DES MOLLUSQUES
La science qui a pour objet la connaissance, la description et l’arrangement méthodique des Coquilles, a reçu le nom de conchyliologie. Ce mot, consacré par l’usage, ne s’applique pas exclusivement à l’étude des coquilles, comme son étymologie semblerait l’indiquer (/.oyxuXiov, coquille; Xoyoç, discours), mais encore à celle non moins importante des animaux qu’elles contiennent, et qu’on désigne sous le nom de mollusques, ou animaux mous.
Quelques auteurs modernes emploient dans le même sens le mot malacologie (uloXcmg;, mou ( animal) ; Xoyoç, discours) , qui n’exprime pas plus complètement que le premier l’idée qu’on veut donner de cette division du règne animal ; mais il a sur lui l’avantage de s’appliquer à tous les Mollusques, dont quelques-uns n’ont jamais de coquilles.
Sous le nom de mollusques, on distingue donc un groupe particulier et trèsnombreux d’animaux aux formes les plus variées et les plus bizarres, dont le corps est mou et d’une substance comme gélatineuse; ils sont couverts d’une peau, dans laquelle ou sur laquelle se développe le plus souvent un test calcaire ou coquille, dont la solidité leur offre abri et protection. Ce test n’est autre chose qu’une croûte dure plus ou moins épaisse, produite par le Mollusque et se développant dans la même proportion que lui. On peut le comparer aux os qui soutiennent et protègent les chairs et les viscères des animaux des ordres plus élevés.
Fig. 374. Harpe ventrue.
lous les Mollusques, avons-nous dit, ne sont pas couverts d’une coquille Chez '• Il
quelques-uns cette partie calcaire est intérieure, c’est-à-dire toujours couverte plus
l ig. 5/5. Aplysie tigrine. Fig. 57C. Coquille intérieure de l’Aplyrie.
ou moins complètement par le manteau (375 et 576), et pas ou peu apparente; chez d'autres, elle est rudimentaire, c'est-à-dire si peu développée (377 et 378) ou si
Fig. 577. Testacelle ormier.
FlG. 378. Coquille rudimentaire extérieure de la Testacelle.
imparfaite, qu’on ne la reconnaît que par analogie; chez d’autres, enfin, elle est absolument nulle (379).
Fig. 570. Limace rouge.
Ces différences assez remarquables ont fait désigner sous le nom de Mollusques nus ceux chez lesquels la coquille n’est pas apparente ou manque entièrement, pour les distinguer des Mollusques à coquille. Ceux qui sont privés d’un test protecteur possèdent cependant d’autres moyens de défense; leur peau sécrète une humeur âcre, d’une odeur repoussante, qui suffit pour éloigner la plupart de leurs ennemis ; et chez ceux dont la coquille est interne ou seulement rudimentaire, on reconnaît que ce faible abri est placé de manière à couvrir les organes les plus importants.
On remarque une très-grande diversité dans la forme du corps des Mollusques. Il représente cependant toujours, quand l’animal est développé, une masse charnue, molle et visqueuse, qu’on a comparée au corps d’un gros ver ; ce qui fit autrefois donner à ces animaux le nom de vers a coquilles ou vers testacés.
Le corps des Mollusques, malgré sa mollesse qui. ne laisse supposer* qu’une ébauche d’organisation, se compose cependant d’organes bien reconnaissables et remplissant diverses fonctions. On distingue assez bien leurs muscles, souvent nombreux, leur tube digestif et ses parties accessoires; ils ont un système assez complet de circulation sanguine et de respiration aquatique ou aérienne, des nerfs, etc. Mais il s’en faut que tous les Mollusques présentent le même degré d’organisation,
et si les plus favorisés (l’entre eux semblent se rapprocher en quelque sorte des Poissons, il faut avouer que la distance qui les sépare de ces animaux vertébrés est énorme, et que les traces d'analogie ne se rencontrent que sur un très-petit nombre d’espèces.
Les uns ont une tète distincte (380), et sont désignés sous le nom de Céphalés tpa/Yi, tète); les autres n’ont pas de tète apparente (381) ; ce sont les Acéphales {a. privatif, y.saaXr., tète) ; et dans quelques-uns de ceux de ces animaux dont la tète est visible, elle est séparée du corps par une espèce d’étranglement.
Fio. 5S0. Céphalé. Cranchie transparente. Fig. 581. Acèphalé. Glycimère silique.
Leur peau, plus simple dans sa structure que celle des animaux vertébrés, est toujours molle, et enduite d’une matière visqueuse que sécrète l’animal. Cette peau est très-sensible et plus ou moins lisse. Quelquefois elle est assez ample pour couvrir la coquille entièrement ou en partie (382). Souvent aussi elle représente une
Fig. 382. Porcelaine tigre.
gaine, ouverte seulement à ses extrémités, ou plus ou moins dans toute sa Ion-
Fig. 583. Solécurte blanc.
Fig. 584. Solen gaine.
gueur (383 et 384). La disposition assez remarquable de cette peau, quelquefois tiès-extensible, et dans laquelle, au moindre sujet d’inquiétude, l’animal peut s envelopper par un mouvement de contraction en se retirant dans la coquille, lui a fait donner le nom de manteau. Parfois le manteau ne présente qu'une ou deux petites ouvertures, ou il offre des prolongements qui s’étendent fort au delà de la coquille, et 1 on a donné le nom de siphons à ces prolongements charnus et contractiles. Ils sont terminés à leur ouverture par une couronne de papilles dé-
couptes ou Rangées, plus ou moins distinctes (585-586), et à travers lesquelles passe l’eau nécessaire à l’animal ; les siphons sont aussi en partie le siège du toucher.
Fig. 389. Myochaine anomoitle.
Fig. 390. Cythûrce épineuse.
Fig. 391. Mvocliamc anomo'idc.
Fio. 3S6. Mactre triangulaire.
L épaisseur du manteau n est pas toujours la même; servant d’enveloppe protectrice unique à quelqqes-uns, il est rude ou épais selon que l’exigent les habitudes du Mollusque qu’il recouvre. Ses bords sont simples, ou divisés et frangés, et quelquefois garnis d’appendices plus ou moins développés. La couleur du manteau varie autant que sa forme, et c’est à la matière colorante qui se trouve sur ses bords qu’est due la coloration de la coquille; car ce sont les bords du manteau qui sécrètent la matière calcaire qui constitue le test. Le dépôt de cette matière ne se tait pas toujours d’une manière continue ; il est plus abondant à certaines époques. Aussi forme-t-il des bourrelets successifs {stries d'accroissement) plus ou moins prononcés, qui prouvent l’intermittence de la sécrétion calcaire.
C’est encore à la disposition particulière des bords du manteau
Fig. 387. . . m #
Scalaire commune, que sont dus les caractères de la surface extérieure delà coquille. Lorsque ces bords sont simples et unis, la coquille est lisse en dehors ; tandis que lorsqu’ils sont ridés, tuberculeux, lamellcux ou frangés, la surface extérieure du test présente des rides, des tubercules, des lames, des franges. Ainsi l’inspection seule de la coquille fait supposer la forme des bords du manteau.
Le système musculaire des Mollusques présente des différences remarquables. En effet, ceux de ces animaux dont la coquille est composée de deux pièces ou valves, ont un ou deux muscles principaux, situés aux extrémités ou au centre de ces pièces. Par leur contraction, ces muscles sont en antagonisme constant avec un ligament élastique formant charnière, destiné à faire écarter les bords libres des valves, et agissant comme un ressort qui serait tendu pendant le rapprochement de ces pièces, et au repos pendant leur écartement (588). Les traces de l’insertion de ces muscles sur les valves sont plus ou moins apparentes, et on les désigne 1 10' du8Gm°eacUlme sous 'e nom d’ impressions musculaires , pour les distinguer des traces que laissent les bords du manteau et qu’on nomme impressions palléales.
Le manteau présente aussi de nombreux petits faisceaux de muscles bien distincts chez les uns, peu apparents chez les autres, ou perdus dans le tissu de celle enveloppe, qui est contractile dans toute sa surface. Le pied est aussi composé lui-même de plusieurs paires de muscles souvent très-gros.
Quelques-uns de ces Mollusques présentent une disposition particulière, ou plutôt une modification du tissu musculaire ; je veux parler de ces libres soyeuses qui servent à fixer l’animal à des corps étrangers en lui laissant la liberté de certains mouvements autour d’un point fixe. On a donné le nom de byssush ce pied soyeux, formé de fibres musculaires qui obéissent encore, du moins dans une partie de leur étendue, à la volonté de l’animal ; car, si le byssus devient inerte à son extrémité adhérente au corps étranger, il reste contractile à son point de jonction avec l’animal.
Fig. 592. Jambonneau et son byssus.
Ce que nous venons de dire du système musculaire des Mollusques ne s’applique qu’à ceux de ces animaux dont la coquille est composée de deux pièces, et qu’on distingue sous le nom de bivalves, ou à deux valves. Les autres dont la coquille est d’une seule pièce, ou les univalves, et ceux surtout qui ont des bras, présentent des muscles plus nombreux encore ; ils étaient indispensables pour les mouvements d’organes qui ne se rencontrent pas chez les premiers, et il fallait un muscle particulier et puissant pour faire rentrer l’animal dans sa coquille, souvent profonde et en spirale. Ce muscle a son point d’appui au sommet intérieur du lest, et répand ses fibres dans le centre de la base du Mollusque, qu’il attire en se contractant. Enfin, les espèces dont la coquille est formée de plusieurs pièces [multivalves) ont des muscles destinés à imprimer le mouvement à chacune de ces pièces.
La bouche, dont la forme est variée, n’est pas non plus toujours bien visible, quoiqu’elle existe dans les animaux dont la tête n est pas distincte ; elle présente généralement un petit sillon longitudinal, ou transversal, placé en avant ou en dessous de la masse charnue qui porte les tentacules. Dans la plupart des Mollusques on ne trouve Bouche d/i'ïiViice'chagrino. aucune tiace des dents; quelques-uns seulement présentent des appendices cornés qui en tiennent lieu.
Fia. ’94.
Fig. 3D5. Dents de la Seiche veruiicilléc.
Fig. 590-
™ HISTOIRE NATURELLE
La bouche se compose, dans quelques espèces, d'un anneau dont les bords sont IVangés ; dans d’autres, elle se présente au centre d’un bourrelet demi-circulaire, qui se termine soit pur un appendice auquel on a donné le nom de tentacule labial, soit par une frange ou voile membraneux dont le développement varie beaucoup. Quelques espèces ont les lèvres très-développécs et en forme de trompe, et ces lèvres, quoique contractiles, ne rentrent pas dans la cavité buccale; tandis qu’il y a un grand nombre de Mollusques dont l’œsophage (partie du tube digestif placée entre la bouche et l’estomac) peut au besoin se porter au dehors de la bouche, sous la forme d une trompe dont les mouvements d’extension et de contraction s'expliquent par la présence de muscles particuliers situés autour de cet organe. Les Mollusques Céphalés , dont quelques-uns soumettent leurs aliments à une sorte de mastication, ont un appareil salivaire représenté par une ou deux glandes placées sur les côtés de 1 œsophage, ou libres dans la niasse viscérale.
L estomac, qui fait suite à l’œsophage, est souvent, dans les Mollusques à tète, simple ou peu distinct; quelquefois il est composé de plusieurs poches, et l’on remarque dans certaines espèces que cet organe est enveloppé de muscles fort épais qu’on a comparés à ceux du gésier des Oiseaux. On remarque aussi que lamembrane muqueuse de l’estomac de quelques Mollusques est tapissée de petits tubercules cornés, ou qu’elle contient des petits osselets qui facilitent la division des aliments. Dans les Mollusques sans tète, l’estomac n’est, faut-il dire, qu’une cavité creusée dans le tissu du foie, qui y verse facilement et abondamment la bile nécessaire à la digestion; tandis que le foie des Céphalés est toujours distinct et séparé de l’estomac, qu’il enveloppe quelquefois, et avec lequel il communique à l’aide de canaux assez développés.
U UIIC Apipic. 1 11
Les intestins sont aussi enveloppés par le foie; ils offrent des circonvolutions
Fig. 598. Tul>c digestif de l’Aplysie blanche.
Fig. 599. Tube diçesiif d’une Patelle.
Fig. 400. Tube diuci-tif de la Hélice lactée.
généralement peu nombreuses, et se terminent a 1 orifice anal, presque toujours pédiculé et postérieur dans les Mollusques sans tète, tandis qu il est le plus souvent
histoire naturelle.
latéral et rapproché de
l’extrémité antérieure dans les Mollusques ayant une tète.
Fig. 401. Tube digestif de l’Huître commune. Fig. 402. Organes de la digestion, de la respiration
et de la circulation du Poulpe commun.
D'après ce que nous avons dit de l’organisation de la bouche des Mollusques, on comprend que leur nourriture doit varier beaucoup. Ceux qui ont une bouche garnie de lèvres extensibles multiples ou sous forme de trompe, peuvent saisir leurs aliments, et ils se nourrissent de petits animaux ou de plantes; ceux qui, mieux partagés, ont des bras armés de ventouses puissantes et nombreuses et des dents cornées, s’emparent de vive force d’animaux marins, même assez gros, qu’ils dévorent. 11 n’en est plus de même de la plupart des Mollusques sans tète distincte, et surtout de ceux qui, par leur adhérence aux rochers ou aux corps submergés, ne peuvent aller au-devant de leur nourriture, et seraient condamnés à attendre qu’elle se présentât, s’ils n'en trouvaient sans cesse les éléments tout préparés dans l'eau qu’ils aspirent, et si les molécules animales ou végétales que cette eau tient en suspension ne suffisaient pour satisfaire leur modeste appétit. Ces aliments, bien pauvres en apparence, se composent cependant de parties qui, après avoir parcouru tout le tube digestif et fourni à l’absorption tout ce que l’animal pouvait s'assimiler, sont rejetées au dehors comme les restes d’une alimentation plus substantielle.
Ainsi les uns se jettent sur leur proie, la saisissent et la dévorent; les autres, ne jouissant que de moyens de locomotion d’une lenteur extrême, ne doivent vivre que de végétaux ou d’animaux morts, et ce sont les plus nombreux. Ceux qui n’ont besoin que des principes tenus en suspension dans l’eau, sont tous immobiles et fixés aux roches sous-marines. Presque tous enfin avalent de la terre, des grains de sable, de petites pierres, et paraissent y trouver des parties nutritives ou des moyens de digestion.
On est porté à croire que les Mollusques peuvent, en général, supporter pendant assez longtemps la privation de nourriture. Les Escargots de nos jardins, qui mangent beaucoup en été, passent tout l'hiver sans sortir de leurs coquilles. Celle abstinence aurait elle quelque analogie, avec l’engourdissement de certains ani-
SS
maux d’ordres plus élevés? C’est probable, mais on ne sait rien de certain à ce sujet.
Les organes de la circulation du sang des Mollusques sont en rapport avec ceux de la respiration, dont ils dépendent en partie ; car ils se trouvent naturellement modifiés suivant la nature du fluide que ces animaux décomposent.
Ceux qui vivent dans l’eau décomposent l’air que cet élément contient, à l’aide de branchies ; ceux qui sont terrestres respirent l’air libre au moyen d’une cavité tapissée de vaisseaux sanguins et à laquelle on a donné le nom de poumons. Cette cavité plus ou moins grande communique au dehors par un trou étroit, ouvert généralement avec 1 anus sur le côté droit antérieur du corps. L’orifice de la cavité pulmonaire des Gastéropodes s’ouvre et se ferme au gré de l’animal, et la cavité
Fig. 403. Branchies marginales el Inbe digestif d’une Patelle.
Fig. 404. Organes de la circulation et de la respiration de la Seiche.
admet l’air ou l’expulse en se dilatant el se contractant, sans autre mécanisme que l’action musculaire.
Les branchies sont composées de feuillets très-minces; elles sont externes chez quelques Mollusques, internes ou recouvertes par le manteau, ou situées dans l’intérieur d’une cavité qui occupe le dernier tour de la coquille chez lesautres. Enfin, certaines espèces, comme les Patelles, ont des branchies qui forment un cordon frangé tout autour du corps, sous le rebord du manteau. •
Les Àcéphalés à coquille ont quatre feuillets branchiaux, deux de chaque côté, enfermés entre les deux lobes de leur manteau, et entre lesquels passe le pied, quand cet organe existe.
Les Acéphalés sans coquille ont une hranchie représentant un ruban étroit qui traverse obliquement l’intérieur du corps.
L’Huître respire en faisant passer l’eau sur ses branchies, en enlr’ouvrant simplement sa coquille et les bords antérieurs de son manteau ; elle l’expulse en refermant celte coquille. .
Un usage accessoire des branchies, bien extraordinaire, dit Cuvier, est celui qu’elles ont, dans les Àcéphalés à coquille, de servir pendant quelque temps de réceptacle aux œufs, et même aux petits déjà éclos.
Fig. 405.
HISTOIRE naturelle.
Les Bivalves présentent sur la ligne médiane un renflement traverse le plus souvent par l’intestin. Ce renflement musculaire, fusiforme, symétrique, est appelé le cœur; il est composé d un seul ventricule, et d’une oreillette simple et non symétrique, ou double et alors symétrique. De ce cœur partent deux grosses branches (aortes) : l’une antérieure, plus large , se ramifie dans la masse viscérale et l’extrémité antérieure; l’autre, postérieure et moins développée, se distribue aux parties postérieures. Les veines, suivant un cours opposé à celui des artères, se réunissent en branches et se rendent dans un réservoir commun placé au-dessous du cœur; deux gros vaisseaux, partant de ce réservoir et se distribuant aux branchies, apportent à ces organes le sang veineux, et c’est au moyen d’autres vaisseaux que le sang qui a arrosé les branchies, et s’y est reconstitué, revient dans l’oreillette du cœur pour se répandre de nouveau dans toutes les parties du corps de l’animal. La circulation du Cœur d’une Huître grossi, sang des Mollusques à tête diffère seulement par le mode de distribution des vaisseaux. Placés toujours près des branchies, le cœur et ses annexes ne sont symétriques qu’autant que la coquille est elle-même symétrique ; le plus souvent une seule aorte part du cœur, se divise en deux branches dont l’une, antérieure, porte le sang à la tête et à une partie des organes reproducteurs; l'autre, postérieure, se distribue aux viscères, au manteau et au pied.
Les Mollusques qui respirent l’air libre ont une circulation analogue à celle des autres Mollusques; la cavité pulmonaire est tapissée de ramifications vasculaires, veineuses et artérielles, qui apportent le sang des extrémités et le reportent au cœur lorsqu’il s’est reconstitué.
La circulation sanguine de certaines espèces est plus compliquée; c’est ainsi que les Mollusques les mieux organisés ont, indépendamment d un cœur central, deux cœurs latéraux destinés à donner plus d activité a la circulation dans les branchies et des veines garnies devalvules à 1 entrée de ces cœurs. L absence réelle ou supposée de valvules dans les veines des autres Mollusques semblerait venir à l’appui de l’opinion de quelques natui alisles, qui pensent que la circulation de ces animaux a lieu d’une manière beaucoup plus simple. D après eux il n y aurait, au moins pour certaines espèces sans coquilles, qu un seul ordre de vaisseaux, et le sang venant des extrémités aux branchies s y arrêterait pendant le temps nécessaire à son oxygénation, et reviendrait par un mouvement rétrograde se distribuer aux extrémités. Si ce fait est exact, il doit être borné à certaines espèces dont on ne connaît pas encore bien toutes les conditions d existence, et il ne change rien à ce que nous avons dit de la circulation du sang des Mollusques en général. La marche du sang artériel des Molusques ne parait guère plus active que celle du sang veineux, quoiqu’on puisse assurer que le cœur présente des pulsations régulières.
Le système nerveux des Mollusques, comme il est facile de le prévoir, est en rapport avec le nombre et la perfection des organes aux fonctions desquels il doit
Fig. 406.
Appareil circulatoire d’une Doris.