‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 239 sur 914 · VA · texte numérisé non relu

VA

1 run 4 .] . LE 4 LR IS Le LS Re © :

LA

2 Ë pe SS

HARMANTE Gabrielle,

Percé de mille dards ,

Quand la gloire m'appelle

Sous les drapeaux de Mars,

Cruelle départie, Malheureux jour !

Que ne suis-je sans vie

Ou sans amour !

Bel astre que je quitte,

Ah! cruel souvenir !

Ma douleur s’en irrite.…

; Vous revoir ou mourir !

Cruelle départie Malheureux jour !

Que ne suis-je sans vie Ou sans amour !

Henri IV naquit à Pau, dans le Béarn, le 13 décembre 4553, d'Antoine de Navarre et de Jeanne d’Albret, ainsi que nous l’avons dit dans notre premier volume.

Ce grand et bon roi, qui ne fat point exempt de vices et de faiblesses , aima les poëtes et les savants, comme

Partagez ma couronne,

Le prix de ma valeur;

Je la tiens de Bellone,

Tenez-la de mon cœur.

Cruelle départie, Malheureux jour !

Que ne sais-je sans vie Ou sans amour !

Je veux que mes trompettes, Mes fifres , les échos, À tous moments répètent Ces doux et tristes mots :

Cruelle départie, Malheureux jour !

Que ne suis-je sans vie

Ou sans amour !

avait fait François I:", et les accueillit, comme lui, avec cette grâce qui donne tant de prix à la protection des rnis. Parmi les savants et les hommes de lettres remarquables de son temps qui eurent une grande part à ses bienfaits , on peut citer le président de Thou , Jacques Bongars , du

EE Sms nm mn

Perron, d'Ossat, Sponde, Scaliger, Casaubon, Malherbe et quelques autres. On a retenu de ce prince un trait touchant. Les professeurs du collége de France, qui ne touchaient plus leurs honoraires depuis longtemps, exposèrent au roi ,en 1599 , leurs justes sujets de plainte ; il fait droit à leur demande par ces mots : « J'estime micux » qu'on diminue de ma dépense et qu'on ôte de ma table * pour payer mes lecteurs ; M. de Rosny les paiera. » Sa munificence s'étendait aussi sur les étrangers. Le célèbre Cyrilius lui ayant présenté son traité De Jure Pacis et Belli, Henri répondit à cet hommage par le présent de son portrait et d'une chaine d’or. Il ajouta, plus tard, d'autres libéralités à cette flatteuse distinction.

Un désir de Ilenri était également de faire revivre l'ancienne splendeur de l'Université, que les troubles de la Fronde avaicnt presque laissée dans l'oubli. Sa mort prématurée l'empécha d'exécuter ce projet. C'est à Henri IV que l'on doit la création du cé'èbre Jardin des Plantes de Montpellier , qui aida si puissamment aux progrès de la

médecine, à cette époque. Il donna tous ses soins à l’agrandissement et l'embellissement de Paris, ct choisit le Louvre pour sa résidence, parce qu'il était l'œuvre des arlistes les plus renommés en tout genre. La Bibliothèque royale fut considérablement augmentée par ses ordres. Heuri IV avait traduit, à l'âge de onze ans, les cinq premiers livres des Commentaires de César. Cette version est restée manuscrite , et la Bibliothèque du roi en possède, dit-on, une copie. Casaubon , dans le recueil de ses Lettres, assure que Heori 1V avait commencé d'écrire ses mémoires. Il est malheureux que le Béarnais n'ait pas exécuté ce projet : nous aurions possédé un monument unique dans son genre, auquel le caractère, le tour d'esprit, la franchise de Henri et sa profonde connaissance des hommes et des choses de son temps, auraient donné un grand prix. Quels portraits que les portraits de Philippe II, de Sixte-Quint, ie Catherine de Médicis, des Guise et des chefs de la Ligue , par un peintre tel que Heori 1V, qui aurait tout donné à la ressemblance et à la vérité !

CITANSON.

Visse. Aurore, Je t'implore, Je suis gai quand je te voi.

La bergère Qui m'est chère Est vermeille comme toi.

De rosée Arrosée, La rose a moins de fraicheur ; Une hermine Est moins fine, Le lait a moins de blancheur.

Pour entendre Sa voix tendre On déserte le hameau,

Et Tityre, Qui soupire, Fait taire son chalumeau.

Elle est blonde, Sans seconde ;

Elle a la taille à la main; Sa prunelle Étincelle

Comme l’astre du matin.

D'ambroisie, Bien choisie Hébé la nourrit à part ; Et sa bouche, Quand j'y touche, Me parfume de nectar.

Page 1