LE SOLDAT
P ENDANT que pour son roy, sur le champ ennemy, Une mort honorable il va cherchant parimy
Et le fer et le feu, et couché sur la dure,
La faim , la soif, le chaud , et le froid il endure, Banny de sa maison , l'usurier sans pitié,
Qui n’en aura payé à peine la moitié,
Triomphe cependant , et la femme chassée,
Lamente pour néant, car la guerre est passée.
O trois fois malheureux , et quatre fois celuy
A qui le sort permet de retourner chez luv,
Qui des chiens et corbeaux n’est demeuré la proye, Afia qu’à son retour le malheureux se voye Manger aux advocats, et mendier leur pain
Sa femme et ses enfants qui cryent à la faim *!