‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 537 sur 914 · MAXIME · texte numérisé non relu

MAXIME

Oui, seigneur, dans son mal Rome est trop obstinée; Son peuple, qui s'y plait, en fuit la guérison :

Sa coutume l'emporte, et non pas la raison;

Et cette vieille erreur, que Cinna veut abattre, Est une heureuse erreur dont il est iéolâtre,

Par qui le monde entier, asservi sous ses lois,

L'a vu cent fois marcher sur la tête des rois",

Son épargne s'enfler du sac de leurs provinces. Que lui pouvoient de plusdonnerles meilleurs princes? J'ose dire, seigneur, que par tous les climats

Ne sont pas bien reçus toutes sortes d'états; Chaque peuple a le sien, conforme à sa nature, Qu'on ne sauroit changer sans lui faire une injure : Telle est la loi du ciel, dont la sage équité

Sème dans l'univers cette diversité.

Les Macédoniens aiment le monarchique,

Et le reste des Grecs la liberté publique ;

Les Parthes, les Persans veulent des souverains,

| Et le seul consulat est bon pour les Romains.

CINNA

Il est vrai que du Ciel la prudence infinie

Départ à chaque peuple un différent génie ;

Mais il n'est pas moins vrai que cet ordre des cieux Change selon les temps comme selon les lieux.

MAXNIME.

Donc votre aïieul Pompée au Ciel a résisté, Quand il a combattu pour notre liberté ?

CINNA

Si le Ciel n'eût voulu que Rome l'eût perdue Par les mains de Pompée, il l'auroit défendue ? :

4 Ce beau vers rappelle ceux-ci de Béranger :

| Un conquérant , dans sa fortune sltière, Se Lit uu jeu des sceptres et des lois,

| Et de ses pieds on peut voir la poussière

| Empreinte encor sur le bandeau des rols.

: Dans le deuxième livre de l'Énéide, Hector, revenu du tombeau comme un ministre de la volonté des dieux, dit à Énée : « Vous avez assez fait pour l1 patrie et pour la Priain ;

si la main d'un mortel avait pu sauver Pergane, la mienne ! J'aurait sauvée. » Dans un autre moment , Ilécube . arrétant le | vieux Priam qui . revélu des armes de sa jeunesse, veut encore | affronter les périls : « Quelle funeste inspiration , Ô le plus mal- | heureux époux, vous à poussé à ceindre ces armes ? où Courezvous? Ce u'est pas d'un tel secours et de partils défenseurs qu ! ce temps a besoin ; non, quand uotre Hector lui-même serait ici présent! » Comine la suspension de cette phrase, que : Priam achève en l’entendant , cst éloqnente : Comine Hécube ‘eu dit p'us par son sileuce que par des paroles :

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