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ALLIAGES

Le plus souvent, il faut le dire, les alliages n'offrent pas les caractères de composés définis. Les métaux semblent s'allier cii toutes proportions, pour former des mélanges plus ou moins homogènes; mais ce n'est là qu'une apparence, et Ton doit admettre, dans un tel mélange , l'existence d'un ou de plusieurs composés définis, qui se sont dissous les uns dans les autres, ou qui restent mêlés à l'excès de l'un des métaux. Tout cela peut former une masse sensiblement homogène , surtout lorsque le mélange fondu a été en quelque sorte surpris par le refroidissement. Slais que ce dernier soit lent, il peut arriver que les composés définis les moins fusibles se séparent du liquide sous forme cristalline, prenant l'avance en quelque sorte sur les composés les plus fusibles qui demeurent encore liquides. Un tel départ se fait souvent dans les alliages fondus en grande masse et soumis à un refroidissement lent. On le nomme îiquation, et l'on conçoit que les alliages ainsi refroidis soient loin de présenter, après leur solidification définitive, une composition homogène.

Réciproquement lorsqu'on réchauffe lentement une masse formée par un mélange de métaux et d'alliages, le plus fusible peut prendre l'état liquide et se séparer avant les autres.

Ajoutons que, dans les arts, on tire parti de cette inégalité des points de fusion des divers composés définis qui peuvent exister dans un alhage.

Les alliages sont toujours plus fusibles que le plus fusible des métaux composants.

On connaît un alliage fusible entre 66° et 71°; il est formé de:

Cadmium Ià2 parties.

Étain i parties.

Plomb 4 parties.

Bismuth., j 7à8 parties.

C'est l'alliage de Wood. L'alliage fusible de d'Arcet e^l formf de:

Bismuth 8 parties.

Plomb 5 parties.

Étain 5 parties.

Il fond à 94°,5.

Le tableau suivant donne la composition des principaux al-

li.iges.

M LKIZ. 45

l'JO

jOr

Monnaie d'or française j Cuivre

jOr 750 à 920

Vaisselle et bijouterie d'or (Cuivre 250 à 80

( Arf^ent 900

Monnaie d'argent française (ancien") I j^y'^^j.g ■ lOO

,, , ( Argent "^^

(nouvelle). |(,^ji^j.g i6o

Vaisselle d'argent.

Bijoux d'argent..

1 Argent.

(Cuivre.

(Argent.

, Cuivre 95,5 à 95

Bronze monétaire et des médailles.. Étain 6 à i

(Zinc U,o a 1

Bronze de canon.

(Cuivre ^00

Étain 10

, , I Cuivre.

Métal des tamtams et des cymbales. J ^,j^-jj

j Cuivre .

(Étain. .

Métal des cloches. .

Métal des télescopes.

Bronze d'aluminiu-.n.

Chrj'socale

Laiton

(Cuivre *>'

(Étain 55

j Cuivre 90 à 95

' j Aluminium 10 à 5

j Cuivre.

(Cuivre.

MaiUcchort

Caractères d'imprimerie.

Métal anglais

Vaisselle et robinets d'élain..

Mi-sures pour les liquides. . .

6oudui-e des plombiers. . . •

I Cuivre

, (Zinc

iNickel

(Plomb 80

■ I Antimoine 20

(Étain 100

j Antimoine <- . 8

' j Bismuth > • 1

' Cuivre ' • ■*

(Étain • 92

• (Plomb 8

(Etain. .

I Plomb.,

(Étain. .

(Plomb.

Formation des o.-vydes. — Les métaux attirent l'oxygène avec une énergie très-inégale. Exposés à l'air, un grand nombre d'entre ,^ux s'oxydent à une température plus ou moins élevée. Il importe çle distinguer, à cet égard, l'action de l'air sec de celle de l'air humide.

Seul, le potassium attire l'oxygène sec à la température ordinaire. Tous les autres métaux, à l'exception de l'argent, de l'or, du platine, ne se convertissent en oxydes, au contact de l'air, qu'à une température élevée. Le plomb en fusion attire loiygéne. Le mercure s'oxyde vers 350', le cuivre au rouge sombre.

Souvent cette combinaison se fait avec dégagement de chaleur lumineuse. Nous savons que le fer brûle dans l'oxygène, mais qu'il faut préalablement le porter au rouge pour que cette combustion puisse s'effectuer.

Expérience. Voici pourtant du fer qui prend feu, à la température ordinaire, dés qu'il a le contact de l'atmosphère. Chaque parcelle de celte poudre noire que je lance dans l'air devient une vive étincelle; c'est du fer pyrophorique ; nous l'avons obtenu en réduisant l'oxyde de fer par l'hydrogène à une température peu élevée. L'état de division du métal favorise donc l'oxydation.

Tout le monde sait qu'une lame de fer conserve indéfiniment son brillant dans un air sec; mais qu'on dépose sur celte lame une goutte d'eau, ou qu'on l'abandonne dans un endroit humide, la rouille ne lardera pas à apparaître, et cette rouille est un hydrate fcM-rique. Le métal a donc fixé à la fois de l'oxygène et de l'eau.

On admet que c'est l'oxygène de l'air dissous qui se porte d'abord sur le métal, et que celte fixation d'oxygène est favorisée par la présence de l'acide carbonique. Quoi qu'il en soit, la tache de rouille une fois formée constitue un élément de pile avec le fer lui-même, et le courant galvanique qui en résulte décompose l'eau. L'oxydation marche alors rapidement, l'oxygène de l'eau décomposée se portant sur le niétiil.

Il est posssible que l'eau oxygénée joue un rôle dans les oxydalions. Elle peut se former comme produit secondaire, pendant la décomposition de l'eau, et se fixer directement sur les métaux, de minière à les convertir en hydrates. (Weltzien.)

Fe* -+- SIl^O* + Fe-06H6

Fer. Eau Hydrate

oxygénée. ferrique.

Mg + 11*0* = MgO^H*

Magnésium. Hydrate

de magnésium.

Remarquons, en effet, que l'oxydation des métaux à l'air humide donne toujours lieu à la formation d'hydrates métalliques et non d'oxydes.

Composition des oxydes ; leur classification. — Nous avons fait remarquer plus haut que les métaux peuvent fixer un nombre différent d'atomes d'oxygène; nous savons, de plus, qu'un seul et même métal peut former avec l'oxygène divers degrés d'oxydation. Il en résulte que les oxydes présentent, dans leur composition, des différences qui sont d'autant plus importantes quelles exercent une influence marquée sur les propriétés.

!• Certains oxydes présentent la composition atomique de l'eau. 2 atomes de métal peuvent lixcr 1 atome d'oxygène, comme font 2 alomes d'hydrogène. On a, en effet,

R' 0 oxyde de potassiuin

Na'O oxyde de sodium.

Li*0 oxyde de lithium.

Tl' 0 pi otovyde de thalliura.

Ag*0 oxyde d'argent.

2° 1 atome de métal peut fixer 1 atome d'oxygène ; il en résulte des oxydes de la forme MO. Tels sont :

BaO

oxyde de baryum.

Sr 0

oxyde de strontium.

Ca 0

oxyde de calcium.

MgO

oxyde de magnésium.

MnO

oxyde manganeux

FeO

oxyde ferreux.

Zn 0

oxyde de zinc.

PbO

oxyde de plomb.

CuO

oxyde cuivrique.

oxyde mercurique.

Sn 0

oxyde slanneux.

Les oxydes à un atoiTie d'oxygène sont, en générât, des bases trèsénergiques : ils réagissent énergiquementsurles acides, de manière à former des sels. On les nomme quelquefois oxydes basiques.

5° On nomme sesquio.tydes des oxydes qui renlèrment 2 atomes de métal et 3 atomes d'oxygène. Tel est loxyde d'antimoine, que nous

avons déjà étudié; les oxydes debispiuth, d'or, etc., possèdent iiiie

composition analogue.

Sb*0* oxyde d'anlimoine.

Bi* 0* oxyde de bisraulli.

Au*0' oxyde aurique.

Fe*0* oxyde feirique.

MnW oxyde maiiganique.

Cr*0* oxyde chroinique.

Al* (fl oxyde d'aluminium

4" Un grand nombre d'oxydes renferment 2 atomes d'oxygène. Tels sont :

Ba 0* bioxyde de baryum.

Sr 0* bioxyde de strontium.

Mn 0* bioxyde de manganèse.

Pb 0* bioxyde de plomb.

Sn G' bioxyde sl.mnique (acide stannique anhydre).

Les quatre premiers bioxydes sont incapables de s'unir aux acides, de manière à former des sels correspondants. M. Dumas les a nommés oxydes singuliers. Lorsqu'on chauffe du bioxyde de manganèse avec de l'acide sulfurique, il se dégage de l'oxygène et il se forme du sulfate mangancux qui correspond non au bioxyde, mais à loxyde manganeux.

so*r-

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