‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 783 sur 914 · ACTE II, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI

UEL étrange langage ! Au fond de ces déserts'

Sur des bords étrangers quand nous trainons nos fers,

Quand les fils d’Attila règnent au-bord du Tibre, S'il me souvient encor qu'il fat un peuple libre,

Et vers le Capitole en reportant mes yeux,

Si j'ose interroger nos illustres aïeux ;

Elles me répondront, ces ombres magnanimes :

« Des tyrans les Romains savaient punir les crimes; Leur noble ambition , qui ne put s'assouvir, Aspirait à régner et non pas à servir. »

BÉLISAIRE

Il est d'autres leçons; Antonine l'oublie ; J'appris des vieux Romains à chérir ma patrie;

4 Après une scène atleudrissante entre lui et sa famille, sau vée par les guerriers du jeune Thélésis, fils de Thélésis, roi des Bulgares, Bélisaire se trouve seul avec son épouse Antonine, que l'emportement de la plus ju+te indignation entraine au-delà de toutes les bornes. Elle veut que le héros adopte Thélésis pour vengeur, et 1e déclare avec lui contre Justinien ; le refus de Bélisaire arrache ces paroles ou plutôt ces cris à la mère et à l'épouse étonnée d'une résistance qu'elle n'attendait pas.

'ANSTTTTSERS TEL

A lui sacrifier tous mes ressentiments,

À respecter les lois, à garder mes serments;

C'est à ces grands devoirs que ma haine s’immole ; Laissez-moi ma vertu qui seule me console :

Pour réparer l'erreur dont gémit un soldat, Faut-il saper le trône et renverser l'état ?

Quand de mon innocence échappée à leur rage J'ai sur mes ennemis l'immortel avantage, Veut-on que, par un crime excusant leurs forfaits, Je mérite les maux que leur haine m'a faits ?

ANTONINE. | Quoi! vous ne voulez pasque par un justeéchange?..

BÉLISAIRE

Je veux que l’on me plaigne, et non pas qu'on me venge.

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