H I S TOI U IC NATURELLE
seulement en ganglions doubles qui communiquent entre eux et se distribuent aux divers organes.
Fig. 411. Système nerveux de l’Huître commune et ses branchies. Fig. 412. Système nerveux.
de la Yénérupe poulette.
Nous dirons peu de chose des organes des sens des Mollusques. Le sens du goût, quoique très-borné, doit exister chez eux, si l’on en juge par la présence au fond de la bouche , ou de la cavité à laquelle on donne ce nom, de petites houppes nerveuses analogues à celles que présente la langue des autres animaux. Il en est de même du sens olfactif, que certains auteurs disent exister sur toute la surface du manteau, tandis que d’autres le fixent aux tentacules, quand ils ne sont pas terminés par des yeux. Ce qu’il y a de certain, c’est que les Escargots, par exemple, savent parfaitement se diriger sur les plantes qui leur conviennent et sur les fruits qui sont mûrs. Le sens du toucher est fixé sur les, bords du manteau qui souvent se terminent par des franges d’une grande sensibilité, et parti-
culièrement sur les tentacules olfactifs ou oculifères, en même temps qu’il existe sur toute la surface du corps.
Passant maintenant à 1 organe de la vue des Mollusques, nous remarquerons
que, s’ils rie sont pas tous pourvus d’yeux, et que si quelques-uns en ont de trèspetits et à peine visibles, sous la forme de points noirs, que l’analogie seule nous fait considérer comme des yeux, quelques autres en ont de très-grands, et dont la forme et la structure seraient enviées par beaucoup d’animaux d’un ordre supérieur. Les yeux , quand ils existent, sont constamment au nombre de deux, mais leur situation n'est pas toujours la même. On en voit qui sont
Fig. 416. Seiche de touranne.
Fig. 417. Ainpullacère fragile.
portés à l’extrémité de tentacules que l’animal développe ou contracte à volonté
Fig. 418. Carocolle s cabre.
et qu’il dirige dans tous les sens ; d’antres sont placés à la base ou près de la base des tentacules.
Fig. 419. Olive abouche rose.
Si l’organe de l’ouïe existe chez quelques Mollusques, ce n est que dans un bien petit nombre; et encore ce que l'on nomme I oreille dans ceux-ci n est autie chose qu’une petite cavité intérieure, qui ne parait pas même communiquer avec le dehors, puisqu’on n’en trouve aucune trace à l’extérieur.
La tète d’un grand nombre de Mollusques est surmontée d appendices charnus qui dépendent de la peau, espèces de cornes qui rappellent un peu les antennes des Insectes. Ces appendices, qui ont reçu le nom de tentacules , et qui sont, avons-nous dit, les organes particuliers du toucher, sont doués d'uue extrême sensibilité, et se contractent par une sorte d emboîtement, comme les diverses parties d une lunette d approche (il 8).
Le nom de bras ou de pieds a été donné a d autres appendices qui, chez quelques-uns, remplissent à la fois les fonctions de ces membres. Ceux auxquels on donneordinairementle nom debras sont des appendices flexibles, mous, plus ou moins allongés et nombreux (420) ; ils sont garnis de ventouses au moyen desquelles l’animal se fixe sur les corps, ou saisit et retient d’une manière solide les objets qui sont à sa portée. Parmi les Mollusques qui n’ont fig. 420. Seiche hierredda.
point de bras, les uns rampent sur le ventre, c’est-à-dire sur une sorte de disque auquel on adonné le nom de pied (422) . Le pied est une masse molle, charnue, formée de fibres entrecroisées présentant des formes diverses. La contraction de
Fig. 421. Telline donacée.
Fig. 422. Cône hébraïque.
ces fibres produit une sorte de reptation bien lente , il est vrai, mais qui semble appartenir, dans tous les ordres, aux animaux qui trouvent dans le test dont ils sont couverts une protection suffisante pour échapper sans fuir aux attaques des autres animaux.
Les coquilles adhérentes n’ont réellement point de pied ; privées de locomotion, cet organe ne leur serait d’aucune utilité.
Quelques Mollusques, comme les Donaces et les Peignes, ont des mouvements saccadés très-vifs; ils rapprochent ou écartent rapidement leurs valves et s’avancent en tournant rapidement dans l’eau ; d’autres exécutent leurs mouvements au moyen d’expansions membraneuses symétriques, qui font l’office de véritables nageoires (423).
Quelques coquilles sont couvertes d’une matière cor-
Fig. 423 Ryalo bordée.
née ou muqueuse, desséchée, à laquelle ou a donné le nom de drap marin. Cette matière n’est autre chose, que l’épiderme, au-dessous duquel s’est formé le test. Enfin, l’ouverture de la coquille de certains Mollusques est fermée par une
pièce calcaire ou cornée, que l’on considère généralement comine une sécrétion de la peau du pied, et à laquelle on donne le nom d 'opercule. Dans l’état actuel de la science, on ne peut expliquer d’une marie. 4d4. c.yolosiome jaune. nière satisfaisante la formation de l’opercule,
qui s’enroule souvent en spirale régulière et se moule sur l’ouverlure de la coquille. 1 1 est adhérent au pieddu Mollusqueetmobile à sa volonté. Lorsque l’animal veut sortir de sa coquille, l’opercule, poussé par le pied, lui livre passage, et il ferme exactement l’ouverture dès que le Mollusque est rentré.