SECOND FILS DE L'AUTEUR
PE x : -
B— ON petit fils, qui n’as encore rien vu, 2] À ce malin ton père le salue :
=) Viens- t'en, viens voir ce monde bien pourvu D'honneurs et biens qui sont de grand value ; "XS Viens voir la paix en France descendue; Viens voir François, notre roi et le tien, , Qui a la France ornée et défendue :
t Viens voir le monde, où y a tant de bien.
Jean , petit Jean , viens voir ce tant beau monde, Ce ciel d’azur, ces étoiles luisantes,
Ce soleil d'or, cette grand” terre ronde,
Cette ample mer , ces rivières bruyantes,
Ce bel air vague, et ces nues courantes,
Ces beaux oiseaux, qui chantent à plaisir,
Ces poissons frais et ces besies paissantes : Viens voir le tout à souhait et désir.
* On peut comparer celte pièce avec celle de Clotilde de Surville que nous avons citée.
mm mm am mm mn mn mm mn mn mn mm"
a - re | —+ = 2 ee PNR a
206006006600 00000806 mm em am am ma mm mm me am mn me mm nm mm 2000000
Petit enfant, peux-tu le bien venu
Estre sur terre , où tu n'apportes rien, Mais où tu viens comme un petit ver nu ?
Tu n'as ni drap, ni linge qui soit tien, Or, ni argent, ni aucun bien terrien :
A père et mère apportes seulement
Peine et souci ; et voilà tout ton bien.
Petit enfant, tu viens bien pauvrement '!
De ton honneur ne veuil plus estre chiche, Petit enfant de grand bien jouissant,
Tu viens au monde, aussi grand, aussi riche, Comme le roi, et aussi florissant.
: Cette strophe offre un singulier défaut qui ne se trouve pas dans les autres : tous les vers se terininent par des rimes masculines , qui sont même entrelacées de la manière la plus vicicuse , puisque , par exemple, le mot venu est séparé de sa rime par le monosyllabe rien. Mais la strophe n'en forme pas moins une heureuse opposition, par la pensée et par le style, avec la strophe suivante, dont les quatre derniers vers sont admirables dans leur grandiose et dans leur simplicité.
me
D0000 000000000000 00000 00000 000 0 0000 EE XS
PRRRHRRRRRERRREERRRRRR TERRES
Ton héritage est le ciel splendissant ; Tes serviteurs sont les anges sans vice;
Charles Fontaine, qui défendit Clément Marot, son ami et son maitre, contre les attaques de Sayon et de La Huéterie, naquit à Paris, le 15 juillet 1515. Il eut pour premier instituteur son père, marchand honnèéte et ani des lettres; il suivit ensuite les leçons du célèbre Danès, professeur de langue grecque au collége royal, récemment fondé par François I<". Le goût du jeune Fontaine pour la poésie se décida de bonne heure , et se changea eu une irrésistible vocation : aussi résista-1-i! constarament aux instances de Jean Dugué, son oncle, avocat au parlement de Paris, qui voulut le jeter dans la carrière du barreau. Fontaine adressa bientôt àcet oncleuneépitreoùil fait l'éloge de la poésie, et la met au-dessus de toutesles professions ; ii termine en lui demandant ses œuvres poétiques.
Charles Fontaine fut présenté à Français le", dont il reçut un accueil favorable : mais les bienfails du prince ne répondirent point aux espérances du poëtc. Fontaine se rendit à la cour du duc de Ferrare , qui venait d'épouser Renée de France, fille de Louis X1I. Quoique trailé
Cnam Dent eme ent toux à 0 0000 05 00 0 0 0 0 ©
SIÈCLE
Ton trésorier , c’est le Dieu tout puissant ; Grâce divine est ta“"mère nourrice.
avec distinction, il n’obtint pas une protection suffisante pour l’affranchir de ses sujets d'inquiétude sur l'avenir, et lui donner cette sécurité si nécessaire à l’homme qui cultive les lettres. Ce fut pendant son voyage en Italie qu'il perdit sa sœur, Catherine Fontaine. Cette perte, en lui causant une vive douleur, devint le sujet d'une touchante élégie. Charles Fontaine revint à Paris, dans un ua âge avancé. Deux fois marié, Fontaine parait avoir été heureux car il a chanté ses deux femmes. II mourut à Lyon , près de la dernière; on ignore l’époque précise de sa mort, qui cependant fai postérieure à 1588.
Fontaine a réuni la plus grande parlie de ses œuvres sons ce titre : les Ruisseaux de Fonlaine. On a aussi de lui un recucil intitulé: Passe- Temps des amis, etc. Parmi toutes ces poésies qui sont médiocres. il faut pourtant distinguer les adieux de l’auteur à la ville de Lyon et l'épitre dans laquelle il remercie François I°" dela protection qu'il accorde aux savants et des établissements fondés dans l'intérèt des lettres et des scicnces.