‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 114 sur 914 · CC 0 6 À · texte numérisé non relu

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PATELIN

J'ai chez moi votre argent tout prêt et bien compté; mais il faut vous donner le temps de faire dresser une quittance devant notaire. Ce sont des charges d’une succession qui regarde ma fille Henriette, et j'en dois rendre un compte en forme.

M. GUILLAUME

Cela est juste. Eh bien! demain matin, à cinq heures.

À cinq heures, soit. J'ai peut-être mal pris mon temps, monsieur Guillaume? Je crains de vous détourner.

M. GUILLAUME

Point du tout ; je ne suis que trop de loisir! on ne vend rien.

PATELIN

Vous faites cependant plus d'affaires à vous seul que tous les négociants de cette ville.

M. GUILLAUME

C'est que je travaille beaucoup.

PATELIN

C'est que vous êtes, ma foi, le plus habile homme de tout ce pays. (Eraminant la pièce de drap.) Voilà un assez beau drap.

M. GUILLAUME

Fort beau.

PATELIN

Vous faites votre commerce avec une intelligence |

Oh ! monsieur.

Avec une habileté merveilleuse.

M. GUILLAUME

Oh! oh! monsieur.

PATELIN

Des manières nobles et franches qui gagnent le cœur de tout le monde.

M. GUILLAUME

Oh! point, monsieur.

PATELIN

Parbleu! la couleur de ce drap fait plaisir à la vue.

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