‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 873 sur 914 · MONTMORENCI · texte numérisé non relu

MONTMORENCI

Nous suivrons votre sort.

LAIGNEVILLE.

; Oui, nous l'avons juré.

MONTMORENCI. C'est pour nous'un devoir, et c'est un droit sacré.

Un immense bûcher, dressé pour leur supplice , S'élève en échafaud, et chaque chevälier

Raynouord (François-Jean-Marie), né à Brignolles en lrovence , le 18 septembre 1761 ; au sortir dç ses études, il se ft recevoir avocat au parlement d'Aix. Partisan de la révolution de 1789, et membre de l'assemblée législative, il fut arrété après le 3! mai, et ne recouvra sa liberté qu'après le 9 thermidor. Rentré dans s1 ville natale, il se livra en même temps à la prof-ssion de défenseur officicieux et à L'étude des lettres. Il apporta, en 1800, à Paris, le fruit de ses veilles, deux tragédies, Léonore de Bavière et Les Templiers. Ou sait le brillant succès de cette pièce que l'Institut propost comme digne de l’un des prix fondés par l'empereur. En 1807, l'Académie française ouvrit s:s portes à l'auteur; il succédait à Le Brun qu'il ne remplaçait pas. Membre du c\rps législatif en 1805, en 1811, en 1815, M. Raynouard faisait partie de la commission chargée de faire un rapport sur la situation de la France après la campagne de 1812, et comme M. Lainé, secrètement engagé dans la cau:e de

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Croit mériter l'honneur d'y monter le premier ; Mais le grand-maître arrive, il monte, il les devance ; Son front est rayonnant de gloire et d'espérance ; Yl lève vers les cieux un regard assuré;

ll prie, et l'on croit voir un mortel inspiré.

D'une voix formidable aussitôt il s'écrie :

« Nul de nous n'a trahi son Dieu ni sa patrie ;

Français, souvenez-vous de nos derniers moments :

Nous sommes innocents, nous mourrons innocents. L'arrêt qui nous condamne est un arrêt injuste ; Mais il est dans le ciel un tribunal auguste,

Que lé faible opprimé jamais n’implore en vain, Et j'ose t'y citer, 6 pontife romain!

Encor quarante jours! je (y vois comparaitre. » Chacun , en frémissant , écoutait le grand-maître. Mais quel étonnement, quel trouble, quel effroi, Quand il dit : = O Philippe, 6 mon maître, ô mon roi Je te pardonne en vain ; ta vie est condamnée :

Au tribunal de Dieu je t'attends dans l'année. » Les nombreux spectateurs, émus et consternés , Versent des pleurs sur vous, sur ces infortunés. De tous côtés s'étend la terreur, le silence :

Il semble que-du'ciel descende la vengeance.

Les bourreaux interdits n'osent plus approcher ; Ils jettent en tremblant le feu sur le bàcher,

Et détournent:la tête. Une fumée épaisse Entoure l'échafaud , roule et grossit sans cesse. Tout à coup le feu brille : à l'aspect du trépas, Ces braves chevaliers ne se démentent pas.

On ne les voyait plus; mais leurs voix héroïques Chantaient de l'Éternel les sublimes cantiques : Plus la flamme montait , plus ce concert pieux S'élevait avec elle , et montait vers les cieux. Votre envoyé parait, s'écrie.… Un peuple immense, Proclamant avec lui votre auguste clémence , Auprès de l'échafaud soudain s’est élancé.…

Mais il n'était plus temps. les chants avaient cessé.

l'ancienne dynastie, il prit parti contre l'empereir. Sous les Bourbons, il se montra opposé au ministère. Nommé à la chambre des députés par le collége électoral de Draguignen, et membre du conseil de l'Université par Napoléon, il ne fut cependant pas atteint par l'ordo :nance royale qui, en 4816, banuil de l'Institut un certain nombre de ses membres; sa tragédie des Elats de Blois, représentée à Saint-Cloud, à l'époque du mariage de Marie-Louise, déplut à l'empereur et n'agréa point au public sous la Restauration. On peut douter qu'il obtint un rang à côté des maitres de li scène, même quand on essaierait de meltre au théâtre s1 Jeanne-d'Arc ou son Caton d'Ülique; et quoiqu'il ait fait souvent de beaux vers, son astre, en naissant, ne l'avait pas fait poëte. Secrétaire perpétuel de l'Acidémie française, il y a rendu de nombreux et importants services. On lui doit des recherches sur l'ancienneté de la langue romane, des éléments de la

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