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Et, comme s’ils vivoient des misères publiques, Pour les renouveler ils font tant de pratiques, Que qui n’a point de peur n'a point de jugement.
En ce fâcheux état, ce qui nous réconforte,
C’est que la bonne cause est toujours la plus forte; Et qu'un bras si puissant l'ayant pour son appui, Quand la rébellion, plus qu'une hydre féconde, Auroit pour le combattre assemblé tout le monde; Tout le monde assemblé s’enfuiroit devant lui.
Conforme donc, Seigneur, ta grâce à nos pensées ; Ote-nous ces objets qui des choses passées Ramènent à nos yeux le triste souvenir;
Et comme sa valeur, maîtresse de l’orage,
À nous donner la paix a montré son courage, Fais luire sa prudence à nous entretenir.
Ï1 n’a point son espoir aa nombre des armées, Étant bien assuré que ces vaines fumées N’ajoutent que de l'ombre à nos obscurités *. L'aide qu’il veut avoir, c’est que tu le conseilles; Si tu le fais, Seigneur , il fera des merveilles,
Et vaincra nos souhaits par nos prospérités.
Les fuites des méchants, tant soient-elles secrètes, Quand il les poursuivra, n'auront point de cachettes’; Aux lieux les plus profonds ils seront éclairés :
Il verra sans effet leur honte se produire,
Et rendra les desseins qu’ils feront pour lui nuire Aussitôt confondus comme délibéres.
La rigueur de ses lois, après tant de licence, Redonnera le cœur à la foible innocence,
Que dedans la misère on faisoit envieillir.
A ceux qui l'oppressoient il ôtera l'audace ;
Et, sans distinction de richesse ou de race, Tous, de peur de la peine, auront peur de faillir.
La terreur de son nom rendra nos villes fortes ;
avoir dit que nous n'avions plus de vœux à former sous un ro; aussi accompli que Henri 1V, il iuvoque cependant les lumières divines pour ce prince.
4 Nous avons vu, et nous voyons encore aujourd'hui des exemples qui donnent un air de pouveauté à cette stance de Malherbe.
2 Que signifient des années qui sont de vaines fumées et ajoutent de l'ombre à des obscurités ? Malherbe ne s’entendait pas lui-même quand il a écrit ces deux méchants vers.
> Le mot cachelles n'appartient qu'au style familier. Un souvenir de la Bible aurait pu inspirer des images plus nobles ct plus énergiques at poëte. Toute la strophe ext prosalque. Celle qui suit ne brille pas par la poésie ; mais la justesse du sens et la simplicité énergique de l'expression ont un certain prix. Corneille parle souvent ainsi.
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On n’en gardera plus ni les murs ni les portes, Les veilles cesseront au sommet de nos tours ;
Le fer, mieux employé, cultivera la terre ;
Et le peuple, qui tremble aux frayeurs de la guerre, Si ce n’est pour danser, n’orra plus de tambours.
Loin des mœurs de son siècle il bannira les vices, L'oisive nonchalance et les molles délices
Qui nous avoient portés jusqu'aux derniers hasards ; Les vertus reviendront , de palmes couronnées,
Et ses justes faveurs, aux mérites données,
Feront ressusciter l'excellence des arts.
La foi de ses aïeux, ton amour et ta crainte,
Dont il porte dans l’âme une éternelle empreinte, D’actes de piété ne pourront l'assouvir ‘ ;
Ll étendra ta gloire autant que ta puissance ;
Et, n'ayant rien si cher que ton obéissance,
Où tu le fais régner il te fera servir.
Ta nous rendras alors nos douces destinées ; Nous ne reverrons plus ces fâcheuses années
Qui pour les plusheureux n’ont produit que des pleurs Toute sorte de bien comblera nos familles,
La moisson de nos champs lassera les faucilles , Et les fruits passeront la promesse des fleurs *.
Quand un roi fainéant, la vergogne des princes , Laissant à ses flatteurs le soin de ses provinces, Entre les voluptés indignement s’endort, Quoique l’on dissimule , on en fait peu d'estime, Et, si la vérité se peut dire sans crime,
C'est avecque plaisir qu’on survit à sa mort.
Mais ce roi, des bons rois l'éternel exemplaire, Qui de notre salut est l’ange tutélaire,
‘ Poëte. observez donc mieux les mœurs, et ne prètez point à Henri l'ardente piété de saint Louis. Vos trois vers seraient trèés-beaux s'il s'agissait de ce prince éminemment religieux.
3 Ce vers est d'une élégance exquise : il en faudrait plus souvent de pareils dans les stances de Malherbe.
En général , Malherbe fait toujours ses odes trop longues. et souvent il laisse passer à côté d'une belle strophe une strophe prosaïque et sans couleur. C'est ce qu'on peut voir en cherchant , dans son texte, les vingt-quatre que j'ai encore omis de citer. Les écrivains ne savent point assez, et les lecteurs oublient trop qu'outre le mérite de la brièveté, si précieuse dans les ouvrages d'esprit, la seule suppression des choses inutiles produit des beautés inattendues, par le rapprochement de celles qu'une main maladroite avait séparées. Le jugement et le goût peuvent gagner beaucoup par l'habitude d'appliquer cette espèce de critique aux poëtes et aux prosateurs même les plus estimés.
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