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L'autre, fougueux marquis, lui déclarant la guerre, Vouloit venger la cour immolée au parterre.
Mais sitôt que d'un trait de ses fatales mains
La Parque l’eût rayé du nombre des humains,
On reconnut le prix de sa muse éclipsée.
L'aimable Comédie, avec lui terrassée,
En vain d'un coup si rude espéra revenir,
Et sur ses brodequins ne put plus se tenir.
Tel fut chez nous le sort du théâtre comique.
Toi donc qui, t'élevant sur la scène tragique,
Sar les pas de Sopliocle, et, seul de tant d'esprits, De Corneille vieilli sais consoler Paris,
Cesse de t'étonner si l'envie animée,
Attachant à ton nom sa rouille envenimée,
La calomnie en main, quelquefois te poursuit.
En cela , comme en tout, le Ciel, qui nous conduit, Racine , fait briller sa profonde sagesse.
Le mérite en repos s'endort dans la paresse; Mais.par les envieux un génie excité
Au comble de son art est mille fois monté :
Plus on veut l'affoilbir, plus il croit et s'élance.
Au Cid persécuté Cinna doit sa naissance;
Et peut-être ta plume aux censeurs de Pyrrhus Doit les plus nobles traits dont tu peignis Burrhus.
Le poëte , après avoir dit qu'il s'applique à se corriger pour confondre ses censeurs , ajoute :
Imite mon exemple, et lorsqu'une cabale,
DR RE DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
- Et qui, voyant un jour la douleur vertueuse =
Ua flot de vains auteurs follement te ravale, Profite de leur haine et de leur mauvais sens; Ris du bruit passager de leurs cris impuissants. Que peut contre tes vers une ignorance vaine? Le Parnasse françois, ennobli par ta veine, Contre tous ces complots saura te maintenir, Et soulever pour toi l'équitable avenir.
De Phèdre malgré soi perfide, incestueuse,
D'un si noble travail justement étonné,
Ne bénira d’abord le siècle fortuné
Qui, rendu plus fameux par tes illustres veilles, Vit naître sous ta main ces pompeuses mer veilles !
Cependant laisse ici gronder quelques censeurs Qu'aigrissent de tes vers les charmantes douceurs. Et qu'importe à nos vers que Perrin les admire, Que l’auteur du Jonas s'empresse pour les lire, Qu'ils charment de Senlis le poëte idiot,
Ou le sec traducteur du françois d'Amyot, Pourvu qu'avec éclat leurs rimes débitées
Soient du peuple, des grands, des provinces, goûtées; Pourvu qu'ils puissent plaire au plus puissant des rois, Qu'à Chantilli Condé les souffre quelquefois, Qu'Enghien en soit touché, que Colbert et Vivone, Que La Rochefoucauld , Marsillac et Pompone,
Et mille autres qu'ici je ne puis faire eatrer,
À leurs traits délicats se laissent pénétrer ?
Et plût au ciel encor, pour couronner l'ouvrage, Que Montausier voulüt leur donner son suffrage!
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