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RONDEAU
Ac bon vieux temps , un train d’amour régnoit, Qui sans grand art et dons se démenoit ;
etexécuté en 1527. Cependant François 1* lenommait son pére, AMarot, quoique convaincu comme tout le monde de l'innocence du surintendant , n'osa le défendre et parut même l'accuser dans une élégie qui a pour titre : Du riche et infortuné Jacques de Beaune, seigneur de Samblançay ; il loua néanmoins le courage que montra la victime sur le chemin de la mort. La duchesse d'Uzès eut plus de fermeté que notre poëte. Un jour, François 1% l'appelait sa fille : « Ilélas : lui répondit- » elle, après le traitement que vous avez fait à votre pére, que » ne doit pas craindre votre fille ? »
C'est avant de citer cette épigramme que Voltaire a dit :
« J'appelle épigr'ammes héroiques celles qui présentent à la fin une pensée ou une image forte et sublime, en conservant dans les vers la nalveté convenable à ce genre. En voici une de Marot ; elle est peut-être la seule qui caractérise bien ce que je dis... » Et après l'avoir c:tée, il ajoute :
« Voilà , de toutes les épigrammes dans le genre noble, celle à qui je donnerais la préférence. »
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Si qu'un bouquet donné d'amour profonde,
C’étoit donner toute la terre ronde :
Car seulement au cœur on se prenoit.
Et si par cas à jouir on venoit,
Savez-vous bien comme on s’entretenoit ?
Vingt ans, trente ans : cela duroit un monde Au bon vieux temps.
Or est perdu ce qu’amour ordonnoit ; Rien que pleurs feints, rien que ruses on n'oit ; Qui voudra donc qu’à aimer je me fonde, IL faut premier que l'amour on refonde, Et qu'on la mène ainsi qu'on la menoit Au bon vieux temps.
: Voltaire a fait une critique sévère, minutieuse, et quelquefois juste, de ce rondeau , qui n'en a pas moins, dans le tour , dans la forme et dans l'expression, quelque chose de naïf, de spirituel et de gracieux à la fois, que La Fontaine avait reçu comme un héritage paternel. et que Voltaire luimême ne put jamais imiter : {l est vif, brillant , rapide, plein de verve et de saillie daus ses contes, maisj amais naïf.
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