HYDRATE DE POTASSIUM OU POTASSE CAUSTIQUE KIIO
Pour préparer ce corps import, nt, on fait bouillir 1 partie do carbonate de potassium avec 12 parties d'eau, et l'on ajoute peu à peu à la liqueur bouillante un lait de chaux, c'est-à-dire de la chaux éteinte, délayée dans l'eau. La chaux s'empare de l'acide carbonique pour former du carbonate insoluble, et la potasse reste en dissolution. La décomposition terminée, on laisse reposer la liqueur, puis on la tire à clair et on l'évaporé rapidement. On fond le résidu dans une bassine en argent, et on le coule soit sur des tables
lie pierre, soit dans des moules métalliques qu'on nomme lin- (joiières. [fig. 97).
Ce produit porte le nom de potasse à la chaux. Il est impur. On le débarrasse de la chaux et des sels de potassium qu'il peut «enfermer, notamment du carbonate qui se forme de nouveau
pendant l'évaporation, en le traitant par l'alcool qui dissout la priasse. On décante la solution alcoolique, et, après avoir chassé l'alcool par la distillation, on évapore à siccité dans une bassine en argent et on fond le résidu. On obtient ainsi la potasse à Valcool.
La potasse caustique récemment fondue se présente en fragments blancs, opaques, à cassure fibreuse, présentant une densité de '2,1. Elle fond au rouge et se volatilise au rouge blanc; elle n'est point décomposée par la chaleur. Exposée au contact de l'air, elle en attire l'humidité et l'acide carbonique, et tombe en déliquescence. Elle est trés-soluble dans l'eau et s'y dissout avec dégagement de chaleur. On connaît un hydrate KHO + 2H-0 qui se dépose en rhomboèdres aigus du sein d'une solution chaude et très-concentrée.
L'hydrate de potassium est décomposé au rouge blanc par le fer: il se forme un oxyde de fer et il se dégage de l'hydrogène et du potassium en vapeur.
Sur cette réaction purement chimique, Gay-Lussac et Thenard ont fondé autrefois un procédé de préparation de potassium. Jusque-là ce métal n'avait été obtenu par H. Davy qu'en petit quantité, par l'électrolyse de l'hydrate de potassium.
La potasse possède une causticité extrême. Mise en contact avec la peau, elle la ramollit et la détruit. C'est sur cette propriété que se fonde son emploi en chirurgie, comme pierre à cautère. La potasse manifeste au plus haut degré les propriétés d'un alcali : solulubilité dans l'eau, pouvoir de neutraliser les acides et de décomposer un grand nombre de solutions métalliques, action corrosive sur les tissus. Cette alcalinité se manifeste par l'action que les solutions les plus faibles de potasse exercent sur le sirop de violette qu'elles verdissent, ou sur la teinture de tournesol rougie par les acides, qu'elles ramènent au bleu.