ODES. NS
Entre les mains du Bouvier,
Quand le sommeil vint lier sé D'une chaine sommeillère ‘ + Mes yeux clos sous la paupière. L
Jà je dormois en mon lict, ol Lorsque j'entr'ouy le bruit D'un qui frappoit à ma porte, ke Et heurtoit de teile sorte
Que mon dormir s'en alla.
Je demandai : « Qu'est-ce cela,
Qui fait à mon huys sa plainte ? »
Je suis enfant, n'ayez crainte,
Ce me dit-il; et adonc s Je lui desserre le gond .
De ma porte verrouillée *.
« J'ay la chemise mouillée Qui me trempe jusqu'aux os, :
Toute nuit j'ai eu la pluie; L Et pour ce je te supplie De me conduire à ton feu Pour m'aller sécher un peu. »
Lors je prins sa main humide, Et plein de pitié le guide
En ma chambre , et le fis seo:r Au feu qui restait du soir ; Puis, allumant des chandelles, Je vois qu'il portoit des ailes, Dans la main un arc turquois, Et sous l’aisselle un carquois.
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Adonc en mon cœur je pense Qu'il avoit quelque puissance, > Et qu’il falloit m'apprester x Pour le faire banqueter.
Cependant il me regarde
D'un œil, de l’autre il prend garde L Si son arc estoit séché ; À de pourpre, Puis me voyant empesché, À
nouveauté, cucillir sa jeunesse ! Malherbe a-t-il bien osé +
biffer de tels vers, et Despréaux les avait-il lus?» * Méchant vers. SAINTE-D£UVE. 2 L'expression est peu agréable.
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Me tire une flèche amère, Puis sa main lui a soufflée Droict à l’œil; le coup de là Pour guérir sa playe enflée. Plus bas en mon cœur dévala,
Et m'y fit telle ouverture « Qui L’a, dy-moi, faux garçon, Qu'herbe, drogue, ny murmure Blessé de telle façon ?
N'y serviroient plus de rien. | Sont-ce mes Grâces riantes
De leurs aiguilles poignantes ?
Voilà, Robertot, le bien, |
Mon Robertot, qui embrasses » — Nenny, c’est un serpenteau,
Les neufs Muses et les Grâces, Qui vole au printemps nouveau, Le bien qui m'est advenu Avecque deux ailerettes, Pour loger un inconnu. Çà et là sur les fleurettes.
» — Àh! vraiment je le cognois Dit Vénus; les villageois
De la montagne d'Hyinette
Le surnomment Méisette.