs rouges : si on le fait passer à travers un tube de porcelaine chauffé au rouge obscur, il subit le môme genre d'altération ; il se résout en oxygène, azote et eau si le tube est chauffé jusqu'au blanc. Il désorganise facilement les tissus organiques, en commençant par les jaunir, propriété dont on se sert pour colorer en jaune les foulards et les lisières des draps teints en pièce.
byGot)gle
134 Ylï' LEÇON, — PROPRIÉTÉS DE L'ACIDE AZOT.
Tûusî les mctalloidesj le bmnu', le chlore el puobabloiiient le fluor eïccpléi^j dL^cumpusenl l'acide azotique, fit s'emparent d'une partie de ison o\ygàno, A t'état naissant, l'hydrofjrènc nonseulemcnl enlève tout Toxygi^ne à T acide nitriquDj niais il &e combine avecrazote réduit et donne naissance à de F amnion laque, corps composé d'azote et d'hydrogène. Aussij quand on introduit dans un appareil ou se dégage de l'hydrogène un cristal d'azotate de potasse (salpêtre), îe dégagement du gaz^'arrâte^ et ne reparait qu'aprùs la transformation complète de Tacide du sel en ammoniaque. Si Ton chau fie dans un matras un mélange d'arsenic en poudre et diacide azotique^ un dégagenient de vapeurs rouges se manifeste, ce qui pmuve que le métalloïde s'osyde aux dépens d'une partie de Voxygène de l'acide, et que c<duî-cî est ramené à un état inférieur d'oxydalion, Le soufre, le sélénium, le tellurcj le phosphore et le charliou se comportent de la mémo manière-
L'action de l'acide azotique sur les métaux varie suivant le degré de concenhation de l'acide. Le fer^ mis en contact avec de l'acide azotique ayant une densité inférieure k lj4N, est attaqué Tiolemmentj tandis q\ic non-seulement il résiste et conserve même son poli, s'il est plongé dans de Tacidc azotique dont la densité serait Jji8, mais il a<'quiert la propriété extraordinaire et non encore bien expliquée de devenir pa^si/i c'est -a- dire de ne plus être attaqué parle même acide à densité inférieure^qui l'avait déjà attaqué auparavant.
Le cuivre n'est pas attaqué à la température de ïîO^parl'a' cide azotique très-étendu, dont la d<'nsité serait \filO; mais Tattaque aura lieu si l'on y verse quelques gouttes d'une dissolution concentrée d'azotite de potasse, tien est de même de l'argent et du mercure qui ne sont erUamés par Tacide azotique ETune densité inférieure à 1,4^ que ^i l'on élève la température, ou si l'on fait intervenir Tazotite de potasse.
C'est le contraire pour le bismuth et l'étaiHj qui sont éuergîquemejit oxydes pat' les acides à. densité faible, et non piir les acides à densité élevée.
Voici une série de densités de l'acide azotique déterminées k -\- i S^j avec l'indication des centièmes d'acide anhydre auxquels elles correspondent (Kor.DE) ;
VII® LEÇON. — ACIDE AZOTIQUE ANHYDRE. laS
TABLEAU DES DENSITÉS DE l' ACIDE AZOTIQUE ET DES NOMBRES CORRESPONDANTS DE CENTIÈMES d'aCIDE ANHYDRE (KoLBE).
DIISITi i 450. CIXTIUES
d'acide inbjdre.
BERSITE i 15o.
CIKTlIUS d'aeide ankjdri.
03 bis. Constatation de la présence d'une petite quantité d'acide azotique dans unliifuide. — On yerse goutte à goutte le liquide azotique dans une dissolution concentrée de sulfate de protoxyde de fer rendue notablement acide par Tacide sulfurique. Cette solution doit devenir immédiatement brune, mais, en la chaufCant, elle doit se décolorer et dégager des vapeurs rutilantes. Pour que cette expérience ne soit pas trompeuse, il importe que le liquide azotique ne contienne pas de substances organiques, ni d'iodures, ni de bromures.
94. Usagées de l'acide azotique. — L'acide azotique est tïès-employé dans les laboratoires et dans llndustrie comme oxydant. Il sert à la fabrication de Tacide sulfurique, du cotonpoudre, de la dexlrine et de Tacide oxalique. Les teinturiers, les graveurs sur cuivre et sur acier, et les essayeur^n font également une grande consommation.
95. Acide azotique anhydre. — Nous avons dit que l'acide azotique normal ne peut abandonner les éléments de l'eau qu'à condition d'entrer en combinaison avec un oxyde métallique; cependant on peut obtenir de l'acide azotique anhydre (AzO*) en beaux prismes droits à base rhombe, fusible à 29^,5 et dont le point d'ébullition est à 48° ou SO». M. H. Deville est parvenu à préparer ce produit en faisant agir du chlore sec sur de l'azotate d'argent, mais son instabilité est très-grande, et il est difficile de le conserver môme dans des tubes de verre scellés à la lampe.
\I1* LEÇON. — HYPOAZOTIDE.