‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 311 sur 914 · SUR L'HEUREUX SUCCÈS DU VOYAGE DE SEDAN · texte numérisé non relu

SUR L'HEUREUX SUCCÈS DU VOYAGE DE SEDAN

Eur , après les tempêtes, Deux fois de robe nouvelle, Nous voici rendus au port; Et le fer etit en javelle Enfin nous voyons nos têtes Deux fois les blés abattus ? Hors de l'injure du sort :

Nous n'avons rien qui menace De troubler notre bonace ;

Et ces matières de pleurs, Massacres , feux et rapines, De leurs funestes épines

Ne gâteront plus nos fleurs.

Et toutefvis, Ô merveille !

Mon roi, l'exemple des rois,

Dont la grandeur nompareille

l'ait qu’on adore ses lois,

Accompagné d'un génie,

Qui les volontés manie, ù L'a su tellement presser

D’obéir et de se rendre,

Qu'il n’a pas eu, pour le prendre,

Loisir de le menacer.

Nos prières sont ouies,

Tout est réconcilié ;

Nos peurs sont évanouies, Sedan s'est humilié ;

À peine il a vu le foudre

Parti pour le mettre en poudre, Que, faisant comparaison

De l'espoir et de la crainte, Pour éviter la contrainte,

Il s'est mis à la raison.

‘Tel qu’à vagues épandues Marche un fleuve impérieux, De qui les neiges fondues Rendent le cours furieux ; Rien n'est sûr en son rivage; Ce qu'il trouve, il le ravage; Et traînant comme buissons Les chênes et leurs racines, Ote aux campagnes voisines L’espérance des moissons :

Qui n'eût cru que ses murailles, Que défendoit un lion, N'’eussent fait des fanérailles Plus que n’en fit Ilion ;

Et qu'avant qu'être à la fête

De si pénible conquête,

Les champs se fussent vêtus

‘Tel, et plus épouvantable, S’en alloit ce conquérant, A son pouvoir indomptlable

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