UNE DES PLUS JEUNES ISRAÉLITES
Hélas! si jeune encore, Par quel crime ai-je pu mériter mon malheur ? Ma vie à peine a commencé d'éclore :
Je tomberai comme une fleur Qui n’a vu qu'une aurore.
Hélas! si jeune encore, Par quel crime ai-je pu mériter mon malheur " ?
UNE AUTRE
Des offenses d'autrui malheureuses victimes,
Que nous servent, hélas! ces regrets superflus ?
Nos pères ont péché, nos pères ne sont plus, Et nous portons la peine de leurs crimes.
* La répétition de ces deux vers est touchante. Racine ne se contente pas de varier la mesure de ses vers, il varie aussi le ton. A près le tableau d'un horrible carnage, il nous faitentendre les plaintes de l'enfance , et il prête une si douce mélodie à sa voix qu'un barbare mème en serait attendri.
TOUT LE CHŒUR
Le Dieu que nous servons est le Dieu des combats : Non, nou, il ne souffrira pas ' Qu'on égorge ainsi l'innocence UNE ISRAËÉLITE, Seule.
Hé quoi! diroit l'impiété, Où donc est-il ce Dieu si redouté, Dont Israël nous vantoit la puissance ?
UNE AUTRE
Ce Dieu jaloux, ce Dieu victorieux, Frémissez, peuples de la terre!
Ce Dieu jaloux, ce Dieu victorieux, Est le seul qui commande aux cieux :
Ni les éclairs ni le tonnerre N'obéissent point à vos dieux.
UNE AUTRE
Il renverse l’audacieux.
UNE AUTRE
Il prend l’humble sous sa défense.
TOUT LE CHŒUR
Le Dieu que nous servons est le Dieu des combats :
Non, non, il ne souffrira pas Qu'ou égorge ainsi l'innocence.