PLATINE
Pi = 197,5
État naturel et traitement des minerais de platine. —
Le platine se rencontre dans la nature à l'état natif, le plus sou-
vent dans des sables d'alluvion. Ses principaux gisements sont situés dans les monts Ourals, au Brésil et dans la Nouvelle-Grenade. Les minerais de platine, extraits des sables par des lavages, renferment, indépendamment de 75 à 86 p. 100 de ce métal, divers autres métaux tels que l'iridium, le palladium, le rhodium, l'osmium, le ruthénium,l'or, le fer, le cuivre -, un alliage, l'osmiure d'iridium, etdivers minéraux tels que le fer titane, le fer chromé, les pyrites, etc. Pour en retirer le platine, on le débarrasse, par des lavages, du sable, et on le traite par l'eau régale étendue, qui enlève l'or, le fer et le cuivre ; puis on la chauffe avec l'acide chlorhydrique concentré en ajoutant peu à peu de l'acide azotique. L'eau régaie formée dissout le platine et quelques-uns des métaux qui l'accompagnent, et laisse l'osmiure d'iridium. La solution, préalablement neutralisée par le carbonate sodique, est traitée par une solution de cyanure de mercure : il se précipite du cyanure de palladium. La liqueur filtrée étant additionnée d'une solution de chlorure d'ammonium, il se forme un abondant précipité jaune cristallin, chlorure double d'ammonium et de platine, auquel est mélangée ordinairement une petite quantité de chloruredoubled'ammonium et d'iridium. Calciné au rouge sombre, ce précipité laisse un résidu gris terne, poreux ; c'est Véponge de platine. Elle renferme une petite quantité d'iridium.
Pour donner de la cohérence à l'éponge de platine' et la convertir en un métal malléable et ductile, on opère comme il suit: on réduit en poussière l'éponge de platine dans des mortiers en bois, où on la triture avec de l'eau, de manière à la transformer en une pâte d'une homogénéité parfaite. On introduit cette pâte dans un cylindre en laiton ou en fer, légèrement conique, et on la comprime d'abord avec un piston en bois, puis avec un piston en acier. On achève la compression en soumettant à la presse la masse déjà cohérente; ensuite on la chauffe au rouge blanc et on la forge sous le marteau, comme on fait pour le fer.
Dans ces derniers temps, MM. H. Sainte-Claire Deville et Debray ont proposé d'extraire le platine par la simple fusion du rainerai. Ds ont effectué cette fusion dans une excavation lenticulaire, pratiquée dans deux grands morceaux de chaux vive superposée. Dans ce fourneau, on dirige un courant de gaz de l'éclairage, dont la combustion est alimentée par l'oxygèue.
Propriétés du platine. — Le platine est doué d'un éclat bUnc i^risàtre. Il ne fond qu'aux plus hautes tenapératures qu'on puisse
CHLORURES DE PLATLNE. ^'A
produire. La densité du môtal fondu est égale à 21,i; celle du métal forgé est de 21,5. Chauffé au rouge blanc, il se ramollit et se laisse forger et souder comme le fer.
Il résulte des expériences de MM. H. Deville et Troost qu'un tube de platine chauffé au rouge laisse passer Ihydrogène à travers ses pores.
Le platine possède la propriélé curieuse de condenser les gaz à sa surface, et cette propriété est la cause de certains phénomènes chimiques qu'on a attribués au simple contact du métal.
Expérience. Dans une petite éprouvette remplie de gaz tonnant, j'introduis un morceau d'épongé de platine : les gaz oxygène et hydrogène se combinent à l'instant même avec explosion.
La propriété dont il s'agit est très-développée dans le noir de platine. Sous cette forme, le métal présente un degré de division extrême. Pour préparer le noir de platine, on réduit une solution de tétrachlorure de platine par le zinc. On peut aussi faire bouillir le bichlorure de platine avec de la potasse caustique et introduire, par petites portions, dans la liqueur agitée sans cesse, de l'alcool ou de l'eau sucrée. Le platine se précipite sous forme d'une poudre noire.
Le platine est inaltérable à l'air. Il n'est pas attaqué par les acides azotique, chlorhydrique, sulfurique, même bouillants. 11 se dissout dans l'eau régale. Les alcalis l'attaquent à une haute température au contact de l'air. Il en est de même des azotates alcalins.
On connaît deux oxydes de platine, un protoxyde PlO et un bioxyde PtO*.