‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 886 sur 914 · LE PROTECTEUR ET LE MARI · texte numérisé non relu

LE PROTECTEUR ET LE MARI

FR\GMENT.

Sans place, dites-moi, \ous ne pourriez donc vivre? Mais, pour vouloir ainsi rester au gouvernail, Avec l'état, messieurs, avez-vous passé bail ?

Nous autres commerçants, nous ne pouvons comprendre Un travers qui paraît de jour en jour s'étendre. Tout le monde veut vivre aux dépens de l'état : On veut être commis, officier, magistrat ;

On veut des traitements avoir le privilége.

Qu'un jeune homme ait, dix ans, dans le fond d’un collége, Mis du noir sur du blanc, il semble que le roi

Soit chargé de son sort et lui doive un emploi.

Si le gouvernement suivait cette tendance,

Les administrateurs de notre pauvre France,

En se multipliant tous les jours par degrés, Deviendraient plus nombreux... que les administrés. Je suis très juste, moi, pour les fonctionnaires ;

Les gens qui dans l’état, rouages nécessaires, Occupent des emplois, j'en fais beaucoup de cas. Mais j'estime encor plus les gens qui n’en ont pas. Se livrer au commerce, enrichir sa patrie,

Exister par soi-même et par son industrie,

C’est le sort le plus beau !.. Dans l'état social ,

Le bien particulier fait le bien général :

Rien n’est seul; tout se tient ; la richesse est féconde : Qui sert ses intérêts sert ceux de tout le monde. Moi, qui nourris deux mille ouvriers tous les ans,

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