‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 836 sur 914 · RER EM RENE RER PER CURE REPOSER RERO RE · texte numérisé non relu

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Dieu parle , et le chaos se dissipe à sa voix;

Vers un centre commun tout gravite à la fois.

Ce ressort si puissant , l'âme de la nature,

Était enseveli dans une nuit obscure ;

Le compas de Newton , mesurant l'univers,

Lève enfin ce grand voile , et les cieux sont ouverts Il découvre à mes yeux , par une main savante, De lustre des saisons la robe étincelante :

L'émeraude, l'azur, le pourpre, le rubis,

Sont l'immortel tissu dont brillent ses habits. Chacun de ses rayons, dans sa substance pure, Porte en soi la couleur dont se peint la nature, Et, confondus ensemble , ils éclairent nos yeux, Ils animent le monde, ils emplissent les cieux. Confidents du Très-Haut, substances éternelles, Qui brüûlez de ses feux , qui couvrez de vos ailes Le trône où votre maître est assis parmi vous, Parlez : du grand Newton n'étiez-vous pas jaloux ?

0 ul , Platon, tu dis vrai : notre âme est immortelle ; C'est un Dieu qui lui parle , un Dieu qui vit en elle. Et d'où viendrait, sans lui, ce grand pressentiment,

Ce dégoût des faux biens, cette horreur du néant? Vers des siècles sans fin je sens que tu m'entraines; Du monde et de mes sens je vais briser les chaînes, Et m'ouvrir, loin du corps, dans la fange arrêté, Les portes de la vie et de l'éternité.

L'éternité ! quel mot consolant et terrible!

O lumière ! à nuage ! à profondeur horrible !

Que dis-je? où suis-je? où vais-je? et d'où suis-je tiré? Daos quels climats nouveaux , dans quel monde ignoré, Le moment du trépas va-t:il plonger mon être ? Où sera cet esprit qui ne peut se connaitre ?

Que me préparez-vous , abimes ténébreux ?

Allons, s'il est un Dieu, Platon doit être heureux. Il eu est un, sans doute, et je suis son ouvrage; Lui-même au cœur du juste il empreint son image; 11 dot venger sa cause et punir les pervers.

Mais comment , dans quel temps et dans quel univers ? lci la vertu pleure et l'audace l'opprime ; L'inuocence à genoux y tend la gorge au crime; La fortune y domine, et tout y suit son char.

Ce globe infortuné fut formé pour César.

Hâtons-nous de sortir d'une prison funeste.

Je te verrai sans ombre, Ô Vérité céleste !

Tu te caches de nous, dans nos jours de sommeil ; Cette vie est un songe, et la mort un réveil.

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L'airain sacré tremble et s'agite…

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