‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 688 sur 914 · LE LOUP ET L'AGNEAU · texte numérisé non relu

LE LOUP ET L'AGNEAU

À PM À raison du plus fort est toujours la meilleure ' D Nous l'allons montrer tout à l'heure.

-.- Un agneau se désaltéroit Dans le courant d'une onde pure.” Un loup survint à jeun, qui cherchoit aventure, Et que la faim en ces lieux attiroit.

u Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage?

‘ Pour prévenir l'erreur où ce premier vers, qui a l'air d'énoncer une maxiine quand il n'expose qu'ua fait, pourrait entraîner ses jeunes lecteurs, La Fontaine aurait dû emprunter à Pbèdre la réflexion suivante : « Cette fable a été écrite contre les pervers qui oppriment l'innocence en lui imputant des cri-

tes imaginaires. »

Dit cet animal plein-de rage :

Tu seras châtié de ta témérité.

— Sire , répond l'agneau, que votre majesté Ne se mette pas en colère ; Mais plutôt qu'elle considère Que je me vas désaltérant Dans le courant, Plus de vingt pas au-dessous d'elle, Et que par conséquent , en aucune façon, Je ne puis troubler sa boisson.

— Tu la troubles, reprit cette bête cruelle; Et je sais que de moi tu médis l’an passé.

— Comment l’aurois-je fait si je n’étois pas né ? Reprit l'agneau ; je tète encor ma mère.

— Si ce n'est toi, c’est donc ton frère.

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D9Ù — Je u'en ai point. — C'est donc quelqu'un des tiens ; Car vous ne m'épargnez guère,

Vous, vos bergers et vos chiens.

On me l'a dit : il faut que je me venge. »

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