‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 390 sur 914 · UNE DES PLUS JEUNES ISRAÉLITES · texte numérisé non relu

UNE DES PLUS JEUNES ISRAÉLITES

Hélas! si jeune encore, Par quel crime ai-je pu mériter mon malheur ? Ma vie à peine a commencé d'éclore :

Je tomberai comme une fleur Qui n’a vu qu'une aurore.

Hélas! si jeune encore, Par quel crime ai-je pu mériter mon malheur " ?

UNE AUTRE

Des offenses d'autrui malheureuses victimes,

Que nous servent, hélas! ces regrets superflus ?

Nos pères ont péché, nos pères ne sont plus, Et nous portons la peine de leurs crimes.

* La répétition de ces deux vers est touchante. Racine ne se contente pas de varier la mesure de ses vers, il varie aussi le ton. A près le tableau d'un horrible carnage, il nous faitentendre les plaintes de l'enfance , et il prête une si douce mélodie à sa voix qu'un barbare mème en serait attendri.

TOUT LE CHŒUR

Le Dieu que nous servons est le Dieu des combats : Non, nou, il ne souffrira pas ' Qu'on égorge ainsi l'innocence UNE ISRAËÉLITE, Seule.

Hé quoi! diroit l'impiété, Où donc est-il ce Dieu si redouté, Dont Israël nous vantoit la puissance ?

UNE AUTRE

Ce Dieu jaloux, ce Dieu victorieux, Frémissez, peuples de la terre!

Ce Dieu jaloux, ce Dieu victorieux, Est le seul qui commande aux cieux :

Ni les éclairs ni le tonnerre N'obéissent point à vos dieux.

UNE AUTRE

Il renverse l’audacieux.

UNE AUTRE

Il prend l’humble sous sa défense.

TOUT LE CHŒUR

Le Dieu que nous servons est le Dieu des combats :

Non, non, il ne souffrira pas Qu'ou égorge ainsi l'innocence.

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