‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 462 sur 914 · LE DUC · texte numérisé non relu

LE DUC

Votre congé, seigneur , et ma retraite, Pour ne vous plus nourrir cette haine secrète Qui, m'expliquant simal, vous rend toujours suspects Mes plus ardents devoirs et mes plus grands respects.

LADISLAS

Non, non, vous devez, duc, vos soins à ma province ;

Roi, je n’hérite point des différents du prince;

Et j'augurerois mal de mon gouvernement,

S'il m'en falloit d'abord ôter le fondement.

Qui trouve où dignement reposer sa couronne, Qui rencontre à son trône une ferme colonne,

Qui possède un sujet digne de cet emploi,

Peut vanter son bonheur, et peut dire être roi;

Le Ciel nous l'a donné, cet état le possede;

Par ses soins, tout nous rit, tout fleurit, tout succède ; Par son art, nos voisins, nos propres ennemis, N'aspirent qu'à nous ètre alliés ou soumis ;

11 fait briller partout notre pouvoir suprême ;

Par lui toute l'Europe ou nous craint ou nous aime ; Jl est de tout l'état la force et l'ornement,

Et vous me l'ôteriez par votre éloignement ?

Je veux, tant que le Ciel voudra que je respire , Que vous soyez toujours l'âme de cet empire,

Et si vous répondez à mon élection,

Ma sœur sera le nœud de votre affection.

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