SUR L'HEUREUX SUCCÈS DU VOYAGE DE SEDAN
Eur , après les tempêtes, Deux fois de robe nouvelle, Nous voici rendus au port; Et le fer etit en javelle Enfin nous voyons nos têtes Deux fois les blés abattus ? Hors de l'injure du sort :
Nous n'avons rien qui menace De troubler notre bonace ;
Et ces matières de pleurs, Massacres , feux et rapines, De leurs funestes épines
Ne gâteront plus nos fleurs.
Et toutefvis, Ô merveille !
Mon roi, l'exemple des rois,
Dont la grandeur nompareille
l'ait qu’on adore ses lois,
Accompagné d'un génie,
Qui les volontés manie, ù L'a su tellement presser
D’obéir et de se rendre,
Qu'il n’a pas eu, pour le prendre,
Loisir de le menacer.
Nos prières sont ouies,
Tout est réconcilié ;
Nos peurs sont évanouies, Sedan s'est humilié ;
À peine il a vu le foudre
Parti pour le mettre en poudre, Que, faisant comparaison
De l'espoir et de la crainte, Pour éviter la contrainte,
Il s'est mis à la raison.
‘Tel qu’à vagues épandues Marche un fleuve impérieux, De qui les neiges fondues Rendent le cours furieux ; Rien n'est sûr en son rivage; Ce qu'il trouve, il le ravage; Et traînant comme buissons Les chênes et leurs racines, Ote aux campagnes voisines L’espérance des moissons :
Qui n'eût cru que ses murailles, Que défendoit un lion, N'’eussent fait des fanérailles Plus que n’en fit Ilion ;
Et qu'avant qu'être à la fête
De si pénible conquête,
Les champs se fussent vêtus
‘Tel, et plus épouvantable, S’en alloit ce conquérant, A son pouvoir indomptlable
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