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Les poissons, en naissant, commencent à nager, Et le poulet éclos chante et cherche à manger. Nature, en douce mère, à ces heureuses races, Plus largement qu'à toi, leur a donné des grâces; Leur vie est moins sujette aux fâcheux accidents Qui travaillent la tienne et dehors et dedans.
La bête ne sent point peste, guerre ou famine ; Le remords d'un forfait en son cœur ne la mine : Elle ignore le mal pour n'en avoir la peur,
Et ne connoît l'éffroi de l'Achéron trompeur ; Elle a la tète basse et les yeux contre terre,
Plus près de son repos, et plus loin du tonnerre". L'ombre des trépassés n’aigrit son souvenir ;
‘ Vers ingénieux qui sent le vrai poëte.
RARES
On ne voit, à sa mort, le désespoir venir ;
Elle compte, sans bruit et loin de toute envie,
Le termé dont nature a limité sa vie,
Donne la nuit paisible aux charmes du sommeil, Et tous les jours s'égaie aux rayons du soleil, Franche de passions et de tant de traverses, Qu'on voit au changement de nos humeurs diverses. Ce qui sert aujourd'hui nous doit nuire demain :. On ne tient le bonheur que d'une seule main.
Le destin inconstant sans y penser oblige,
Et nous faisant du bien souvent il nous afilige. Les riches, plus contents, ne se sauroiïent guérir De la crainte de perdre et du soin d'acquérir. Notre désir changeant suit la course de l'âge : Tel est grave et pesant qui fut jadis volage.
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