‹ Leçons élémentaires de chimie moderneChapitre 19 sur 386 · EU · texte numérisé non relu

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L'eau et la glace elle-njême émettent coniinuellement des vapeurs invisililes qui s6 mêlent à l'air et s'y dissolvent en quelque sorte. Cette vaporisation est d'autant plus active que la température s'élève davantage.

Fig. 30.

On dit que l'air est salure de vapeur à une température donnée lorsqu'il refuse d'en dissoudre une plus grande quantité à cette température. Dès que, dans ces conditions, la température s'abaisse, une portion de la vapeur se condense en gouttelettes très-fines, quj restent suspendues dans l'air sous forme de brouillard ou de vapeur visible.

L'eau entre en ébuliition lorsque sa vapeur a acquis une tension suffisante pour vaincre la pression atmosphérique. C'est à la température de l'ébullition de l'eau, sous la pression de 0'',76, que correspond le degré 100 de l'échelle thermométrique centigrade.

Propriétés chimiqaes. — L'eau se décompose partiellement lorsqu'on la porte aux températures les plus élevées que nous puissionsproduire. En coulant duplatine fondudans un mortier en fonte contenant de l'eau, M. Grove a observé un dégagement de bulles formées d'un mélange détonant d'hydrogène et d'oxygène. D'après M. H. Sainte-Claire Deville, la vapeur d'eau éprouve une décomposition partielle, qu'il nomme dissociation, lorsqu'on l'expose à une température comprise entre 1100 et 12U0°. Pour recueillir les gaz hydrogène et oxygène provenant de la vapeur décomposée, il est nécessaire de les séparer l'un de l'autre avant qu'ils aient atteint une partie de l'appareil où la température, moins élevée, leur permettrait de se combiner de nouveau. A cet effet, M. H. Deville dirige le courant de vapeur d'eau à travers un tube de terre poreux a, entouré d'un tube de porcelaine imperméable b, qu'il porte au rouge blanc dans un fourneau alimenté par des charbons très-denses. Dans l'efr-

pace annulaire compris entre les deux tubes, il dirige un courant de gaz carbonique par le tube c. La vapeur d'eau dissociée par la chaleur fournit de l'hydrogène et de l'oxygène ; mais ces deux gaz se se-

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parent l'un de l'autre : l'hydrogène, plus diflusible (p. 47), traverse en plus grande quantité que l'oxygène le tube de terre poreux. Ouanl à l'oxygène, il se dégage par le tube intérieur, où est appelée aussi une portion de l'acide carbonique. Les gaz qui se dégagent pat les lieux tubes étant recueillis dans une éprouvette remplie de potasse taustique, l'acide carbonique est absorbé et il reste du gnz tonnant.

Le courant de la pile décompose l'eau (p. 08).

Elle est décomposée de même par un grand nombre de corps simples, métalloïdes ou métaux, qui s'emparent de l'un ou de l'autre dises éléments. Ainsi le chlore la décompose à la chaleur rouge; il st porle sur l'hydrogène pour former de l'acide chlorhydrique, et met l'oxygène en liberté. Un certain nombre de métaux, au contrahe. décomposent l'eau en mettant Ihydrogène en liberté.

Nous savons que le fer décompose l'eau à la température rouge, en s'emparant de l'oxygène, et en dégageant de l'hydrogène ; que le potassium, le sodium produisent cet efl'et à la température ordinaire (p. 45).

Un grand nombre de corps composés s'emparent des éléments de l'eau et sont décomposés par elle. Tels sont les chlorures de phosphore, d'antimoine. Dans ces réactions, que nous étudierons plus

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tard, lliydrogéne de l'eau décomposée se porte sur le clilore, l'oxygène sur l'autre corps.

Nous avons déjà fait connnaitre l'action que l'eau exerce sur les acides anhydres ou anhydrides et sur les oxydes (p. 58). Elle sy combine pour former des acides hydratés et des hydrates métalHques.

Quelques-unes de ces réactions méritent d'être exposées de nouveau. 11 convient surtout de bien préciser le rôle de l'eau qui y prend part.

Lorsque l'oxyde de potassium anhydre s'hydrate pour former de la potasse caustique, cette réaction s'accomplit en vertu d'une double décomposition qu'on p<ut exprimer par l'équation suivante :

10 KJO + Si» = S|0 + kI»

Oiyde Eau. Hydrate Hydrate

de potassium. de potastium. de potassium.

On le voit, l'oxyde de potassium et l'eau se convertissent tous deu.x en hydrate de potassium ou potasse caustique par l'échange de 1 atome de potassium contre 1 atome d'hydrogène. L'hydrate de potassium dérive, en quelque sorte, de l'eau par la substitution de 1 atome de potassium à 1 atome d"hydrogène. Et l'on sait que cette substitution s'effectue directement lorsque le potassium décompose l'eau.

Le potassium convertit donc l'eau en hydrate de potassium en lui faisant perdre la moitié de son hydrogène, et l'hydrate de potassium représente une sorte d'eau potassée. A son tour il peut perdre l'atome d'hydrogène qui lui reste : lorsqu'on le chauffe avec du potassium, cet hydrogène se dégage et il se forme de l'oxyde de potassium anhydre.

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