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L Le centième décembre a les plaines ternies, Le jour entre les morts ; J Et le centième avril les a peintes de fleurs, a £ Depuis que parmi nous leurs’brutales manies Laisse-les espérer , laisse-les entreprendre ? L L Ne causent que des pleurs. Il suffit que ta cause est la cause de Dieu, “ Et qu’averque ton bras elle a pour la défendre a J Dans toutes les fureurs des siècles de tes pères, Fepone de RicheUeus Le % Les monstres les plus noirs firent-ils jamais rien cs
Que l'inhumanité de ces cœurs de vipères Ne renouvelle au tien '?
Richelieu , ce prélat de qui toute l'envie Est de voir ta grandeur aux Indes se borner,
; Et qui visiblement ne fait cas de sa vie do Que pour te la donner. e
Par qui sont aujourd'hui tant de villes désertes, Ne Tant de grands bâtiments en masures changés, Rien qne ton intérêt n'oceupe sa pensée ; de
ne. Et0elantne chartons es canipasnes couvertes, Nuls divertissements ne l'appellent ailleurs ; e Que par ces enragés? Et de quelques bons yeux qu’on ait vanté Lyncée, - :},
Il en a de meilleurs. Us
; Les sceptres devant eux n’ont point de priviléges ; | of Les immortels eux même en sont persécutés : Son âme toute grande est une âme hardie, re
| Etc'estauxplussaintslieux queleurs mainssacriléges | Qui pratique si bien l’art de nous secourir, of
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Font plus d'unpiétés ?.
Marche : va les détruire; éteins-en la semence; Et suis jusqu’à leur fin ton courroux généreux, Sans jamais écouter ni pitié, ni clémence
Qui te parle pour eux ?.
Que , pourvu qu'il soit cru, nous n'avons maladie Qu'il ne sache guérir.
Le Ciel , qui doit le bien selon qu'on le mérite, Si de ce grand oracle il ne L’eût assisté, Par un autre présent n'eût jamais été quitte
ee Envers ta piété".
. poëte y a trouvé des beautés dignes du sujet, tandis que Mal- | Va : ne diffère plus tes bonnes destinées ; ne Le herbe Rs : vaiu les comparaisons pour rehausser une | Mon Apollon t'assure, et l'engage sa fui, a ones Qu’employant ce Typhis, Syrtes et Cyances Le + { Malherbe oublie, dans cette strophe, la Ligue et ses fu- Seront havres pour toi. 4° cs renrs, les Espaguols appelés par elle au cœur de la France, la +
Saint Barthélemy, l'assassinat de Henri 111 et celui de Henri IV, un
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toutes choses qui assurément sont autrement graves que ke soulèvement des Rochelois , aidés des Anglais.
Certes, ou je me trompe, ou déjà la Victoire Qui son plus grand honneur de tes armes attend,
s * La plns grande desimpiétés est de verser le sang des | Est aux bords de Charente en son habit de gloire, “. hommes, comme avaient fait les Guises, Catherine de Médicis, Pour te rendre content. k.
: . Charies IX , sun liis, et les détestables instruments de leur Le > barbarie. un
te
3 Malherbe aurait dû se rappeler que les Rachelois, contre
Je la vois qui t'appelle, et qui semble te dire :
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c lesquels il invoque toute la fureur du fils de Henri 1V, étaient | « Roi, le plus grand des rois, et qui m’es le plus cher , . JS des Françals. Horace était plus sage et plus digne d'être écouté, | Si tu veux que je l’aide à sauver ton empire, % en quand il dit aux Muses : « Lorsque le graud César a caché dans Il est temps de marcher. » ch. . le sein des villes ses cuhortes fatiguées de la guerre, et cherche du É à se reposer lui-mème de ses travaux , c'est vous qui le délas- an “© sez dans les doctes retraites de l'Hélicon; c'est vous encore nn “ dont le cœur maternel lul donne des conseils de clémence, ‘ Les poëtes réfléchissent souvent, sans y penser, toute la . Ctse réjouit de les avoir donnés, en voyant les doux fruits de physionomie de leur époque : ainsi, quand même l'histoire ‘4 vos paroles. » n'’attesterait que le génie de Louis X111 tremblait devant le gé- °° hs Et puis quel oubli de la plus belie gloire de leaori 1V, dont uie de Richelieu, comme le génie de Néron devant celui de sa de {, la clémence avait plus désarmé d'ennemis que son épée n'en mère, les vers de Malherbe sufliraient pour attester la sujétion D avait vaincus. Dans tout sujet, il y a d’impérieuses convenances du roi et l'ascendant immense du ministre. De quelle noble se que l'écrivain doit respecter comme des lois. Mais Malherbe a culère Louis X1V aurait été transporté si un poëte se fût avisé «3. poussé si loin l'adulation et ia courtisanerie, qu'on serait tenté de présenter à la France Louvois on Colbert comme les seuls . se de croire qu'il aurait craint de fâcher Richelieu en parlant de pilotes qui pussent la gouverner au milien des orages, oules ‘°° de clémence devant lui. seuls médecins capables de guérir ses maux! à : te 9 9.9.0 99 9 0 7 .2,9 59,0 0 9.9 ae RM 0, 70 550,0 7.294.029. $ 2 RTS LR R'EURE A 009,9 1 0 00 0 D. I EN 0 6 0 € C2 RE F LOU RSS IISIISIESS ST LITE DIE) IS Scoot: Ja t "6 8 eo vi TE 80 0 en 2 eee SCC ea Do EE 2
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Que sa facon est brave, et sa mine assurée !
Qu'elle a fait richement son armure étoffer !
Et qu'il se connoît bien, à la voir si parée, Que tu vas triompher"!
Telle en ce grand assaut, où des fils de la terre La rage ambitieuse à leur honte parut, Elle sauva le ciel, et rua le tonnerre
Dont Briare mourut.
Déjà de tous côtés s’avançaient les approches :
Ici couroit Mimas ; là Typhon se battoit ;
Et là suoit Euryte à détacher les roches Qu'Encelade jetoit.
A peine cette vierge eut l'affaire embrassée, Qu'aussitôt Jupiter en son trône remis, Vit, selon son désir, la tempête cessée ,
Et n'eut plus d’ennenmis.
Ces colosses d’orgueil furent tons mfs en poudre, Et tous couverts des monts qu'ils avoient arrachés : Phlègre qui les reçut pue encore de la foudre
Dont ils furent touchés”.
* Cest à propos de ces deux stroph*s que La Harpe dit : « Veut-on un exemple du beau feu qui doit animer l'ode? Voyez celle qu'il adresse à Louis XILI partant pour l'expédition de la Rochelle. Li faut excuser qnelques défauts de diction, ques prosaismes. La limite entre le langage de la poésie et celui de La prose n'était pas encore bien fixée ; mais les mouveimeuts et les idées sont bien d'un poëtc. »
? Ces strophes sont imitées de la quatrième ode dun trolsième livre d'Horace. « Nous savons comment la race impie, l'effruyab'e cohorte des Titans fut enlevée par la foudre du dieu qui gouverue lui seul , avec un égal empire, la masse tranquille de la terre. et la mer orageuse, et les tristes royaumes des ombres, et le cunseil des dieux. et la foule des m orteils.
» Elle avait imprimé une grande terreur à Jupiter lui-mêine, cetle jeunesse affreuse , épouvantable, pleine de con'‘ance dans la furce de ses bras, celte famille de frères, qui s'eflurçait d'entasser le Pélion sur l'Olympe.
» Mais que pouvaient Typhée, le robuste Mimas et Porphyrion, à la taille menacante? Que pouvait Rhétus, et cet Encelade , dont la main hardie lancait, au lieu de javelots, des arbres déracinés? Que pouvait toute leur force contre l'égide furmidable de Pallas ?
» Près d'elle était debout Vulcain et ses feux dévorants ; près d'elle encore , l'auguste Junon et ie dieu toujours armé d'un carquois, qui baigne sa belle chevelure dans l'onde pure de Castalie..….
» La puissance sans le conseil est une masse qui se précipite par son propre poids; inais cette mème puissance, gouvernée par la sagesse, les dieux eux-mêmes se plaisent à l'accroltre, de mème qu'ils ont horreur de la force qui roule dans sa pensée des projets impies.
» Témoin de la vérité de mes paroles, Gyas anx cent mains, et l'amant trop hardi de la chaste Diane, cet Orion, puui de sa Lémérité par les flèches de cette vierge divine.
» Laterre, en gémissant , accable de son poids les monstres sortis de son sein , et regrette à jamais ses fils, que la foudre a précipités dans le noir Tartarc, etc. »
RSI RE .
L'exemple de leur race à jamais abolie
Devoit sous ta merci tes rebelles ployer :
Mais seroit-ce raison qu’une même folie N’eût pas même loyer ?
Déjà l’étonnement leur fait la couleur bléme,
Et ce lâche voisin qu’ils sont allés querir,
Misérab'e qu’il est, se condamne lui-même A fuir ou à mourir.
Sa faute le remord : Mégère le regarde,
Et lui porte l'esprit à ce vrai sentiment,
Que d’une injuste offense, il aura, quoiqu’il tarde", Le juste châtiment.
Bien semble être en la mer une barre assez furte
Pour nous ôter l'espoir qu'il puisse être battu :
Mais est-il rien de clos dont ne t’ouvre la porte Ton heur et ta vertu?
Neptune, importuné de ses voiles infâmes,
Comme tu paroîtras au passage des flots,
Voudra que ses Tritons mettent la main aux rames, Et soient tes matelots.
Là rendront tes guerriers tant de sortes de preuves,
Et d’une telle ardeur pousseront leurs efforts,
Que le sang étranger fera monter nos fleuves Au-dessus de leurs bords.
Par cet exploit fatal, en tous lieux va renaître
La bonne opinion des courages françois;
Et le monde croira, s'il doit avoir un maitre, Qu'il faut que tu le sois.
Oh! que pour avoir part en si belle aventure
Je me souhaiterois la fortune d'Éson,
Qui, vieil comme je suis, revint contre nature En sa jeune saison!
De quel péril extrême est la guerre suivie,
Où je ne fisse voir que tout l'or du Levant
N'a rien que je compare aux honneurs d'une vie Perdue en te servant?
Toutes les autres morts n'ont mérite ni marque :
Celle-ci porte seule un éclat radieux,
Qui fait revivre l'homme, et le met de la barque À la table des dieux.
Mais quoi! tous les pensers dont les âmes bien nées Excitent leur valeur et flattent leur devoir,
‘ Ce vers est extrêmement faible , ainsi que toute la strophe.
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Que sont-ce que regrets, quand le nombre d'années Leur ôte le pouvoir.
Ceux à qui la chaleur ne bout plus dans les veines
En vain dans les combats ont des soins diligents :
Mars est comme l'Amour : ses travaux et ses peines Veulent des jeunes gens.
Je suis vaincu du temps; je cède à ses outrages: :
Mon esprit seulement, exempt de sa rigueur,
A de quoi témoigner en ses derniers ouvrages Sa première vigueur.
Les puissantes faveurs dont Parnasse m’honore, Non loin de mon berceau commencèrent leur cours; Je les possédai jeune, et les possède encore
A la fin de mes jours.
Ce que j'en ai reçu, je veux te le produire : Tu verras mon adresse ; et ton front cette fois
: Il semble entendre ici un aveu naïf sortir de la bouche du grand et vieux Corneille , regrettant l'époque de gloire qui l'avait vu enfanter Cinna et les Horaces.
Sera ceint de rayons qu'on ne vit jamais luire Sur la tête des rois‘.
Soit que de tes lauriers ma lyre s’entretienne,
Soit que de tes bontés je la fasse parler,
Quel rival assez vain prétendra que la sienne Ait de quoi m'égaler ?
Le famenx Amphion, dont la voix nompareille,
Bâtissant une ville, étonna l'univers,
Quelque bruit qu'il ait eu, n’a point faît de merveille Que ne fassent mes vers.
Par enx, de tes beaux faits la terre sera pleine;
Et les peuples du Nil qui les auront ouis
Donneront de l’encens, comme ceux de la Seine, Aux autels de Louis,
‘ « Quel nombre ! quelle cadence ! quelle beauté d'expressions! » La Harpe, en s'exprimant ainsi, aurait pu ajouter que jamais Jean - Baptiste ne rappelle 1e genre de beautés naïves, fortes ou grandes , avec la simplicité dont Malherbe lui avait fournl le modèle. Ce que Malherbe avait retenu de l'allure et de la franchise du seizième siècle a disparu entièrement de la poésie de celui que nous appelons notre premier lyrique.
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