COSROËS
. - + Onature'!et vous, dieux, ses auteurs,
‘ Familfarité comme on en voit trop souvent dans certaines pièces de Corneille.
LQT17979 2097027720 ue LS DT LT
D'un prodige inouï sovez les spectateurs.
À le considérer sa nouveauté convie ! :
Mon fils, dessus mon trône, est juge de ma vie, Et ne le croit pas sûr , si de son fondement
Ma tête n'est la base, et mon sang le ciment. Immole donc , tyran. mes jours à tes maximes; Assure-toi l'état par le plus grand des crimes, Laisse agir ta fureur en pleine liberté,
Ne donne rien au sang, rien à la pitié”.
Aux courtisans.
Et vous, que mon malheur rend si fiers et si braves, Ce soir, mes souverains, ce matin, mes esclaves.
SIROËS , à Jenouxr.
Seigneur , daignez m'entendre. O nature ! et vous, dieux, Vous pouvez sans horreur jeter ici les yeux : L'objet de vos mépris encor vous y révère ;
Je ne suis ni tyran, ui juge de mon père;
J'ai tous les sentiments que vous m'avez prescrits, Et renonce à mes droits pour être encor son fils. Oui, mon père, l'état et toutes ses maximes
Ne peuvent m'obliger à régner par des crimes. Pour immoler vos jours à mon ressentiment, Vous régnez sur les miens trop souverainement. Est-il au monde un fils qu'un soupir , une larme, Le seul regard d'un père, aisément ne désarme ? Si contre vous, hélas! j'écoute mon courroux, Une voix se fait ouîr, qui me parle pour vous : Dans mon cœur , contre moi vous trouvez un refuge, Et, criminel ou non, vous n'avez point de juge. Mon père, reprenez l'état que je vous rends ; Vous pouvez seul, seigneur , régler nos différends ; Arbitre entre vos fils, terminez leur querelle;
Et reprenez le trône, où ma voix vous rappelle ?.
" Vers faible.
1 Liberlé ne rime pas avec pitié.
* Dans le Vinceslas de Rotrou, le vieux roi dépose sa conronne sur la tête de Ladislas pour Ini sauver la vie: ici, au contraire , Siroës rend la conronne à son père, qu'il allait envoyer à la mort. Cette dernière scène n’a pas le méme prix que la première ; mais elle met le comble à l'émotion que nous avaient causée ces belles paroles de Siroës :
A mon père, inbumains, donnes un autre juge, Ou dans les bras d'un fils qu'on lui souffre un refuge.
En délinitive, CUosroës, qui pèche par le plan et qui manque de ce pressant intérêt . l'âme des ouvrages dramatiques , n'est pas uue bonne tragédie; mais elle contient de nobles et touchantes scènes, et souvent des vers d'une rare beauté.