‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 288 sur 914 · A DESPORTES · texte numérisé non relu

A DESPORTES

ATUI

àE estaux humains sur tous autres cruel- On ne voit d'animaux, [le ; |

En la terre et au ciel, ni en l’onde infidelle» |

Qui souffrent tant de maux. |

Notre esprit incertain, aussi tost qu’il raison- La mort va redoutant ; [ne, Et sans celte frayeur, que la raison nous don - On ne la craindroit tant. [ne,

| | Î Î Nous craignons de mourir, de perdre la lumière Du soleil radieux ; Nous craignons de passer sur les ais d’une bierre, Le fleuve stygieux. | |

Encor, dès que le ciel, en une belle vie, Quelques vertus enclost,

La chagrineuse mort, qui les hommes envie , Nous la pille anssitost.

Ainsi le verd émail d’une riante prée Est soudain effacé ;

Ainsi l'aimable teint d’une rose pourprée Est aussitost passé.

Mais las! Ô doux printemps, votre verdeur fanie Retourne au mesme point :

Mais, quand notre jeunesse une fois est finie, Elle ne revient point.

La vieillesse nous prend maladive et fascheuse , Hostesse de la mort,

Qui, pleins de maux, nous pousse en une tombe creuse D'où jamais on ne sort.

Desportes, que la muse honore et favorise, Entre tous ceux qui ont

Suivi le saint Phébus, et sa science apprise Dessous le double mont!

À Ronsard, Apollon, ni les Muses pucelles N'ont de rien profité,

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