‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 92 sur 914 · JEAN FROISSART · texte numérisé non relu

JEAN FROISSART

VIRELAÏT.

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dit que j'ay bien manière Bien affiert à estre fière D'estre orguillousette ; | Jeune pucelette.

| ] Bien affiert à estre fière

<L j Jeune pucelette.

=— Un chappelet 1y donnay

xs Fait à la vesprée :

& 4 Mier matin je me levay Il le prist, bon gré l'en say, [/% Droit à la journée, Puis m'a appellée :

(9 Enun jardinet entray

Dessus la rousée. | | « Vueillez ouir ma prière

Très-belle et doucette ; Je cuiday estre première Un petit plus que n'aflière Au clos sur l'herbette, Vous m'estes durette. » Mais mon doux amy y ère Cueillant la flourette. On dit que j'ay bien manière D'estre orguillousette ; On dit que j'ay bien manière Bien affert à estre fière D'estre orguillousette ; Jeune pucelette.

Froissart est plus conau comme historien que comme | ballade. Les manuscrits de la Bibliothèque royale conpoëte : cependant ses poésies sont très-nombreuses, et il | tiennent de lui une multitude de pièces détachées, comme passe pour être un des premiers qui aient mis eu vogue la | rondeaux, ballades, pastourelles, lais, virelais, chants

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royaux, etc. La plupart de ses pastourelles furent composées à l’occasion des prix proposés en divers lieux de la Picardie et de la Flandre, en l'honneur ou de la plus belle bergère, ou du berger qui chantait le mieux ses amours. Elles sont remplies de gaieté et de naïveté, mais beaucoup trop libres pour un chanoine. Ses rondeaux,

quoique inférieurs en mérite, se distinguent cependant par la vivacité de l'expression. La versification du poële historien ne manque pas de quelque grâce, mais sa prose est bien supérieure à sa- poésie. Nos lecteurs pourront s'en assurer en parcourant les pages 36 el suivantes de notre premier volume.

RONDEAU

Raviers, amy : trop longue est ta demeure"; Elle me fait avoir peine et doulour.

Mon esperit te demande à toute heure :

Reviens, amy : trop longue est ta demeure.

Car 11 n'est nul, fors toi, qui me sequeure 3 Ne secourra, jusques à ton retour.

Reviens, amy : trop longue est ta demeure :

Elle me fait avoir peine et doulour.

RONDEAU

(BA doit le témps ainsi prendre qu'il vient : Tout dit que pas ne dure la fortune.

Un temps se part, et puis l’autre revient :

On doit le temps ainsi prendre qu'il vient.

‘ Ce mot a le même sens que le mora des Latins, qui signifie retard. On dit, en terme de procédure : « 11 y a péril en la de-

meure. »

Je me conforte en ce qu'il me souvient Que tous les mois avons nouvelle lune :

On doit le temps ainsi prendre qu'il vient : Tout dit que pas ne dure la fortune.

: Secourc.

REC ELERELRR

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