‹ Leçons élémentaires de chimie moderneChapitre 69 sur 386 · ANTIMOINE · texte numérisé non relu

ANTIMOINE

Sb = 122

Voici un corps qu'on a coutume de ranger parmi les métaux, I en possède, en effet, l'éclat, la conductibilité pour la chaleur et pour réleclridté ; mais ces propriétés physiques ne sauraient pré-

lOS LEÇONS DE CHIMIE MODERNE. ^

valoir, dans l'œuvre de la classification chimique, contre les analogies les plus évidentes. Par ses affinités, par la nature et la constitution de ses composés, l'antimoine prend place à côté de l'arsenic, qui se rattache lui-même au phosphore et à l'azote.

Extraction de l'antimoine. — Le minerai d'antimoine, qui est un sulfure, était connu des anciens. On en retire le métal par un procédé très-simple. On sépare préalablemniit le sulfure de sa gangue, par voie de fusion ; on le grille ensuite, c'est-à-dire qu'on le chauffe au contact de l'air. Le soufre se dégage en grande partie à l'état de gaz sulfureux, et l'antimoine se convertit en oxyde renfermant encore du sulfure non décomposé. On pulvérise le tout et on mêle la poudre avec du poussier de charbon imprégné de soude. Ce mélange étant calciné dans des creusets, l'oxyde d'antimoine est réduit par le charbon, ainsi qu'une portion du sulfure. En effet, par l'action combinée de l'oxyde de sodium et du charbon, sur ce sulfure, il se forme de l'antimoine et du sulfure de sodium, lequel, dissolvant une autre portion du sulfure d'antimoine, forme un flux qui surnage l'antimoine fondu ; celui-ci se prend, par le refroidissement, en un culot ou régule facile à séparer de la Scorie.

Un autre procédé d'extraction de l'antimoine consiste à fondre le sulfure avec du fer. Il se forme du sulfure de fer et de l'antimoine, qui se rassemble au fond des creusets en raison de sa densité plus grande.

Tour obtenir, dans les laboratoires, de l'antimoine parfaitement pur, il convient de réduire l'oxyde d'antimoine pur ou l'acide antiinonique parle ciiarbon.

Propriétés. — L'antimoine se présente sous forme d'un métal blanc, brillant, à l'eflets légèrement bleuâtres; il est cassant, et sa cassure est lamelleuse. Sa densité est égale à 6,715. Il fond vers 430°. 11 se vaporise sensiblement à la chaleur blanche.

L'antimoine peut cristalliser. En laissant refroidir lentement de grandes masses de ce métal et en décantant la partie demeurée liquide, on l'obtient quelquefois sous forme de petits rhomboèdres aigus.

Chauffé au contact de l'air, l'antimoine attire l'oxygène et se convertit en oxyde Sb^O^.

Expérience. — J'introduis un globule d'antimoine dans une petite cavité creusée dans un morceau de charbon, et je dirige sur ie métal le dard d'un chahnneau. Il rougit et répand des vapeurs t)lan-

COMBINAISONS DE L'ANTlMOi:-E AVEC LE ClII.OnE. 199

r -. si je projette le globule incandescent sur le sol, il se divise en une mullilude de globules plus petits, qui rebondissent dans Tiiir «Miiiue autant d'étincelles, dont chacune liisse derrière elle une traînée de Tunwe. L'^ualimoine brûle dans le clilore sec (p lio;

HYDROGÈNE ANTDlOm.

Il existe un hydrogène antimonié qu'on n'a pas encore obtenu à l'état de pureté, mais qui possède, selon toute apparence, la composition SblP. Comme son analogue, l'hydrogène arsénié, il se décompose par la chaleur; comme lui, il peut prendre naissance dans l'appareil de Marsh (p. 195), par l'action de l'hydrogène naissant sur une solution anlimonique. Comme lui, il donne, à l'aide de cet appareil, des taches et des anneaux qu'il importe de ne pas confondre avec ceux formés par l'arsenic. On les distingue aux caractères suivants :

Les anneaux d'antimoine ne se déplacent point lorsqu'on les chauffe dans un courant d'hydrogène : les anneaux d'arsenic se volatilisent.

Les taches et les anneaux d'antimoine ne se dissolvent point dans le chlorure de soude (liqueur de Labnrraque), qui dissout instantanément les taches et les anneaux d'arsenic

Les taches antimoniales se dissolvent facilement dans une goutte d'acide azotique. La liqueur laisse après l'évaporation un résidu blanc, qui ne se colore point lorsqu'on y dépose une goutte d'azotate d'argent. Dans les mêmes circonstances les taches arsenicales donnent un résidu blanc, qui, étant humecté avec une goutte d'azotate d'argent, se colore en rouge brique, par suite de la formation d'un arséniate d'argent.

Si l'on emploie un bâton d'antimoine comme électrode négative dans l'électrolyse de l'eau, le métal se charge fortement d'hydrogène. L'hydrure d'antimoine ainsi obtenu abandonne son hydrogène avec une sorte d'explosion lorsqu'on le chauffe.

COMPIN.USONS DE L'ANTIMOINE AVEC LE CHLORE. On en connaît deux, savoir:

Un trichlorure SliCl*

Un pcnUicliIorurc SI. Cl'

Trichlorure d'antimoine SbCf'. — Ce composé, anciennement connu sous le nom de beurre d'anlimoiiie, se forme par l'action de

l'acide chlorhydrique sur le sulfure d'antimoine (p. 90). On le prépare généralement, dans les laboratoires, à l'aide du résidu de la préparation de l'hydrogène sulfuré, liquide acide qu'on distille dans une cornue de verre munie d'un récipient. On change celui-ci dès que le chlorure d'antimoine, qui passe à la distillation, commence à se prendre en une masse cristalline dans le col du récipient.

Ce chlorure est solide, transparent, incolore. 11 fond 73°, 2 et bout à 230°. Il se dissout dans l'eau chargée d'acide chlorhydrique, en formant une solution incolore ; mais lorsqu'on ajoute de l'eau à cette liqueur, il se forme un abondant précipité blanc, connu depuis longtemps sous le nom de poudre d'Algaroth. C'est un oxychlorure dont la composition ne paraît pas constante. Il en existe un qui renferme SbOCl, et qu'on peut envisager comme du chlorure d'antimoine, dont 2 atomes de chlore ont été remplacés par \ alome d'oxygène.

SbCl» SbO.Cl

Clilorurd Oxychlortire

d'antimoine. d'antimoine,

(lihiorure d'antiinonyle.)

Il prend naissance par double décomposition, en vertu de la réaction suivante :

SbCP -j- ll«0 = 2HC1 4- SbOCl

Chlorure Oxychlorure

d'antimoine. d'antimoine.

Perchlornre d'antimoine SLCl^. — 11 se forme par l'action d'un excès de chlore sur l'antimoine ou sur le trichlorure. C'est un liquide jaune, qui répand à l'air d'épaisses fumées blanches. Il est volatil, mais on ne peut le distiller sans lui faire éprouver une décomposition partielle, en chlore et en trichlorure. Exposé à l'air, il en attire l'humidité et se convertit en une masse cristalline, qui est un perchlorure hydraté. Lorsqu'on y ajoute une grande quantité d'eau, il se décompose avec dégagement de chaleur, en formant de l'acide pyroantimonique et de l'acide chlorhydrique.

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