‹ Leçons élémentaires de chimie moderneChapitre 193 sur 386 · ARGENT · texte numérisé non relu

ARGENT

Ag = 1U8

État naturel. — Ce métal .se rencontre à l'état natif, et à l'étal de combinaison dans une foule de minéraux.

Parmi ces combinaisons, nous citerons : le sulfure (argyrose). les sulfo-antimoniures et les sulfo-arséniures, l'antimoniure, le chlorure, le bromure, l'iodure, le séléniure, le tellurure, enfin l'amalgame d'argent.

L'argent se trouve en petite quantité dans une foule de galènes et de pyrites cuivreuses.

Traitement des minerais d'argent. — Pour extraire l'arigent des galènes, on commence par traiter celles-ci pour plomb |(p. 585). Le plomb argentifère (plomb d'œuvre) ainsi obtenu est iensuite soumis à la coupellation (p. 584).

Les minerais d'argent exempts de plomb sont traités par une ^méthode particulière dite d'amalcjamation, puisqu'elle repose suril'emploidu mercure métallique qui dissout l'argent : il se forme un iamalgame d'argent qu'on décompose par la chaleur.

On emploie plusieurs procédés pour la chloruration et Talmaga- ;mation de l'argent. L'un est usité à Freiberg en Saxe, l'autre en sAraérique.

i; Procédé d'amalgamation de Freiberg. Le minerai de Freiberg, assez pauvre aujourd'hui, ne renferme que deux à trois millièmes d'argent, à l'état de sulfure, disséminé dans des pyrites mêlées de pyrites cuivreuses. Le minerai pulvérisé est mêlé avec 1/10 de son poids de sel marin et grillé dans un four à réverbère. Les sulfures sont oxydés avec dégagement de gaz sulfureux et formation de sulfates. Ces derniers réagissant sur le chlorure de sodium, il se

forme du sulfate de sodium et des chlorures métalli |ues : toul l'argent se trouve ainsi converti en chlorure. Le produit du grillage est réduit en poudre, lavé et introduit avec de l'eau et du fer {fig. \\Q), dans des tonnes dites d'amalgamation, qui sont mises en mouvement par une roue hydraulique. Quand le mélange est bien •lomogéne, on ajoute du mercure : celui-ci dissout l'argent mis en liberté par l'action du fer sur le chlorure d'ai-^\int ; il s'empare aussi d'une petite quantité de cuivre formé par la réduction du chlorure cuivreux. Les tonneaux ayant tourné pendant un certain nombre d'heures, on recueille l'amalgame et on l'introduit dans des poches en coutil que l'on comprime et au travers desquelles passe

Fig. 116.

Fig. 117

l'excès de mercure, allié à une très-petite quantité de métaux étrangers, tandis qu'un amalgame pâteux d'argent et de cuivre reste dans les poches. On place cet amalgame sur des coupes de fer bb, enfilées dans une tige de fer qui surmonte un trépied a [fig. 147) Ce dernier est placé dans une cuvette en fonte remplie d'eau. Le tout est recouvert d'une cloche en fonte qui plonge dans la cuvette, et dont la partie supérieure est entourée de charbons : le mercure se volatilise et va se condenser dans l'eau froide, il reste sur les coupes un alliage d'argent et de cuivre qui renferme environ 'IS p. 100 de ce dernier métal, ainsi que de petites quantités de plomb, d'antimoine, etc. On le purifie, soit par coupellation. soil par affinage.

AnnENT. 41D

La coupellalion consiste à Tondre l'argent impur avec du plomb, >pération que nous avons décrite à la page 584. L'affinage s'exécute în fondant l'argent dans une calotte hémisphérique en fonte, revê- ;ue intérieurement d'une couche épaisse de marne et de cendres le bois. C'est une coupelle poreuse, où se trouve placé le métal bndu, et qui absorbe les oxydes formés par l'action de l'air sur le îlomb et le cuivre alliés à l'argent. Celui-ci finit par rester pur lans la coupelle.

Procédé d'amalgamation américain. Le minerai d'argent que l'on ixploite au Mexique consiste en sulfo-arséniure et sulfo-antimo- (liure d'argent, mêlé à du chlorure et à de l'argent natif, le tout lisséminé dans de la silice, du carbonate calcaire et de l'oxyde ferrique. Ce minerai finement pulvérisé est mêlé avec 2 à pour 100 le sel marin et disposé dans une aire circulaire, pavée de dalles. Le mélange ayant été piétiné pendant quelques heures par des mules, et rendu ainsi homogène, est additionné d'environ 1 pour 100 ie magistral. On nomme ainsi de la pyrite cuivreuse grillée à l'air et renfermant du sulfate de cuivre. Ce sel, réagissant sur le chlorure de sodium, forme du sulfate de sodium et du chlorure cuivrique, lequel décompose le sulfure d'argent, avec formation de chlorure d'argent et de sulfure de cuivre. On ajoute alors du mercure qui réduit le chlorure d'argent : il se lorme du chlorure de mercure et de l'argent métallique. La masse étant continuellement pié tinée, le mercure est mis en contact avec l'argent disséminé et Iraraalgame ainsi formé finit par se solidifier au bout d'une quinzaine de jours. On fait alors une seconde, puis une troisième addition de mercure, jusqu'à ce qu'on ait employé 7 à 8 parties de ce métal pour 1 partie d'argent à extraire. L'opération étant terminée au bout de quelques mois, on lave à grande eau pour entraîner les parties terreuses et sahnes. L'amalgame reste. Pour en retirer l'argent, on le soumet à l'action de la chaleur.

Propriétés de l'argent. — L'argent est le plus blanc et le plus brillant de tous les métau.v usuels. Après l'or, c'est aussi le plus malléable et le plus ductile (voir p. 245). Sa densité est =z 10,5.

Il fond vers 1000°. Fondu, il possède la singulière propriété de dissoudre l'oxygène, dont il absorbe environ 22 fois son volume. En se solidifiant, il le laisse dégager de nouveau. .4. la très-haute température du chalumeau oxhydrique, il se volatise.

L'argent est inaltérable à l'air.

Il absorbe l'ozone pour se convertir enbioxyde Ag*0*. Il se combine aussi directement avec l'eau oxygénée pour former des hydrates argonleux et argentique. (Wellzien.)

Il déci mpose l'acide iodhydrique en solution concentrée avec dégagement d'hydrogène et avec formation d'iodure d'argent. (Deville.)

L'acide chlorhydrique ne l'attaque que superficiellement. L'acide sulfhydrique le noircit en formant une couche de sulfure d'argent. Son vrai dissolvant est l'acide azotique, qui l'attaque à froid, et donne de l'azotate d'argent, en même temps qu'il se dégage des vapeurs rouges.

Les alcalis sont sans action sur l'argent. Aussi se sert-on de vases d'argent pour fondre la potasse ou pour en évaporer les solutions.

OXYDE D'ARGEM.

AgK)

Parmi les oxydes d'argent, nous ne décrirons que le protoxyde, qui se précipite à l'élat anhydre, lorsqu'on ajoute de la potasse exempte de chlorure à une solution d'azotate d'argent.

C'est un dépôt floconneux brun olive, qui forme une poudre brune, après dessiccation.

I. 'oxyde d'argent se décompose très-facilement par la chaleur en argent et en oxygène. Il est réduit par l'hydrogène, au-dessous de 100°. Récemment précipité, il est un peu soluble dans l'eau. C'est une base énergique qui neutralise parfaitement les acides et qui déplace l'oxyde de cuivre de ses sels.

Lorsqu'on fait digérer l'oxyde d'argent avec l'ammoniaque, on le convertit en une poudre noire, trés-explosive, qui est connue sous le nom d'argent fulminant. Sa composition n'est pas encore bien connue.

Page 1