‹ Leçons élémentaires sur l'histoire naturelle des animaux. Précédées d'un aperçu général sur la zoologie. ConchyliologieChapitre 113 sur 123 · CIRRHIPÈDES · texte numérisé non relu

CIRRHIPÈDES

Le nom de Cirrhipèdes a été donné aux animaux de cette classe à cause de leurs pieds barbus ou cirrhes ; et les caractères généraux qui les distinguent se résument ainsi: animaux mous, sans tète, sans yeux; corps non articulé, muni d’un manteau et de pieds ou cirrhes comme cornés, plus ou moins nombreux, antenniformes, multi-articulés et disposés sur deux rangs ; bouche à Tnâchoires transversales ; branchies externes, mais cachées; moelle allongée, formée de ganglions ; un cœur et des vaisseaux ; corps couvert en tout ou en partie d’un test composé de plusieurs pièces ou valves inégales, mobiles ou soudées, mais non réunies par des charnières ; ils sont sessiles ou sans pédoncules, ou bien supportés par un pédoncule contractile, flexible et plus ou moins développé.

Les avis sont partagés sur la place que doivent occuper les animaux de cette classe (10e classe des Invertébrés de Lamarck). En effet, ils semblent être voisins des Annélides, des Crustacés et des Mollusques, car ils présentent des caractères généraux propres à ces trois classes, et des caractères particuliers qui les en éloignent assez pour former un groupe de transition entre chacune d’elles.

Par l’organisation de l’estomac et du canal intestinal, ils se rapprochent des Annélides; leurs cirrhes ou pieds articulés leur donnent de grands rapports avec les Crustacés; enfin le manteau et le test calcaire dont ils sont couverts , en tout ou en partie, paraissent leur donner beaucoup d’analogie avec les Mollusques. Cependant, dit Lamarck, des animaux qui ont une moelle longitudinale noueuse, des pieds ou cirrhes articulés, une peau cornée et plusieurs paires de mâchoires qui se meuvent transversalement, ne sont assurément pas des Mollusques. Des animaux dont le corps est, à l’extérieur, enveloppé d’un manteau en forme de tunique, sans offrir d anneaux transverses ni de faisceaux de soies, ne sauraient être des Annélides. Enfin, des animaux qui n’ont point de tête, point d’yeux, et dont le corps, muni d un manteau, se trouve enfermé dans une véritable coquille, ne peuvent être non plus des Crustacés. Si maintenant l’on considère les caractères que fournissent les plus importants de leurs organes, on trouvera sans contredit que c’est des Crustacés

que les Cirrhipèdes se rapprochent le plus, car ils en ont le système nerveux; ils ont même des mâchoires analogues à celles des Crustacés, et leurs bras ou pieds tentaculaires semblent tenir des antennes des Astaciens; ce sont aussi des blets sétacés, à peau cornée, partagés en une multitude d’articulations.

Les Cirrhipèdes complètent et terminent la grande division des animaux articulés. Si leur corps n’ofl're plus d’articulations ni de peau solide, leurs bras en présentent encore, et c’est uniquement parmi les animaux articulés que l’on trouve une moelle longitudinale ganglionnée dans toute sa longueur. Celte conclusion du célèbre auteur de l'Histoire des animaux sans vertèbres se trouve confirmée parles découvertes récentes.

On ne connaît qu’imparfaitement la plupart des Cirrhipèdes, quoique leur nombre soit assez considérable. Lamarck divise aussi les Cirrhipèdes en deux ordres : le premier comprenant les genres Tubicinelle, Coronule, Balane, Acaste, Pyrgome et Creusie; le second, les genres Anatife, Pouce-Pied, Cinéras et Otion. Les auteurs anglais et américains, par suite de nouvelles découvertes, ont établi un plus grand nombre de genres que nous croyons devoir faire connaître ; mais nous pensons qu’une étude plus complète de ces animaux nécessitera de nombreuses modifications dans la distribution de ces genres, qui ne présentent pas, quant à présent, de différences caractéristiques suflisantes pour des êtres dont le développement dépend de circonstances locales qui peuvent altérer leur forme, la plupart des Cirrhipèdes vivant sur des corps ou dans des corps plus ou moins durs qui gênent leur accroissement; et il ne serait pas étonnant de voir quelques espèces modifiées quant à la dimension des lames qui les composent ou quant à leur forme générale.

On a divisé les Cirrhipèdes en deux ordres, pour séparer ceux qui sont sessiles, immobiles ou sans pédoncule et adhérents immédiatement à d’autres corps, de ceux qui sont pédonculés et peuvent exécuter quelques mouvements à l’aide de leur pédoncule flexible.

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