‹ Leçons et modèles de littérature françaiseChapitre 163 sur 265 · T. CORNEILLE · texte numérisé non relu

T. CORNEILLE

CORNEILLE (Thomas), frère de Pierre Corneille, naquit à 4loiien le 20 août 1625. Il se fit poète par imitation : la carrière que suivait son frère aîné fut celle qu'il choisit, mais sans vocation décidée. Ui-.e grande intelligence, un goût sûr et exercé, et surtout une vaste érudition, suppléèrent au génie qui lui manquait. Il travailla près de cinquanie ans pour le théâtre, et y obtint des succès nombreux et brillants. Le plus intéressant de ses ouvrages, Ariane, représenté en 1672, en nn'nio temps que Bajnzet, fut accueilli avec beaucoup plus de faveur que la tragédie de Racine ; mais le moment d'enthousiasme passé, le public revint de sa première erreur. Le Comte d'Essex, donné en 1678, eut moins de succès. Thomas Corneille, qui faisait les vers avec une prodigieuse facilité, eut le tort, pour se rendre agréable aux comédiens, de traduire la prose énergique et concise du Don Juan de Molière en un langage poétique souvent lâche et diffus : le discours de don Louis à son fils est le seul morceau qui soit digne de Molière. A la mort de son frère, Thomas Corneille fut choisi par l'Académie pour lui succéder Devenu aveugle, il se retira aux Andelys près de Rouen, et y mourut le 8 décembre 1709, à l'âge de 84 ans.

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