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Telles sont les eaux sulfia-euses qui absorbent de l'oxygène, comme nous le verrons plus loin. Celles qui renferment de l'acide carbonique libre en laissent dégager une partie, et il arrive souvent qu'une portion des carbonates tenus en solution à la faveur d'un excès d'acide carbonique devient insoluble et se dépose par suite de ce dégagement. C'est là la principale cause des dépôts qui se forment dans les bassins de réception d'un grand nombre d'eaux minérales ou dans les conduits quiserventàleur écoulement. Tantôt floconneux ou pulvérulents et se rassemblant à l'état de boues, lantôt agrégés sous forme de concrétions ou de travertins, ces dépôts offrent une constitution très-variable. Lescarbonates calci(}ueet magnésien, l'hydrate ferrique, l'alumine, la silice, voilà les matériaux les plus ordinaires de ces dépôts. On y rencontre quelquefois de l'arsenic, divers oxydes métalliques et, en général, des matériaux qu'on aurait de la peine à isoler de l'eau elle-même et qui se concentrent en quelque sorte dans les dépôts. Ainsi, on trouve plus facilement l'arsenic dans les dépôts ocreux qui se forment autour d'une source ferrugineuse que dans l'eau elle-même. Ajoutons que les boues de Saint-Amand (département du Nord) renferment une proportion notable de soufre.
Eaux acidulés. — Le gaz carl.onique libre en est l'élément caractéristique et prédominant. Il s'y est dissous dans les profondeurs du sol, à une pression supérieun», à celle de l'atmosphère. De' là vient qu'elles en perdent une partie au moment de l'émergence. Il en résulte une effervescence ou un dégagement de bulles qui dure plus plus ou moins longtemps. Les e.'.ux acidulés ou gazeuses sont froides Leur saveur aigrelette, au moment de l'émergence, est souvent remplacée par une saveur légèrement saline, ou même alcaline, lorsque la plus grande partie de l'acide carbonique s'est dégagée. En effet, les eaux gazeuses naturelles ne représentent jamais une solution d'acide carbonique dans l'eau pure. Elles renferment toujours une petite quantité de matières salines, principalement des carbonates sodique, calcique, magnésien et même des traces de chlorures et de sulfates. Telle est la composition des célèbres eaux de Sellz ou Niederselters (ancien duché de Nassaaj, de Condillac (Drôme), de Soulzmatt (Uaut-Rhin), très- recherchées comme eaux de table.
Eaux alcalines. — Ces eaux possèdent une réaction alcaline, soit immédiatement au moment de l'émergence, soit après le dégagement du gaz carbonique libre. Cette réaction alcaline peut être due quelquefois à un silicate alcalin (Plombières), plus souvent à un carbo-
nale alcalin. C'est le carbonate monosodique CO'NaH, vulgairement ;ippelé bicarbonate de soude, qui existe dans la plupart de ces eaux, en même temps qu'un excès de gaz carbonique. L'eau de Vichy renferme, par litre, environ 5 grammes de ce sel. Les eaux de Cussel. Ilauterive, Vais, sont des eaux alcalines. Celle d'Ems (ancien duché lie Nassau) se rapproche par sa composition de celle de Vichy ; mais elle est moins riche en bicarbonate alcalin (2 grammes environ par litre) et renferme plus de chlorure de sodium (l gramme par litre).
Eaux ferruginelses. — Presque toutes les eaux renferment des traces de fer en dissolution. On donne le nom de ferrugineuses a celles qui en contiennent assez pour acquérir une saveur atramentaire et des propriétés thérapeutiques spéciales. Le fer est contenu dans ces eaux sous trois états différents :
1* A l'état de carbonate ferreux dissous à la faveur d'un excès d'acide carbonique .
2° De crénate ferreux. Berzehus a donné le nom d'acides crénique et apocrénique à deux corps qu'il rattache à ces acides particuliers qui existent dans le terreau ou dans l'humus, et qu'on désigne suus les noms d'acides ulmique, humique, géique. Le crénate ferreux est soluble dans l'eau. Sa constitution n'est pas connue.
3° De sulfate ferreux.
En conséquence, on distingue les eaux ferrugineuses en :
Carbonatées (Orezza, en Corse ; Rippoldsau, dans le grand-duché de Bade ; Schwalbach, dans l'ancien duché de Nassau -, Spa, Pyrraonl, en Belgique) ;
Crénatées (Bussang, Vosges; Forges, Seine-Inférieure);
Sulfatées (Passy-Paris).
Dans ces eaux, les sels ferreux nci sont jamais contenus en proportion notable. Beaucoup d'entre elles et de très-efficaces n'en renferment pas plus de 4 à 5 centigrammes par litre. Exposées au contact de l'air, les eaux ferrugineuses carbonatées perdent la plus grande partie de leur acide carbonique. De là un dépôt de carbonate ferreux qui, en absorbant de l'oxygène, perd lui-même de l'acide carbonique et finit par se transformer en hydraie ferrique brun. Tel est le mode de formation et la nature des dépôts ocreux que l'on remarque autour du point d'émergence des sources ferrugineuses.
Eaux sali.nes. — On range dans la classe des eaux minérales salines un grand nombre d'eaux chargées de divers sels neutres, parmi lesquels on comprend aussi les chlorures, bromures et iodures. Ce
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301)1 généralement des sels de sodium, de magnésium et de calcium que l'on rencontre dans ces eaux. Selon la nature des principes qui y prédominent ou qui s'y montrent particulièrement actifs, on les a divisées en eaux chlorurées, eaux sullatées et eaux bromo-iodurées.
Eaux salines chlorurées. Les chlorures que l'on rencontre dans ces eaux sont ceux de sodium, de magnésium, de calcium. Le chlorure de sodium est de beaucoup le plus abondant et constitue un des éléments les plus communs des eaux minérales. Il leur communique une saveur salée, franche, exempte d'amertume. Un grand nombre de ces sources salées servent à l'exploitation du chlorure de sodium. Après l'évaporation de l'eau et le dépôt du sel, il reste une eau mère dans laquelle se concentrent divers matériaux moins abondanls, principalement les bromures et les iodures alcalins. La célèbre eau mère des salines de Kreuznach renferme une quantité notable de bromure et une petite proportion d'iodure alcalin.
L'eau de mer est une eau chlorurée. Tout le monde sait qu'elle renferme une quantité notable de chlorure de sodium (25 à 27 gr. pour 1000 gr.). Le sel marin y est accompagné par les chlorures de magnésium et de potassium, et par une quantité assez notable de sulfate de magnésie (6 à 7 gr. pour 1000).
Eaux salines sulfatées. Elles sont minéralisées par le sulfate de sodium, le sulfate magnésien ou le sulfate calcique. Parmi celles qui sont caractérisées par une forte proportion de sulfate de sodium, nous citerons celles de Carisbad, en Bohème, qui renferment aussi du bicarbonate et du chlorure de sodium.
Les eaux purgatives d'Epsom, en Angleterre, renferment du sulfate de magnésie. Il en est de même des eaux de Sediitz, de Saidschùtz et de Pullna en Bohème, qui renferment, indépendamment du sulfate de magnésium, du sulfate de sodium. Leur saveur est amére.
Eaux bromo-iodurées. Un grand nombre d'eaux minérales renferment une petite quantité de bromures ou d'iodures, indépendamment des chlorures qui y sont contenus généralement en quantités prépondérantes. Parmi ces eaux, nous citerons celles de Kreuznach. de Nauheim, de Challes. Les eaux de la mer Morte, qui sont si riches en chlorures de magnésium et de sodium, renferment 4«%5 de bromure de magnésium pour 1000 gr.
Eaux sulfureuses. — On désigne sous ce nom les eaux minéralisées par un sulfure soluble ou par le gaz sullhydrique. On les a divisées en eaux sulfureuses naturelles et en eaux sulfureuses acci-
ii LEÇONS DE CHIMIE MODEIlNE.
dentelles. Les premières renferment du sulfure de sodium. Elies sont généralement thermales et peu rirhes en matériaux solides. Les eaux si actives des Pyrénées ne renferment pas en dissolution plus de 2.5 à 55 centigrammes de matériaux solides par litre. La célèbre eau sulfureuse de Bagnères-de-Luchon, qui compte parmi les plus niches, ne renferme pas au delà de 7. s milligrammes de sulfure de sodium pour 1000 grammes. Elies laissent toutes dégager du gaz azote au point d'émergence.
Parmi les autres matériaux qu'elles renferment, il faut citer une matière organique azotée qui y est tenue en dissolution (barégine), ou qu'on y rencontre sous forme d'un dépôt gélnlineux (glairine). Il ne faut pas confondre avec cette matière une substance organisée, véritable conferve, qu'on désigne sous le nom de sulfuraire. Au contact de l'air, les eaux sulfureuses des Pyrénées s'altèrent en attirant l'oxygène, action qui donne lieu à la formation d'un hyposulfite ou quelquefois à un dépôt de soufre. On nomme eaux dégénérées celles qui ont subi cette oxydation d'une manière complète
Les eaux sulfureuses accidentelles sont celles qui se forment sur place, en quelque sorte, par la réduction des sulfates, et particulièrement du sulfate de calcium que renferment les eaux. Cette réduction s'accomplit par l'action des matières organiques qui imprègnent le sol, et dont les éléments combustibles, cnrbone et hydrogène, enlèvent l'oxygène des sulfates. C'est ainsi que se forme l'eau sulfureuse d'Enghien , aux portes de Paris