STRYCHNINE ET BRUCINE
Pelletier et Caventou ont découvert ces deux alcaloïdes dans divers produits végétaux provenant de plantes appartenant au genre Strychnos, telles que la noix vomique (semences du Strychnos Nux vomica), l'écorce de fausse angusture, qui provient du même Strychnos, la fève de Saint-Ignace (semences de YIgnatia amara), etc. Ces alcaloïdes, auxquels on a ajouté dans ces derniers temps Yigasurim (Desnoix), paraissent être combinés, dans les Strychnos, avec un acide peu connu que Pelletier et Cavenlou ont nonmié igasurique .
Strychnine, C"H-*Az-0- (Claus). — Préparation. Un la retire de la noix vomique par un procédé analogue à celui qui sert à l'extraction de la quinine. La strychnine brute qui se dépose en cristaux de la solution alcoolique est toujours mélangée de brucine. Pour séparer les deux alcaloïdes, on les convertit en azotates qu'on fait cristalliser. L'azotate de strychnine, moins soluble que celui de brucine, se dépose en aiguilles. La solutiou concentrée laisse dépo
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ser ensuite des cristaux plus volumineux d'azotate Je î)rucme. Pour isoler l'un et l'autre alcaloïdes, on précipite l'azotate correspondant par l'ammoniaque, et Ton dissout la base dans l'alcool boijillant, qui l'abandonne en cristaux par le refroidissement.
Propriétés. — La strychnine cristallise en octaèdres à base rectangle, quelquefois en prismes quadrilatères, terminés par des pyramides à quatre faces. Elle est incolore et sans odeur et d'une amertume excessive. Elle est insoluble dans l'eau et dans l'étlier et se dissout à peine dans l'alcool absolu. Elle se dissout aisément dans l'alcool ordinaire, dans le chloroforme et dans les huiles volatiles. La solution alcoolique dévie le plan de polarisation à gauche.
La strychnine est un des poisons les plus terribles que l'on connaisse. Elle provoque, à très petite dose, de violents accès de tétanos.
Bracine, C-^H^sAz-O* + 4H-0. — La brucine, que Ton sépare de la strychnine par le procédé que nous avons indiqué, cristallise, par l'évaporation lente de sa solution dans l'alcool faible, en prismes clinorhombiques, souvent assez volumineux. Ces cristaux, qui renferment 4 molécules d'eau, s'effleurissent rapidement à l'air. Presque insoluble dans l'eau, la brucine se dissout aisément dans l'alcool, très-peu dans l'éther. La solution alcoolique dévie le plan de polarisation à gauche.
Expérience. — J'arrose de la brucine avec de l'acide azotique. Elle se colore immédiatement en rouge de sang et laisse dégager, à une douce chaleur, du gaz carbonique et des vapeurs qui renferment de l'azoïile de méthyle. (Strecker.)