LE LOUP ET L'AGNEAU
À PM À raison du plus fort est toujours la meilleure ' D Nous l'allons montrer tout à l'heure.
-.- Un agneau se désaltéroit Dans le courant d'une onde pure.” Un loup survint à jeun, qui cherchoit aventure, Et que la faim en ces lieux attiroit.
u Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage?
‘ Pour prévenir l'erreur où ce premier vers, qui a l'air d'énoncer une maxiine quand il n'expose qu'ua fait, pourrait entraîner ses jeunes lecteurs, La Fontaine aurait dû emprunter à Pbèdre la réflexion suivante : « Cette fable a été écrite contre les pervers qui oppriment l'innocence en lui imputant des cri-
tes imaginaires. »
Dit cet animal plein-de rage :
Tu seras châtié de ta témérité.
— Sire , répond l'agneau, que votre majesté Ne se mette pas en colère ; Mais plutôt qu'elle considère Que je me vas désaltérant Dans le courant, Plus de vingt pas au-dessous d'elle, Et que par conséquent , en aucune façon, Je ne puis troubler sa boisson.
— Tu la troubles, reprit cette bête cruelle; Et je sais que de moi tu médis l’an passé.
— Comment l’aurois-je fait si je n’étois pas né ? Reprit l'agneau ; je tète encor ma mère.
— Si ce n'est toi, c’est donc ton frère.
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D9Ù — Je u'en ai point. — C'est donc quelqu'un des tiens ; Car vous ne m'épargnez guère,
Vous, vos bergers et vos chiens.
On me l'a dit : il faut que je me venge. »
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