DELILLE
DELILLE (Jacques) naquit à Aigue-Perse (Auvergne), le 22 juin 1738. Après avoir fait de brillantes études an collège de Lisienx, il fut obligé d'accepter les modestes fonctions de maître élémentaire au collège de Beauvais, puis il passa en qualité de professeur d'humanités au collège d'Amiens. C'est dans cette ville qu'il commença la traduction des Géorgiques. Nommé professeur à Paris au collège de la Marche, Q y acheva cet ouvrage, dont la publication fut une sorte d"é\-énement littéraire. Yolfaire, frappé d'étonnement et d'admiration, écrivit aussitôt à l'Académie pour l'engager à réunir ses suffrages sur un poète qui s'annonçait par un début si éclatant. Les Jardins, l'Imagination. VHomme des champs, les Trois Règnes, la Pitié, poèmes descriptifs dans lesquels Delille a déployé tout le luxe des formes et des images poétiques, ont été moins favorablement accueillis d'abord. En rendant
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pii-ine justice au talent du poète, en louant les beautés de détail, la critique a dû signaler des défauts graves qui tiennent au plan général et résultent de la manière de procéder de l'auteur, lequel subordonnait toujours l'ensemble aux détails, ei, s occupait avec moins de soin de composer un tout harmonieux, que d'inventer des épisodes qui lui fournissent l'occasion de déployer ses riches qualités poétiques. Les bellee .traductions du Paradis perdu de Milton, de l'Essai sur l'homme de Pope, et de l'Enéide de Virgile, sont, avec les Géorgiques et l'Imagination, les plus beaux titres de gloire de cet écrivain.
Delille, qui avait été nommé membre de l'Académie française, en 1774, mourut à. Paris le 1er mai 1813.